Questions sémantiques sur la notion d“’intelligence” artificielle.

Ça y est, nous sommes dans l’ère de l’intelligence artificielle. Il n’y a plus de doute. Avant d’émettre mes premières opinions sur le sujet, je souhaite poser une première question sur la dénomination choisie pour désigner ces processus.

Nous parlons d”’intelligence” artificielle. Soit. Livres et articles dédiés au sujet foisonnent par les temps qui courent. Les discussions s’ouvrent pour débattre de la puissance de ces intelligences, si elles remplaceront l’intelligence humaine etc.

Mais n’avons-nous pas biaisé le débat avant même de l’avoir commencé en raison du choix sémantique qui a été fait ? Intelligence. Artificielle. Pourquoi parler d’intelligence ? À y regarder de plus près, la dénomination peut paraître bien connotée et peu signifiante.

Aurions-nous lancé les mêmes discussions aujourd’hui si nous avions plutôt appelé ces machines “algorithmes augmentés”, “algorithmique 2.0”, “machines déterminantes, intentionnées”, “stupidités artificielles” ou peut-être “machines encéphalo-imitantes” ? Une intelligence artificielle est pratiquement un oxymore. Quand bien même un algorithme serait “intelligent”, s’agirait-il vraiment d’une intelligence substituable à l’intelligence humaine ? Je pencherais plutôt pour une intelligence superposable et complémentaire.

Ceci non pas pour écarter le débat sur la distinction Intelligence artificielle VS humaine, ni pour dire qu’une intelligence artificielle n’a rien d’intelligent bien au contraire; mais peut-être simplement pour reposer la question de quoi nous souhaitons vraiment parler, avant de nous lancer dans les premières conclusions. C’est bien connu, la différence entre les signifiants et les signifiés biaise nos perceptions.