Ça fera une belle histoire à raconter.

Ce ne sont pas mes mots et c’est ce que j’aime avec les mots, ce ne sont jamais les nôtres. Ils courent le jour et ils volent la nuit, ils rampent dans les nuages et crachent dans les montagnes. Si tu veux les saisir ils s’enfuient et si tu les laisses s’en aller ils t’assomment par derrière -ou ne servent qu’à acheter le pain.

La forme.

Est-ce un site, une vidéo, un ppt, un conte, une voix off, des images, une sculpture ? Le message est toujours le même et le contenant si différent. On peut dire la même chose de mille façon, à la fin les choses auront été dites d’une certaine façon. Cette façon, c’est la forme. Je suis arrivé ici en gueulant, je suis content de repartir en parlant. Les mots sont des images, des couleurs, des sensations, des rythmes et des poussières, des sons. Si j’aime écrire, si j’aime lire c’est pour partager ces histoires. Et pour finir, essayons de partager une dernière fois la même respiration, de nous entendre parler et de rentrer dans notre petite tête. Pour le dire autrement, je n’aurais pas pu vous dire au revoir sans vous dire bonjour au moins une fois.

Un ptit bout de lumière

Le groupe.

Très honnêtement, je n’aurais pas pu faire autrement parce que c’est moi et je crois que c’est ce que j’ai de mieux à donner, moi. Le reste serait incomplet, biaisé, fracturé, fêlé, cadenassé, courbaturé. Je n’ai jamais aimé les moules (ni les moules d’ailleurs) et je ne crois pas être jamais rentré dedans. Un groupe c’est plusieurs personnes qui avancent. Je ne suis pas monté bien haut peut-être mais tout seul. Seul on va nulle part, puisqu’on n’a même nulle part où aller. Un groupe (ou peGrou si on veut) c’est un tas de gens qui se donnent. Pour se donner, il faut se connaître. Je suis un bourgeois, la survie ne m’intéresse pas. La survie des autres beaucoup plus, s’ils veulent vivre, ils doivent savoir pourquoi. Alors pourquoi ne pas les aider ? Et on verra bien où ça mène, sur quelles cimes enneigées, sur quels sentiers ombragés : des rives noires du Nil au delta du fleuve rouge.

Une fine équipe.

La direction.

Y a des ptits trucs et des machins sympas un peu partout tout le temps. Est-ce à dire qu’on s’en fou ? Qu’on s’en moque ? Qu’on s’en tamponne le coquillard ? Faut être plus ouvert que le trou noir du centre galactique le plus profond. Faut que ça claque, faut que ça pète. Faut oublier tout ce qu’on sait et tout ce qu’on sait pas, parce que le mec l’a déjà dit on sait rien. Et puis même si on sait, ça change rien : une brindille dans une forêt, une allumette dans un incendie ou pire : une brindille dans un incendie ! Ahaha mais où croyez-vous aller comme ça ? Les moutons de Panurge sont les descendants de Poséidon, et ça ne change pas grand chose. Te simplifie pas trop la tâche sous peine d’en devenir une, choisis, agis, penses. C’est bien le problème des évidences, elles le sont toujours, mais après. Et les tautologies ne sont jamais simples, comme les blagues de toto.

Carte des vents français, processing et cie, script récupérateur fait main inclus.

L’art.

Paraît que le monde et complexe, qu’il va plus vite qu’une formule 1, qu’une fusée, qu’un photon et plus vite qu’un tachyon -alors que c’est quand même vachement rapide. Dans ce beau bordel, des gros cerveaux et des plus petits essayent de comprendre des choses. Il n’y a de compréhension qu’artistique. Il n’y a pas de sens. Il y a celui que vous y mettez, que la société y met, que vos ancêtres y on mis et que vos petit-enfants y mettront. Pourtant les choses peuvent s’arranger, s’imbriquer et briller comme des comètes. J’ai pu regarder de près de gros monstres bancaires multiformes, des espèces d’hydres dont les têtes se mangent les unes les autres, bouffent ce qu’il y a autour et grossissent jusqu’à ce qu’elles éclatent. La stratégie, c’est de leur donner une proie à manger, le changement de les faire arrêter de s’entre dévorer. Et l’art de leur faire prendre conscience ce qu’elles sont.

Caran d’Ache, Papier Canson, Kleenex et eau.

Le geste et la nature.

Certains végétariens ne mangent pas de viandes, parce qu’ils n’aiment pas tuer les pauvres animaux. Les végétaux aussi sont vivants. Et tout ce qui vit mourra. La vie c’est le mouvement. Les glaciers les plus immobiles sont des liquides visqueux qui s’écoulent tout doucement. Les pierres bougent. Lentement elles forment des montagnes et finissent par s’aplatir comme des crêpes. Retrouver le geste c’est se placer dans le cosmos. La musique est un mouvement, la nature est un mouvement. Quand tout est mort tout continue de bouger. Fermer les yeux. S’étendre sur le sol. Ecouter avec ses oreilles. Voir à travers ses paupières. Sentir par delà ses narines. L’air remplit nos poumons rentre dans nos artères, nourrit nos cellules et c’est du dioxyde de carbone qui repasse entre nos dents. Les vêtements contre la peau, nos muscles sur nos os. C’est en écoutant ses sens qu’on touche à l’essence. C’est en répétant cent fois un geste qu’il finit par faire partie de nous. Quand il fait partie de vous, vous faites partie d’un tout. Et si je ne fais qu’un avec ce qui m’entoure, je ne fais qu’un avec vous et vous ne faites qu’un avec moi.

Tout bouge, avec un bon bout de code de Raven Kwok restranscrit en 3D

Le foisonnement.

Comme tout se balade, des liens se font et se défont, ça on le sait. La chance ça se provoque. Le jeu c’est de mettre les ingrédients et de les regarder exploser. De les regarder partir en vrille, s’alambiquer et se tarabiscoter, se gondoler et se tordre. Rigoler, recommencer, pleurer, tout jeter et repartir de plus moche. Être moyennement satisfait et repartir de plus belle. Déglinguer, réparer. Observer, contempler. Rajouter son grain de sel, en manger une cuillère. En reprendre un peu et recracher. Prier, se lamenter en appeler aux dieux ou au Dieu, s’appeler odieux. Si tout est là, ça sortira. Si ça manque, faut en remettre. Et puis au pire ça fera autre chose. Au pire ça sera mieux.

Le playlab est un laboratoire conçu pour y mener toutes sortes d’expériences inimaginables, histoire de vous faire sortir de ce que vous croyez être vrai. Avec Lucile, Julien, Marcus et César. La photo n’est pas de moi !

La fin.

Il n’y a pas de big bang, il n’y a pas de big ben. L’univers n’a pas été créé, il est tout simplement. Il n’y a pas d’avant, il n’y a pas d’après. Avant il y avait encore quelque chose, après il y aura autre chose. J’aurais voulu avoir mille vies, pour vivre mille vies. Connaître les chiens noirs du Mexique, là où tout n’est qu’ordre et beauté, voir ce que l’Homme a cru voir, lire tous les livres. Tout se termine et on passe à autre chose. Finir est le métier de l’entrepreneur, définir le métier du sociologue, joindre les bouts celui du designer.

Chaîne Hi-Fi tactilo-aquatique avec Arduino, pour Aude

Le début.

La belle histoire à raconter, ce sont les mots d’Etienne. Comme toutes les histoires elle ne commence que lorsque l’on referme le livre. Et même si on se le ferme sur les doigts ça ne fait jamais très mal !

One clap, two clap, three clap, forty?

By clapping more or less, you can signal to us which stories really stand out.