Écriture journalistique : les 4 (seules) différences entre le support papier et le support numérique

L e reverse publishing fait partie de ces expressions modernes dont vous avez probablement entendu parler, dans tel ou tel exposé lié à la transition numérique. Cette pratique commence à faire sa place dans les rédactions. Le reverse publishing consiste à publier, sur un support écrit (un quotidien, généralement), un article paru sur un support numérique dans un premier temps. C’est-à-dire l’exact contraire de la pratique traditionnelle : faire un journal, et diffuser sur le web tout ou partie de son contenu.

Les rédactions, devenues bi-média, cultivent désormais — jusqu’à un certain point — la polyvalence de leurs journalistes. Ceux-ci sont ou seront capables d’écrire sur une actualité, sans savoir sur quel support partira leur article. Que cet article soit destiné au papier, au site ou à une appli n’est pas un enjeu a priori. L’essentiel est que l’article soit bon, qu’il fasse sens dans le flux de l’actualité et que votre média puisse le proposer.

J’en déduis que la durée de vie de « l’écriture web » aura été très courte. Je me demande ce que les inventeurs de ce concept vont désormais faire de leurs certitudes. Je n’ai, à vrai dire, jamais réellement compris ce qu’on mettait derrière cette terminologie certainement parée de bonnes intentions mais dans laquelle j’ai trop souvent décrypté des messages subliminaux hautement discutables (et le plus souvent risibles) sur la différence de noblesse, de longueur, de maturité entre les deux types d’écriture. Je veux dire : entre deux présumés types d’écriture.

Tout montre que cette grille de lecture est morte et enterrée.

Le long format, voire le très long format, est un genre réhabilité par l’époque, sur tous les supports (les trois sites qui articulent leur offre autour de ce format en France sont ijsberg, lequatreheures et ulyces, sortes de miroirs numériques des mooks XXI ou 6 mois, entre autres). Le format court, correspondant à l’accélération de certaines consommations, a lui aussi gagné du terrain, y compris sur les supports papier. Et si des noms respectés de la presse écrite ont pris le train du numérique sans difficulté, on voit, dans l’autre sens, que des techniques de rédaction mises en valeur par les médias digitaux trouvent désormais leur place dans les organes de presse écrite traditionnels ; probablement car cela fait sens pour les lecteurs, mais c’est un autre sujet.

Il n’y a pas d’écriture web ; il y a une écriture journalistique qui fonctionne sur tous les supports.

Il fut un temps où je faisais partie d’une minorité isolée voire groupusculaire. Celle des sceptiques sur la notion « d’écriture web ». J’ai toujours prétendu qu’il y avait une écriture journalistique et que celle-ci avait sa légitimité, peu importe le support. Sur le web, les gens ne préfèrent les textes ni courts, ni longs. Ils veulent a priori des contenus qui les informent et les stimulent. Vous avez déjà vu ça quelque part : les gens ne lisent pas les journaux ou les magazines avec d’autre motivation.

Si le reverse publishing est possible, c’est bien que les règles de rédaction d’un bon article sont les mêmes pour les supports papiers et les supports numériques. Un bon article est un article dont la valeur jaillira quel que soit le support. Un mauvais article est irrécupérable, quel que soit son canal. Vous saurez aiguiser la curiosité du lecteur ou vous ne saurez pas. Vous saurez l’accrocher ou pas. Vous saurez garder son attention ou pas. Vous saurez faire résonner entre elles toutes les infos que vous avez collectées, ou pas. Vous saurez mettre du rythme dans votre copie, ou pas. Vous saurez trouver le bon lignage. Ou pas. Ce n’est en aucun cas une affaire de technique liée au support. C’est affaire de technique d’écriture journalistique.

Il n’y a pas d’article courts ou longs. Il y a éventuellement des articles qui prennent trop de place pour ce qu’ils ont à dire, et cela peut concerner des brèves de 800 signes. Il y a des articles de 30.000 signes parfaitement écrits qui font le tour d’une question complexe et avec lesquels on ne s’ennuie pas une seconde. Ce n’est en aucun cas, là non plus, une affaire de support. C’est affaire d’écriture journalistique (c’est aussi une affaire « d’expérience utilisateur », sur papier comme sur support en ligne, mais c’est un autre sujet).

La page que vous êtes en train de lire s’intitule « Ecriture journalistique : les 4 (seules) différences entre le support papier et le support numérique« , et je vais les développer dans dix secondes, je vous le promets. Mais si votre attention devait faillir au moment où vous lisez ces lignes, ne retenez qu’une information : il n’y a pas de différence de nature entre les techniques d’écriture qu’il s’agit de mettre en oeuvre pour réussir son article en fonction de sa destination. Il n’existe que des différences d’opportunités liées à l’un ou l’autre de ces supports. En voici quatre telles que je les ai identifiées. J’exclus de cette contribution le cas des mots-clefs google destinés au SEO, tout simplement car la stratégie éditoriale d’un éditeur peut ne pas être entièrement tournée vers les moteurs de recherche.

1. LE TITRE : SOYEZ CLAIRS ET COMPLETS, IL N’Y A PLUS LE CHOIX

Attendu qu’un média numérique est par définition mobile, et que plus le temps passera, plus ce sera vrai…

Attendu qu’un contenu numérique est par essence en concurrence frontale avec d’autres expériences digitales qui n’ont pas forcément grand chose à voir avec l’information (réseaux sociaux, mails, jeux, applis, photos)…

Attendu qu’un média numérique est lui-même en concurrence avec beaucoup d’autres médias numériques à chaque seconde…

Attendu qu’il est très probable que le canal par lequel votre lecteur arrive jusqu’à vous — Facebook, Twitter, ou n’importe quel agrégateur — mettra en scène cette concurrence…

… le jugement de l’époque est sans appel : votre titre devra être clair, limpide, extrêmement signifiant, et long si nécessaire. Il devra être l’antithèse du titre de presse écrite tel qu’on le pratique depuis des décennies. Court. Parfois allusif. Souvent centré sur la volonté de « résumer » le propos.

Le lecteur vous accorde une fraction de seconde pour décider de vous lire ou pas, c’est-à-dire de cliquer ou pas. Cliquer n’est pas un gros mot. C’est simplement le geste avec lequel les gens décident de vous consacrer leur temps. Autant respecter cette démarche.

Votre titre doit être conçu pour convaincre le lecteur de partir à l’aventure avec vous. Vous tirez le lecteur par la manche, puisqu’il a d’excellentes raisons de passer son chemin. « Toi, tu ne le sais probablement pas, mais tu ne peux pas finir la journée sans avoir lu cet article, je te promets que tu ne perdras pas ton temps« . C’est ça, le message. L’environnement du lecteur potentiel étant ce qu’il est, les titres « à la papa », même objectivement bien trouvés, sont insuffisants pour remplir cette fonction. J’emploie cette expression avec beaucoup d’humilité. Dieu sait si j’en ai faits, des « titres à la papa ». Des bons, et des moins bons.

Sur support écrit, le lecteur a déjà tout sous les yeux. Double page. Titre, sous-titre, images, inter-titres, et parfois conception graphique. Il est confronté à une mise en scène globale qui lui donne déjà le goût du contenu à venir. Le titre est une partie d’un tout qui peut supporter une forme de généralité ou de zone d’ombre. Mais un titre qui peut fonctionner dans cet environnement ne sera d’aucun secours sur un support numérique. Je vous épargne le fait que, avec un journal, vous avez payé 1,80 euro pour accéder à tout ce savoir et que vous êtes a priori disposés à rentabiliser votre investissement en lui consacrant du temps. Cela peut jouer, mais même si Air France vous a donné votre exemplaire, notre sujet reste le même.

Tout-à-fait au hasard du moment où je compose cette article, j’ouvre mes journaux et je lis ce titre en page 2 de Libé : « Taubira cherche son chemin de fronde« . En page 2 et 3 du Figaro, « Hollande commentateur de lui-même« . Pas besoin de chercher d’autres illustrations. Voilà d’excellents titres de presse écrite, que je serais très heureux d’avoir trouvé si j’avais eu à les éditer. Il ne convaincront pas grand monde sur un terminal numérique.

On peut penser ce qu’on l’on veut des titres en forme d’inventaire à la BuzzFeed, ou des titres interactifs (les X choses « que vous devez connaître« ), toujours est-il qu’ils remplissent leur fonction mieux que beaucoup d’autres au moment de convaincre le lecteur de vous suivre. Il y a bien sûr des alternatives, que vous trouverez en France chez des gens comme Slate, le HuffPo, sur la partie « non actu » du Monde, ou chez l’agrégateur L’Important.

  • Tout ceci ne veut pas dire qu’il y a une écriture web et une écriture papier. Cela signifie que la raison d’être du titre dans l’univers numérique n’est pas la même que sur un support papier. Le titre change, mais la façon de mener le corps du texte reste, à des nuances d’édition près, techniquement la même.

2. LE LIGNAGE : VIVE LE WORK IN PROGRESS

Un article n’a plus de forme définitive. Si vous êtes journaliste et que conceviez chacun de vos contenus comme un chef-d’oeuvre fini offert à l’Histoire, je suis désolé de vous décevoir, mais au mieux, il sera un chef d’oeuvre évolutif offert à l’Histoire. Votre ego s’en remettra. Je ne conteste évidemment pas l’existence de délais de bouclage en presse écrite, de copies définitives envoyées au maquettiste. Et donc d’une forme bien réelle d’article « achevé », auquel il faut se conformer une fois que votre rédacteur en chef vous a donné le lignage à respecter et l’heure de livraison. Mais ce contenu est désormais dans la nature, pour toujours, et la nature a horreur du surplace.

Dans son hors-série sur ses soixante-dix ans, Le Monde a publié une double page qui liste, minute par minute, le circuit d’une breaking news, c’est-à-dire d’une information majeure imprévisible dans l’agenda. La mort du PDG de Total Christophe de Margerie, survenue dans la nuit du 20 au 21 octobre 2014, y est séquencée. La quatrième action de la rédaction, à 1h40 du matin, alors que l’info n’est pas encore officielle, est « l’envoi d’une alerte aux détenteurs de l’application lemonde.fr sur smartphone« . « Quelques minutes plus tard, est-il précisé, un premier article court est publié sur le site. Ce texte sera mis à jour toute la nuit. » La cinquième action de la rédaction est la « reprise et la mise à jour d’un portrait écrit par Jean-Michel Bezat en 2007 de Christophe de Margerie, issu des archives. » Cette illustration vaut mieux qu’un long développement : parmi les cinq premières actions d’un grand titre sur une info capitale, trois sont la production ou mise à jour d’un contenu non figé.

De façon plus personnelle, je peux témoigner que l’écriture de mes chroniques football sur eurosport.fr inclut, depuis des années, les potentielles réactions sur le fond que pourra émettre la communauté. C’est-à-dire que je censure des passages que j’aurais éventuellement envie de placer dans ma première copie, en me disant qu’ils sont relativement secondaires et que je les développerai dans l’espace commentaire si le lectorat semble manifester un intérêt pour cet approfondissement.

En qualité de lecteur, les contenus que je préfère consulter lors d’affaires particulièrement complexes est toujours le script des chats que les internautes peuvent réaliser avec les spécialistes. Et je peux témoigner, en qualité d’ancien rédacteur en chef, de l’appétit des lecteurs pour ces contenus évolutifs, pendant ou après leur mise en ligne. Les chiffres d’audience ne trompent pas. Les directs « cartonnent » sur tous les sites. Nous parlons ici de contenus dont la promesse fondamentale est d’être une matière vivante et évolutive. Le premier agrégateur de contenus du monde, Google, accorde d’ailleurs une prime aux pages régulièrement mises à jour, comme un gage de prise en compte du lecteur.

Ce ne sont que quelques exemples. Nous pourrions les multiplier.

Grâce au numérique, chaque contenu est susceptible d’être mis à jour, par vous ou par d’autres, en fonction des nécessités de l’actualité ou de votre démarche éditoriale. L’article est moins un livrable définitif qu’une matière intellectuelle en mouvement. On l’ouvre tôt, on le referme quand son usage par les lecteurs ne fait plus sens. Entre les deux, il vit. Et c’est une opportunité incroyable.

  • Tout ceci ne veut pas dire qu’il y a une écriture web et une écriture papier. Cela signifie qu’il y a une écriture journalistique dont il faut savoir utiliser toutes les techniques en temps réel plutôt qu’une fois de temps en temps.

3. LE FORMAT, NOUVEAU GENRE RÉDACTIONNEL

Il aurait été étonnant qu’à une époque de révolution de tous les usages, la liste des formats rédactionnels-types n’ait pas été secouée avec eux. Les articles journalistiques auxquels vous êtes confrontés sont généralement rattachables à ces quelques grands-types de famille :
– La dépêche, ou la news ;
– Le reportage ;
– Le portrait ;
– L’interview ;
– L’analyse, la chronique ou billet d’opinion ;
– Le long format, souvent une enquête, qui piochera chez chacun des genres-types.

La révolution numérique a créé deux nouveaux genres rédactionnels-types (parmi les contenus écrits). Le « direct », nous venons de le voir. Et le « format », dont nous allons parler. Le format correspond à l’appétit du public pour des récits pédagogiques, subjectifs et à tiroirs. Avec le format, la façon de raconter est au moins aussi importante que ce qui est raconté. Le parti-pris du récit, généralement communiqué dès le titre, consiste à créer des points de rendez-vous simples dans le contenu, et tout au long du contenu. Celui-ci n’est plus un bloc, mais, dans sa version la plus pure, une série de propositions unitaires rassemblées autour d’une proposition globale. « Cinq bonnes raisons d’aller voter aux cantonales« , par exemple. Peut-être que vous allez vous jeter sur la deuxième parce qu’elle vous surprend mais que les autres vous indiffèrent parce que vous les connaissiez déjà.

Le format n’est pas une invention de l’ère numérique. Il a bien dû vous arriver, dans un journal, il y a quinze ans, de lire « les ‘six, sept, huit ou dix’ dates qui permettent de comprendre » un sujet. Le numérique l’a tout simplement généralisé et affiné.

Le format accompagne la modification de nos modes de concentration, bien souvent éclatée en un essaim de points d’intérêts divers. « OK, je regarde my timeline Facebook, mais j’écoute aussi de la musique, et si je décide d’aller consulter cet article, cela ne me détournera ni de mon écoute, ni du chat que je suis en train de mener avec mon ami ; au fait, mon poussin, tu t’es brossé les dents ? » Sur l’évolution de nos capacités de concentration face à un contenu,Slate.fr a publié un excellent article en fin d’année dernière. Il compte notamment cette très bonne nouvelle : on n’a jamais autant lu.

Mais la lecture est devenue un geste différent. Le lecteur peut aujourd’hui faire du snacking avec les contenus. Dans votre article, dans votre page, il peut lire, ou « picorer » les informations dont il ressent qu’il a envie de les recevoir. On peut hurler au scandale si on considère notre travail comme la quintessence de la connaissance du moment sur un sujet. On peut aussi aider le lecteur à se servir. Il suffit d’avoir l’humilité de considérer qu’il est mieux placé que quiconque pour savoir ce dont il a besoin. Le contrat qui le lie à votre contenu n’est pas de commencer à la lettrine du début et de vous suivre religieusement jusqu’à la chute. Il est de prendre ce que bon lui semble. Où que cela soit dans la page. D’où la nécessité de multiplier les points d’ancrage clairs et stimulants, c’est-à-dire d’avoir un propos fort, puis de le formater.

  • Tout ceci ne veut pas dire qu’il y a une écriture web et une écriture papier. Cela signifie qu’il y a une écriture journalistique qui évolue avec son temps. Ouvrez vos journaux : vous y trouverez de plus en plus de formats.

4. LE MULTIMÉDIA : LAISSER D’AUTRES DOCUMENTS ÉCRIRE ET PARLER À VOTRE PLACE

Commençons par enfoncer une porte ouverte : le numérique se confond l’âge du multimédia, et il n’y a plus d’article digne de ce nom qui ne soit enrichi par des photos, des videos, des sons, des infographies, des applications, des liens, parfois tout à la fois.

Derrière la porte, même enfoncée, il y a des réalités plus subtiles. Rédiger un article enrichi ne consiste pas à écrire un article de presse écrite traditionnelle, puis, dans un deuxième temps, à le gaver de multiples couches de médias plus ou moins bien senties pour « faire web ». Cela peut arriver mais cette démarche correspond soit à une urgence, soit à une certaine paresse.

Produire un article enrichi consiste à identifier l’histoire qu’on compte raconter, puis à choisir les éléments qu’on mettra en oeuvre pour raconter cette histoire. C’est-à-dire à réaliser l’alternance entre les passages purement écrits et les passages où les médias (photos, videos, sons) délivrent à leur tour une information additionnelle, avec le souci bien compris de ne pas créer de paraphrase entre chaque élément retenu. C’est la marque de fabrique descontenus labellisés Explore qui font le prestige des pages de lequipe.fr depuis un an et demi. Ou d’autres contenus unitaires regorgeant de bonnes idéesdepuis la conception jusqu’à la réalisation.

Prétendre que la façon d’écrire dans cet environnement est parfaitement arrivée à maturité serait un mensonge. Beaucoup de bonnes pratiques restent à inventer ou à systématiser. Il y a même un genre rédactionnel dont les grandes règles restent à inventer, c’est celui qui consiste à écrire, le moins possible, pour mettre en valeur des documents multi-média lorsque ceux-ci sont le coeur de l’offre éditoriale. Le data-journalisme est une pratique assez mature mais qui reste expérimentale sur le produit final. Il est rare que le texte y trouve sa place avec un maximum de justesse.

  • Tout ceci ne veut pas dire qu’il y a une écriture web et une écriture papier. Cela signifie qu’il y a une écriture journalistique qui tient compte de son environnement, évolue avec lui et enrichit son propre pouvoir.

Sorti de ces quatre différences, fuyez de ma part les gens qui prétendront qu’il y a une écriture web distincte de l’écriture journalistique « traditionnelle ». C’est beaucoup simple que ça : les techniques rédactionnelles de base évoluent tout naturellement avec leur époque, parfois de façon à peine détectable. Et puisque les lecteurs ont une faculté sans précédent à choisir dans une offre pléthorique, ces techniques sont fondamentalement renforcées et enrichies dans ce qu’elles ont de plus efficace. Du papier au web ou du web au papier, ce sont les mêmes.

Un dernier mot. Si vous avez été assez intéressés pour lire jusqu’ici, soyez certains que ce contenu a la légitimité pour être imprimé. Si vous n’avez pioché que ce qui vous intéressait, sachez que c’était formaté pour. Et soyez certains, enfin, que je ne m’interdis rien pour le faire évoluer si quelques réactions devaient m’y conduire.

Cet article a initialement été publié sur la plate-forme de blog du site http://www.creafeed.com en janvier 2015.