Médiation animale et thérapies : nos compagnons au service de la santé de nos enfants

Si nos animaux aident à l’éducation de nos enfants (voir notre précédent article : « Quand l’animal joue les professeurs »), ils sont tout aussi d’excellents thérapeutes. De ce fait, un compagnon permet aux enfants handicapés aussi bien physiques que mentaux ainsi qu’aux enfants malades de lutter contre ces pathologies ou de leur remonter le moral.

Pourquoi ça marche ?

Interagir avec un compagnon présente des effets sur notre système hormonal comme sur celui des enfants, selon l’article publié le 27 février dernier dans le « International Journal of Environmental Research and Public Health ». Un jeune interagissant avec un animal voit donc son taux d’ocytocine augmenter et son taux de cortisol diminuer. Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

L’ocytocine est une hormone sécrétée par notre cerveau, aussi appelée couramment « hormone du bien-être ». Elle a tendance à augmenter l’état de confiance envers autrui et permet alors d’améliorer notre comportement social. Un déficit d’ocytocine est observé dans le cas de personnes atteintes d’autisme par exemple. Bonne nouvelle pour tous les amoureux des animaux ! Notre enfant autiste peut donc voir son taux d’ocytocine augmenter en jouant avec son compagnon, ce qui l’aiderait ainsi à mieux se sociabiliser.

D’autre part, le cortisol est l’hormone du stress. Lors d’une situation stressante, elle se fixe à des récepteurs là où le cerveau lui ordonne, en fonction des besoins. Toute l’énergie sera concentrée à cet endroit précis où l’hormone sera fixée. Pour faire simple, le stress augmente le taux de cortisol. Le fait d’interagir avec un animal diminue donc le niveau de cette hormone, le stress a plus de mal à s’installer.

La médiation animale

Nous avons rencontré Isabelle Barberot, pratiquante de la médiation animale avec des lamas. Son association ouverte en février dernier accueille de plus en plus de personnes, curieuses de cette pratique atypique qui s’avère très efficace. Elle nous a ainsi confié que la médiation animale s’avère très utile pour assurer le bien-être. De plus, la texture du poil des lamas étant très particulière, douce, dense et épaisse provoque un intérêt et surtout beaucoup d’apaisement.

« Les enfants adorent jouer avec leurs poils ou juste les caresser, mettre la main dans leur pelage : ça les calme souvent ».

Les enfants portant des handicaps mentaux vont ensuite apprendre à reproduire ce qu’ils ont appris avec le lama, avec d’autres humains par exemple. Cette interaction peut avoir des conséquences sur le langage des enfants ayant des problèmes pour s’exprimer.

« J’ai rencontré un jeune qui ne nommait aucune de ses éducatrices. Après plusieurs séances avec les lamas, il a commencé à les nommer, me nommer puis nommer les éducatrices. Ça lui est resté, il le fait encore aujourd’hui ».

La médiation animale permet toujours de valoriser l’enfant lorsqu’il réalise des exercices avec son lama, cela lui donne confiance en lui, ce qui l’aide ensuite dans sa vie quotidienne. Cette pratique aide aussi à créer du lien entre les enfants lorsqu’ils assistent à une séance en groupe, autant chez les jeunes handicapés que les non porteurs de pathologies.

« J’ai souvent des groupes d’enfants non handicapés qui viennent faire des promenades avec les lamas. Le simple fait de les placer dans un ordre pour la promenade crée un effet de groupe : tu es dernier cette fois ci mais tu seras premier la prochaine ».

Il semble donc que cette pratique soit très prometteuse, mais davantage bénéfique lorsque l’on commence plus jeune.

« Le mieux est de commencer dès le début quand l’enfant est petit, vers 3 ou 4 ans : il y a moins d’antécédents de la maladie, c’est donc plus facile d’agir ».

On note également que les effets de la médiation animale sont tout de même différents en fonction de la gravité de la pathologie de l’enfant qui sera plus ou moins réceptif à cette pratique.

Handicaps moteurs, maladies : aller mieux avec des animaux

La thérapie par les animaux a le potentiel de réduire les symptômes de dépression ainsi que les sauts d’humeurs chez les enfants malades (cancers, diabète, enfants subissant des transplantations…). Ceci les aide à traverser des périodes difficiles et à lutter en partie contre leur maladie : le mental aidant beaucoup à vaincre les problèmes physiques. Le docteur Lecendreux, psychiatre à Paris nous expliquait :

« L’animal est un médiateur qui permet aussi d’instaurer un dialogue et de dédramatiser des situations très douloureuses ou complexes. »

Elodie Azevedo, spécialiste de l’équitation adaptée autant avec des handicapés mentaux que moteurs, nous a également accueillie dans son centre équestre à Cormeilles-en-Parisis. Pour les pathologies physique, l’équitation aiderait à dissocier les mouvements et à en réaliser de nouveaux.

« J’ai travaillé avec une petite fille hémiplégique, c’est-à-dire qui ne se servait que d’une moitié de son corps. Au fil des séances, elle a réussi à faire des exercices de prise d’objets et ça s’est ressenti sur sa vie quotidienne. Elle fait également beaucoup moins de chutes : elle a moins de difficultés à marcher ».

En pratiquant l’équitation, un handicapé moteur réussit à se remuscler, ce qui lui permet parfois de remarcher.

Mme Barberot, médiatrice animale avec des lamas, nous confiait également

« Parfois, des enfants qui ont du mal à se déplacer viennent faire des parcours d’agility avec les lamas, cela les aide grandement dans leur motricité et leur mobilité. Ils sont beaucoup plus motivés à faire l’exercice pour le faire faire à l’animal que si c’était juste pour eux-mêmes : ils oublient souvent leurs peurs. »

A savoir que cette pratique est également très utile pour les personnes âgées ayant du mal à marcher.

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Intrigués par les lamas ? Rendez-vous ce week-end (13 et 14 mai) pour les journées portes ouvertes organisées par Isabelle Barberot à Abbéville-la-Rivière (91) : retrouvez l’évènement sur Facebook ici !

Floriane FAUGERON, ChezMonEleveur.fr

Crédit photo (lamas) : Le lama et ses ressources, Abbéville-la-Rivière (91)

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