Pensée : Haine et rancœur n’apportent que le malheur 

« La jalousie trouble le cœur et en fait monter à la surface toute la lie, ingratitude, rancune et fureur »
 François-Victor Hugo, 1958 (Traduit des Œuvres complètes de William Shakespeare, 1859)

Il fait beau dehors. Le soleil brille. Il y a un peu de vent. L’hiver approche doucement. Malgré les passants se précipitant dans les magasins pour acheter les cadeaux qu’ils mettront sous le sapin, c’est assez calme. Mais s’il prend la peine de fermer les yeux, Petit Homme sait, qu’au fond de lui, il n’est pas au mieux. La faute à une haine nouvelle, une rancœur omniprésente. Dans son être, ce n’est que tempête. Il se trouve au milieu d’un ouragan détruisant tout sur son passage. Son cœur est malade.

Deux ans auparavant, il avait rencontré une fille parmi tous ces gens. Elle n’avait rien de spécial. Plutôt amicale, elle aimait discuter, rire, partager, fumer et boire. Tout le contraire de Petit Homme. Et pourtant, il avait tellement de sentiments pour elle. Tellement d’amour.

Un an plus tard, il lui déclara sa flamme. Au lieu d’un sourire radieux, son visage fut submergé par les larmes. La fille ne ressentait point tout cela, l’amitié avec Petit Homme n’existant même pas. Il ne lui en voulu pas, ainsi avait-elle fait son choix. Ses sentiments pour elle ne disparaîtraient pas.

Mais il y a peu de temps, jalousie, haine et rancœur prirent de l’ampleur. Dans les bras d’un autre, la fille se trouvait. Heureuse qui plus est. Le monde de Petit Homme s’écroula. A maintes reprises il la croisa, pas de bonjour, pas d‘au revoir, il ne lui parla pas. Aussi asocial fût-il, son cœur saignait. Laissant apparaître une plaie béante, il manqua d’exprimer toute sa rage. Préférant partir tel un lâche.

Aujourd’hui, seul dans la campagne, il prenait l’air. Loin de toute présence, il inspira profondément. Il repensa au sourire de la fille, au bonheur qu’elle semblait avoir acquis. C’était douloureux mais il comprit. Après tout, elle ne lui appartenait pas. Comme Petit Homme, elle était libre de faire des choix. Quel monstre aurait-il été en l’empêchant de faire celui-là ? Alors, il ferma les yeux encore une fois. Et, dans un moment de lucidité, il se remémora ces vers qu’il avait lui-même crées :

« La vie est un long voyage
 Un livre qui ne cesse de s’écrire, tous les jours
 Où les bons et les mauvais moments y trouvent leur place.
 
 Et, comme dans tout grand ouvrage
 Pour continuer à voguer sur les flots, sans risquer le naufrage
 Il faut savoir tourner la page
 »