Les défis de la citoyenneté
C’est au détour de l’époque de l’antiquité gréco-romaine que l’on découvre la notion de citoyenneté.

Dans ce contexte européocentrique, tendance, consciente ou non, à valoriser la manière de penser européenne et à l’étendre à la compréhension d’autres cultures, que la citoyenneté traduit, pour le citoyen romain, le droit de cité accordée par le Sénat à des villes ou à des peuples.
Cet espace de réflexion attribue aussi à la notion des droits et devoirs mais aussi des valeurs. Il est donc certain que la citoyenneté est en premier lieu une notion juridique.
Les enjeux autour de la citoyenneté sont importants, du point de vue sociologique et même thématique. La citoyenneté est inhérente aux individus, laquelle peut donc se manifester sous la forme d’une citoyenneté civile, politique ou sociale.
Les citoyens gabonais ne sont pas en marge de cette réalité anthropologique de l’affirmation de soi en tant qu’individu, en tant que citoyen et donc acteur de la chose publique (République).
En dépit de cet argumentaire définitionnel de la notion, les interrogations relatives aux défis sur la citoyenneté au Gabon sont de natures différentes et méritent d’être évoquées.
Le défi sur l’appropriation ou réappropriation de la citoyenneté
“Tout le monde veut gouverner, personne ne veut être citoyen. Où est donc la cité ?” Louis Antoine de Saint-Just.
L’appropriation de la notion de citoyenneté apparaît relativement liée à un état de participation passive, justifié par l’intéressement aux thématiques de gouvernance plutôt qu’à l’exercice des droits et devoirs basés sur l’intérêt général.
Le programme scolaire gabonais (du moins celui dans lequel j’ai appris) tend à susciter l’intérêt de la citoyenneté par une éducation civique qui confère à l’écolier les connaissances basiques : rôle des institutions, l’exercice du mandat présidentiel, des couleurs du drapeau, de l’hymne national etc. La citoyenneté semble aujourd’hui davantage se définir par un mode de comportement civique que par une participation active à la gestion de la chose publique.
Le souci de se réapproprier la notion de citoyenneté se fonde sur les valeurs inhérentes à l’expression de celle-ci. On note donc la civilité, le civisme et la solidarité.
“Le citoyen, c’est celui qui participe de son plein gré à la vie de la cité. Il partage avec ses concitoyens le pouvoir de faire la loi. Le pouvoir d’élire et, le cas échéant, d’être élu. » Régis Debray — La République expliquée à ma fille, 1998
Cette assertion nous démontre à suffisance le rôle du citoyen, sa détermination et les enjeux du vivre en communauté.
En réalité, la citoyenneté actuelle se noie dans la confusion entre l’individu, la personnalité et le citoyen. Il va sans dire qu’avant d’être citoyen, les Hommes naissent libres, la citoyenneté ne s’impose pas de facto à ces derniers. Elle s’extériorise à l’idée de vivre en communauté, de respecter des droits et devoirs, etc.
Culturellement, la réappropriation de la citoyenneté est un facteur de développement et d’affirmation de soi, on parle désormais de citoyen du monde, qualifie celui qui proclame son attachement à l’ensemble de l’humanité, refusant les frontières nationales. Dans cette affirmation de soi, les valeurs culturelles, sociales et même anthropologique doivent constituer des leviers de promotion de la notion de citoyenneté.
Le défi sur « la mondialisation des citoyens »
La mondialisation, ce « village planétaire », ce « bouillon de culture et de civilisations », cet espace de communication et d’échanges, place la notion de citoyenneté au cœur d’un défi : celui de fédérer sa citoyenneté à celle des autres.
« Qu’est-ce qu’un citoyen qui doit faire la preuve, à chaque instant, de sa citoyenneté ?” Pierre Bourdieu / Les Inrockuptibles — 8 Octobre 1997
L’abstention aux élections, l’expression citoyenne sur les réseaux sociaux, sont autant d’éléments sociologiques qui exposent les citoyens de toutes nations. Avec la mondialisation des débats, le niveau d’échanges et d’interactivité mènent incontestablement les citoyens vers l’acceptation des autres mais surtout vers le challenge social.
Le niveau d’évolution de la citoyenneté n’est pas identique que l’on se trouve au Gabon, en France ou au Cameroun voisin. Il y a cependant l’existence de liens, qui se fonde sur la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, conférant aux citoyens du monde entier le droit de cité. La citoyenneté avec plusieurs nationalités reconnues par tous.
Il faut s’honorer du titre de citoyen, c’est un slogan datant de 1799, affiché dans les lieux publics pendant la Révolution française, traduisant ainsi l’affirmation de soi en tant qu’individu, en tant que citoyen et surtout en tant que Français.
Il apparaît en définitive impérieux de sauver la citoyenneté africaine. Une citoyenneté basée sur des de valeurs culturelles, sociales, ethniques, avec un pôle d’attraction intense pour les questions civiques et de liberté de droits. Certains pays, à l’instar du Sénégal mettent un accent particulier sur les mouvements citoyens. Au Gabon, les initiatives citoyennes sont marche avec des associations, à l’image du mouvement citoyen Le Réveil.
Le Citoyen des Temps Modernes !