(CONCACAF)
Retour sur le match Impact Montréal -Alajuelense (2–0)
La demi-finale aller de la Ligue des champions de CONCACAF s’est soldée par une victoire solide de l’Impact, qui fait office de petit nouveau à ce niveau.
Ma découverte de la MLS commence donc là, au stade Olympique de Montréal, accompagné par plus de 30 000 autres spectateurs. Il fait encore froid (- 9, — 10 ?) donc stade couvert obligatoire mais le kop aura répondu présent et vraiment chanté durant tout le match en plus d’afficher son soutien — je pense — aux ultras Européens par le biais d’une banderole “Liberté aux ultras”.
Montréal s’est qualifié dans les dernières minutes des 1/4 de finale grace à un but de Cameron Porter mais a perdu son ailier gauche Justin Mapp pour quelques mois et doit se racheter dans le jeu. L’équipe, plutôt irrégulière depuis son entrée en MLS il y a 3 ans joue donc un match plus qu’important pour lancer un peu mieux sa saison après la défaite en match d’ouverture face à DC united, à Washington. En face, le L.D. Alajuelense joue pour une deuxième qualification en finale d’affilée, plus habitué à ce niveau mais qui n’a plus gagné depuis la 6ème journée de championnat (4 nuls et 3 défaites) pointant à une -sans doute- décevante 4ème place. À noter également que Montréal est invaincu en Ligue des champions à domicile (7 victoires et 3 nuls, dont 8 matchs sans encaisser de but)
4–5–1 “Diamant” contre 5–3–2
L’Impact doit donc marquer rapidement et faire déjouer son adversaire, supposé meilleur manieur de ballon et s’avance donc avec un 4–5–1 en diamant avec le jeune Porter en pointe. L’idée présumée est de peser au milieu, priver l’adversaire de ses passes courtes et se porter rapidement et en nombre vers l’avant.
Certains visages Montréalais sont connus en Europe : Laurent Ciman, ancien du Standard de Liège et international Belge (9 sélections) dirige la défense Montréalaise. Le Français Hassoun Camara (ex-Bastia) laisse sa place à Victor Cabrera. Les amateurs de premier league reconnaitront Nigel Reo-Coker et ceux de Série A Marco Donadel entre autres.
Du côté d’Alajuelense, les internationaux Johan Venegas et Johnny Acostasont sur la pelouse, Diego Calvo est sur le banc. Sur le papier, l’équipe Costaricienne se présente avec un “faux 5–3–2" avec des latéraux censés apporter rapidement en phase offensive afin de peser sur le milieu adverse.
20 minutes à sens unique
Censés car après 10 minutes de jeu à l’avantage des locaux, c’est Igniacio Piatti qui ouvre le score. Les Costariciens laissent les Montréalais assez libres au milieu, l’équipe ressemblant pourtant plus à un 3–2–3–2, avec donc plus de monde au milieu, est perdue au marquage. Duka en position de meneur trouve Oduro sur la droite qui prend de vitesse son vis-à-vis et centre. La défense en zone ne fonctionne pas, les défenseurs sont assez loin des attaquants et Porter laisse passer le ballon qui arrive jusque dans les pieds de “Nacho” à proximité du point de penalty. L’argentin crochète du droit, et frappe rapidement du gauche. Une prâline bien sale qui vient se loger en lucarne, juste sous la barre de Lewis.

En 4 minutes, Piatti aura d’abord l’occasion de doubler la mise en un contre un : Sur un duel, il crochète du gauche cette fois et frappe du droit à ras de terre en direction du petit filet gauche. La balle est repoussé par le gardien mais sur le corner qui suit, Cabrera hérite du ballon et le pousse au fond des filets.
Le match s’équilibre
Après 20 minutes clairement à l’avantage des Montréalais, les Costariciens se reprennent. Secoués physiquement dans le premier quart d’heure, les milieux adverses mettent un peu plus d’agressivité à la récupération. La fin de la première mi-temps sera plutôt à leur avantage.
En deuxième mi-temps, les joueurs d’Alajuelense sont un peu mieux en place sur les phases défensives, plus proches au marquage et moins statiques. Les latéraux coulissent mieux sur les phases offensives donnant l’impression de voir un 4–4–2 mais le manque de repli des joueurs offensifs et de bloc laissent des boulevards aux Montréalais pour évoluer en contres. Les visiteurs tentent d’étirer et de passer par les ailes mais le bon placement et l’impact physique des Montréalais restent supérieurs, à l’image d’un Ciman costaud et (presque) toujours bien placé et d’un Soumaré également impressionnant. L’entrée de Diego Calvo ne changera rien, pas plus que les autres remplacements, poste pour poste.

Côté Québecois, Oduro et Piatti provoquent et permutent à plusieurs reprises mais sont les seuls à contrer et par conséquent finissent les actions un peu esseulés. Piatti sera d’ailleurs remplacé à la 76ème par son Capitaine, tous deux très applaudis. Bernier joue ici les premières minutes de sa saison.
Les Montréalais laissent la balle aux visiteurs mais sont plus précis dans leurs passes et ressortent assez aisément les ballons. Les Costariciens tenteront plusieurs tirs de l’extérieur de la surface, la plupart du temps non-cadrés.
En toute fin de match l’Impact reprendra légèrement le dessus, profitant de la fatigue et des velléités d’Alajuelense passé en une sorte 3–2–2–3. Porter s’illustrera le temps d’une dernière action : servi plein axe par Oduro (encore lui), il veut rééditer sa performance des 1/4 de finale et décoche une frappe sèche à l’entrée de la surface que Lewis boxe en corner des deux poings.
Les supporters outre Atlantique répondent donc présent, à l’image d’un kop qui aura encouragé son équipe du début à la fin. Les chants ne dépaysent d’ailleurs pas trop.
Techniquement, les joueurs ont été relativement précis (surtout sur une pelouse synthétique, j’aime pas les pelouses synthétiques) : très peu de coupures de jeu, très peu de mauvaises relances (mis à part quelques passes longues de Ciman), des 6 mètres courts et quelques combinaisons et permutations ont bien fonctionné. L’engagement physique est loin d’être le même (malgré quelques fautes qui auraient été sifflée même en Premier ligue) que celui auquel on est habitués en Europe et les changements tactiques n’ont pas vraiment eu d’impact (héhé, jeu de mot) mais le niveau reste plaisant.
Fin du match
L’Impact Montréal l’emporte donc 2–0 dans un match maitrisé après avoir marqué deux buts rapidement. Di Vaio, venu encourager ses anciens équipiers, a dû être ravi du spectacle. L’important était surtout de ne pas encaisser de but à domicile. Place maintenant au match de samedi face à New England, avant de recevoir l’Orlando d’un certain Kakà le 28 Mars prochain.
Road to club world cup !