Il a fallu que je vous raconte cette histoire au plus vite

Bien loin des discours politiques et des engagements citoyens, regarder autour de soi pour apprécier le spectacle insolite qu’offre notre environnement relève du détour des yeux.

C’est à ce jeu que mes yeux sont tombés,étonnement, sur la beauté implacable de deux compteurs d’électricité accoudés sur un poteau électrique.

C’est le genre de rencontre que l’on fait,rarement, loin des discussions des bars et du tralala de la convoitise des jeunes filles.

Vous me demanderez certainement pourquoi je vous raconte cette histoire?. En effet, il est bien de connu de nombreux gabonais, que l’obtention d’un compteur de distribution électrique nécessite, outre les tracasseries administratives, mais aussi l’identification de l’emplacement de ce dernier.

Pour ceux qui connaissent (un peu) le formulaire édité par notre société d’énergie et d’eau du Gabon, il est fait mention de : la description du lieu, de son emplacement, de la distance de celui-ci avec le domicile à électrifier, etc. Tout un éventail d’éléments permettant de mieux placer le compteur d’électricité afin d’éviter le risque de surchauffe ou d’électrocution.

Seulement, ma rencontre avec ces deux compteurs, accoudés sur le poteau électrique qui les alimente, m’a surpris et interpellé (citoyennement).

Comment la société d’énergie a-t-elle pu procéder à l’installation de ces compteurs ? Le risque d’électrocution, voire de foudre n’est-il pas élevé ?

Certains diront qu’elle ne procède pas,elle-même, à ces installations, qu’elle néglige cet aspect, qu’elle ne procède à aucun contrôle de conformité ou que le slogan politique de l’émergence n’est pas encore arrivé dans ce quartier d’une commune de la capitale Libreville, etc.

Mais en réalité, cette installation inédite et insolite révèle le mal développement dans lequel se trouvent nos communes.

La loi 15/96 du 06 juin 1996 modifié par la loi organique du 001/2014 du 15 juin 2015 sur la décentralisation qui confère libre gestion des collectivités locales semble se heurter à la question d’autonomie de celles-ci, et de son transfert effectif de compétences.

Loin des réflexions purement juridiques, il s’agit pour un maire ou une mairesse de veiller au bien-être de ses populations en milieu urbain et rural.

Ces compteurs électriques n’ont pas le droit d’être là, sans abris, à s’incruster dans un décor naturel, isolés de toutes décisions de prévention des risques.

Le citoyen des temps modernes que je suis n’admet nullement ce constat, bien qu’il soit tombé sous le charme de cette contemplation électrique en pleine nature.