COP 21 : L’IMPOSTURE

L’atmosphère terrestre est fine « comme une peau d’orange » (toutes proportions gardées)

Le mot “imposture” est-il trop fort ? Pas du tout ! Il n’affecte en rien la qualité du travail des intervenants à la COP 21. Ce qui est malsain, c’est que le tandem Politico-Mediatique laisse le citoyen croire que la COP 21 traite efficacement le problème du Réchauffement Climatique.

LES ASPECTS POSITIFS de la COP 21, tel qu’on nous les présente, nous laissent à penser que la COP 21 mène le monde dans la bonne direction, alors que l’on fait du sur-place depuis des années. Le monde ne fait pas le dixième de ce qu’il faudrait faire : c’est-à-dire une RÉVOLUTION qui change drastiquement nos modes de vie.

Notre Prix Nobel nous le dit avec ses mots : « Limiter l’augmentation à 1,5 à 2° C représente donc un défi énorme, surtout dans un contexte mondial de croissance démographique forte et un désir légitime d’un nombre important de pays d’accéder à un niveau de vie occidental. (…) le contenu en CO2 par unité de PIB doit décroître dramatiquement pour atteindre nos objectifs environnementaux. (…) Pour réussir donc, nous devrions transformer radicalement notre mode (…) » de vie. (Jean Tirole — Économie du Bien Commun — 2016)

Mais ce n’est PAS ce que nous proposent nos Politiques de tous bords, dans tous les pays. Ce n’est PAS non plus ce que nos Médias Grand Public nous laissent penser.

Quels sont ces ASPECTS POSITIFS de la COP 21 ?

> Tout d’abord, c’est un succès diplomatique planétaire : l’accord a été signé à l’unanimité par près de 200 délégations.

> La COP 21 a ensuite confirmé la présence d’une tendance inquiétante des émissions qui doit être combattue par des actions puissantes

> … D’où un objectif plus ambitieux de réduction de la hausse moyenne de température « bien en-dessous de 2° C » (au lieu de l’objectif précédent de 2° C)

> Un objectif d’émission négative de Carbone après 2050 est annoncé, du fait de l’implantation de multiples et puissants « puits de carbone » qui devront absorber plus que ce que l’on n’émettra.

> La COP 21 souligne l’accord unanime pour le principe d’aide aux pays moins développés.

.

.

Voici pourquoi CES ASPECTS POSITIFS SONT EN TROMPE-L’OEIL :

> Un accord unanime de 195 délégations, c’est très inquiétant ! Car le moyen le plus efficace pour obtenir un accord unanime, c’est de niveler l’ambition par le bas en lui donnant une moindre substance. C’est exactement ce qui s’est passé :

> La tarification du Carbone. C’est le moyen d’action structurel que plébiscitent les économistes (y compris Jean Tirole, Prix Nobel 2014).

L’intérêt du système est double. Outre sa simplicité (taxe) c’est un excellent moyen d’inciter les acteurs économiques à privilégier des solutions plus écologiques.

Or, durant la COP 21, le sujet de la « Tarification du Carbone » a été passé à la trappe dès que l’Arabie Saoudite a froncé les sourcils.

Rocard avait fait autrefois une évaluation du prix par tonne (taxe) à mettre sur le Carbone qui permettrait d’atteindre les objectifs du GIEC : € 45 en 2010, € 100 en 2030, (…), € 350 en 2050. (Aujourd’hui, ce prix est très variable, et en moyenne bien inférieur à € 10 par tonne).

> Les objectifs (INDC = Intended Nationally Determined Contributions) sont définis par chaque Nation, chacun avec sa propre méthodologie. Ce qui est extrêmement grave : on ne peut ni comparer les objectifs ni les additionner. Par conséquent, contenir l’augmentation « bien en-dessous de 2° C », c’est une simple déclaration d’intention. Et on sait bien que nos politiques ont d’autres priorités, ici et ailleurs dans le monde. Sinon, on l’aurait déjà senti passer !

Pourquoi ces objectifs sont-ils du pipeau ? Il y a plusieurs raisons :

Les bases de départ de « l’effort » sont différentes : 1990 pour certains, 2005 pour d’autres, etc

Les dates prévues d’effet de « l’effort » ne sont pas les mêmes : 2035 ici, 2050 là, etc…

Les choses mesurées ne seront pas les mêmes : réduction par habitant, ou bien réduction en % du PNB, ou bien encore réduction de la fréquence des pics de pollution, etc…

L’atteinte des objectifs de « l’effort » peuvent être conditionnels : aides internationales reçues, retour au nucléaire, etc…

> L’aide aux pays moins développés reste une idée en l’air: il n’a pas été défini qui versera quoi à qui et quand.

Pourtant, la menace climatique est une chose essentielle.

Bien sûr, une grande extinction a commencé, alors que l’on n’a encore presque pas ressenti de réchauffement climatique. Quand il sera installé, la variété des espèces sera drastiquement réduite, et leur nombre s’effondrera. Mais l’Évolution continuera, car les Cafards, Fourmis, Rats et Méduses auront un boulevard évolutif devant eux.

Jean P. Ciron (mars 2017)