“Quand je serai grand, je serai vétérinaire”

L’intimité d’une famille vue par notre véto préférée…

Pour la suite et la fin de notre dossier sur la relation entre les enfants et les animaux, nous nous penchons aujourd’hui sur les effets de nos compagnons sur notre famille. Pour répondre à nos questions, nous avons rencontré le docteur Candy SICHET, docteur vétérinaire à domicile dans le Val d’Oise. En se rendant directement chez les propriétaires d’animaux, elle rentre dans l’intimité des familles et nous fait part de son ressenti, ses expériences et ses observations.

« On voit une différence par rapport aux enfants qui n’ont pas d’animaux »

Dans son métier, Candy SICHET voit de nombreux enfants, de tous âges, interagir avec leurs animaux. Un véritable lien fort se créé entre eux : « Au sein de la famille, l’enfant est souvent très attaché à son animal, c’est un peu comme son doudou. Il faut alors qu’il se rende compte que c’est bien un être vivant. Pour cela il faut éduquer l’enfant et le sensibiliser à la vie de son compagnon ».

De ce fait, l’animal va vite avoir une très forte influence sur son jeune propriétaire. « Je rencontre beaucoup de parents qui ont décidé d’adopter un animal pour aider leur enfant hyperactif. Ça le calme et le canalise, surtout quand il s’agit d’un chat (réputé pour ses pouvoirs d’apaisement chez l’humain, ndlr) ». Elle est ainsi de l’avis que l’animal va réellement aider au développement de l’enfant. Son compagnon va l’apaiser, le faire devenir plus responsable en s’occupant de lui, mais surtout lui apprendre le respect. « On voit une différence par rapport aux enfants qui ne possèdent pas d’animaux. Il faut cependant commencer la sensibilisation le plus tôt possible ».

Elle nous confiait alors que la différence entre les âges des enfants se ressent surtout dans le regard qu’ils portent sur l’animal :

« Plus ils sont petits, plus ils voient l’animal comme une peluche. Quand ils sont plus grands, ils participent davantage et posent des questions plus techniques. On a donc une approche différente des émotions. » On reste quand même d’accord avec elle sur le fait que l’animal nous fait très vite retomber en enfance :

« L’animal nous permet aussi à nous adultes de garder notre côté enfantin. On redevient très vite gaga avec un animal et ça fait du bien aux gens. »

Je le soigne, je le protège

En auscultant leur animal, la vétérinaire à domicile fait souvent participer les enfants. Ils s’intéressent alors à l’unanimité à la manière dont elle exerce son métier. « Les enfants sont généralement intéressés et impliqués. Nombre d’entre eux ont des petites mallettes vétérinaires pour enfants que l’on trouve dans le commerce. Ils jouent à soigner leur compagnon régulièrement. Le simple fait de voir une vétérinaire soigner ou examiner leur animal en vrai les intrigue énormément. Ils me demandent souvent à voir ce que j’ai dans ma propre mallette. » C’est ensuite bien entendu aux parents de répéter à leurs enfants tout ce qu’ils ont appris avec la vétérinaire et de les sensibiliser. « Je leur fais souvent écouter le cœur de leur animal avec le stéthoscope : ils prennent conscience qu’il s’agit bien d’un être vivant. Aux parents ensuite de continuer à les sensibiliser et à entretenir cette bienveillance auprès du compagnon. »

Mon animal soude ma famille

L’animal n’a bien évidemment pas un effet uniquement sur l’enfant : il peut aussi aider à harmoniser toute une famille et à renforcer les liens entre ses membres. « L’animal aide réellement à souder la famille. Si l’animal est malade ou malheureusement décède, cela va mobiliser tout le monde en même temps pour la même cause. » Elle soulève également que si la famille traverse une période de conflit et que l’animal a le moindre problème, cela va unir les personnes, va centraliser les intérêts et va canaliser l’émotion de la famille entière. « Le moindre problème touchant l’animal met tout le monde d’accord et ressoude des familles qui parfois traversent des périodes compliquées. »

« L’animal est un réelle éponge affective »

Selon le docteur Sichet, l’animal est très attentionné envers ses maîtres : « C’est une véritable boule de sensibilité, il sent quand quelque chose ne va pas. » Lorsqu’un enfant ou un membre de la famille a un problème, cela influence automatiquement l’animal, il change alors fréquemment son comportement. « Lorsque son maître est malade, il n’est pas rare d’observer le chien rester à son chevet ou le chat veiller sur lui le temps qu’il aille mieux ». En plus d’adapter son comportement en cas de problème, l’animal s’adapte souvent à l’âge de la personne avec laquelle il est amené à interagir. « Le comportement de l’animal change et s’adapte en fonction de l’âge de l’enfant. Il ressent la fragilité et tolère très facilement. On peut penser qu’il fait l’amalgame avec un chiot ou un chaton en quelques sortes. »

Et chez vous, tout le monde l’aime autant ?

Floriane FAUGERON, ChezMonEleveur.fr

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