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À mon premier né

Je n’ai pas écrit depuis ta naissance, la naissance de mon premier enfant.

Je veux pourtant l’écrire depuis que tu es là. Me raconter, nous raconter en quelques phrases. J’ai toujours aimé écrire mes histoires et tu es déjà ma plus belle.

Tu es né en France, une année pas comme les autres, pendant un confinement national. Tu es né en ce temps suspendu où la liberté, le mouvement et l’équilibre étaient difficile à appréhender. J’ai souvent lu le bénéfice du confinement pour se recentrer sur l’essentiel et je souriais intérieurement à l’idée que cette période était la tienne. Alors…


À 4 mois de toi.

Je suis enceinte. J’ai passé la majorité de ma vie à vouloir être enceinte. Je ne compte pas les moments où mon désir de maternité consumait toute autre envie et où me projeter dans la vie dans l’incertitude du moment où je deviendrais mère figeait la moindre de mes volontés. Un désir latent, oppressant et viscéral que j’ai toujours défié pour vivre libre. Libre de choisir seule, libre de mes mouvements, libre de mon entièreté, exemptée d’une vie qui impliquerait de faire selon un autre que moi. …


Le désir d’enfant, le désir de mettre au monde bouleverse mon monde. Il me bouleverse profondément. La force de vie me replonge dans une sensibilité accrue. Une sensibilité qui m’invite à reconsidérer la vie dans ce qu’elle a de plus basique et nécessaire. Le désir de mettre au monde me force à l’observer et je suis inquiète de la distance entre nous - humains et le monde. J’observe un monde scindé entre ceux qui alarment “le monde court à sa perte” et qui agissent, et ceux qui nient et qui continuent. …


Mes chers lecteurs,

Quand j’ouvre une lettre pour vous écrire, je réalise que la première et dernière lettre que je vous ai adressé date d’il y a deux ans : le 31 juillet 2017. Son titre “La Must Note : le dévouement à la voie que tu te choisis” parlait en sa faveur. J’allais écrire.

C’est facile d’écrire. Ce qui est difficile est de considérer l’écriture pour tout le bien qu’elle apporte : à soi et aux autres. Je publie pour vous et pourtant, je doute à vous écrire. …


J’oubliais de regarder le ciel

J’oubliais de regarder le ciel. Pendant toute cette période, j’oubliais de regarder le ciel. Je m’enfermais dans une rigidité de pensée qui m’éloignait de tout ce qui aide à guérir. J’oubliais de regarder le ciel parce que j’étais blessée. J’étais blessée d’avoir vécu une fausse couche, j’étais blessée de mettre mon énergie dans la conformité, j’étais blessée d’essayer la raison dans un corps porté par l’intuition. J’étais surtout blessée d’être blessée. L’ego était revenu dans ma vie et avait récupéré sa place préférée : la plus grande. La peur de manquer d’argent, de temps et de soutien s’ajoutait à la…


La vraie histoire de la fausse couche

Je suis une femme sur quatre. Cette idée ne m’avait jamais vraiment traversé l’esprit. Je n’avais jamais vraiment pensé pouvoir être l’une d’elles. Et aujourd’hui, je suis une femme sur quatre. Parce qu’aujourd’hui je fais une fausse couche. Mon histoire rejoint celles dont on parle si peu, parce que le silence est si présent dans les moments où il faudrait parler. C’est ce que je ressens depuis plusieurs mois, depuis ces mois où je n’écris pas. Je ressens de la pudeur à une période où ce que je pourrais écrire a le plus de valeur.

Ces derniers mois j’attends un…


9 années ont passé.

Tu rêves de choses qui t’arriveront plus tard. Tu es impatiente, accepte-le maintenant. Accepte-le maintenant parce que tu le seras encore neuf ans plus tard. Tu resteras avec l’impatience dont ta mère essayait de t’éloigner quand tu en avais seulement six.

Tu vis avec une entièreté et une sensibilité qui te font passer du rire aux larmes en l’espace de quelques heures. Tu entendras que tu es trop sensible et après avoir essayé de changer cela, tu apprendras à l’accepter. Tu veux tout vivre, même ces choses que l’on oppose : l’ancrage et le voyage, l’engagement et l’aventure. …


10 mois de toi, ou l’amour là où on ne l’attend pas

Je suis tombée amoureuse de toi en quelques minutes. Il est possible que je sois aussi tombée amoureuse de ton envie d’être avec moi. C’est un beau sentiment que celui de se sentir choisie, celui de se sentir retenue, celui de se sentir aimée. Il est possible que tu ne m’aimais pas encore ce jour-là, mais quelque chose dans tes yeux désirait m’aimer. Et ce quelque chose dans tes yeux a eu raison de la suite.

Cela fait dix mois que je dis nous avec naturel. Je suis passée du sentiment amoureux à l’amour et je mentirais si je disais…


Je me pose cette question depuis plusieurs mois. J’ai toujours écrit pour exprimer l’incertitude. J’ai toujours écrit pour parler d’amour. Depuis plusieurs mois cependant, j’écris moins.

J’écris moins depuis qu’il fait partie de ma vie. L’écriture devient pudique depuis que me vient son visage quand je pense à l’amour. Comme si raconter l’amour reviendrait à le raconter lui aussi.

J’écrivais au début, prise dans le tourbillon du coeur qui tombe amoureux. J’écrivais au début, jusqu’à l’amour.

J’écris moins car je ne sais pas comment s’écrit la peur de l’amour.

J’ai régulièrement lu la simplicité désarmante avec laquelle nous aimons l’autre…


L’individu dans le collectif.

Le monde a plusieurs vitesses. Qu’il s’agisse des pays ou des lieux dans lesquels nous évoluons, des personnes dont nous nous entourons ou de notre situation personnelle, la modification de ces facteurs influe notre rapport au temps et notre perception du monde.

Toujours selon ces même facteurs, le monde est capable de nous ouvrir un océan de possibilités ou un précipice de contraintes, parfois les deux en même temps. Il arrive aussi que le rythme décélère et nous impose le besoin d’imagination pour nous remettre en action.

Entre mes 24 et mes 28 ans, j’ai vécu ma vie avec l’exploration…

Chloe Leb

J’écris

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