Pour une primaire ouverte
Le texte original est disponible dans la revue Le Débat (Gallimard, n°184, avril 2015). Il sera publié intégralement sur cette page dans le courant de l’été 2015.
Puisque tout le monde l’a en tête dorénavant, autant l’écrire d’emblée : nous sommes déjà dans la dernière ligne droite pour 2017, et les professionnels sont à la manœuvre.
Or de quoi parle-t-on dans les conversations ?
Du mauvais rêve que représente l’éternel retour des mêmes présidentiables à chaque présidentielle et, pourquoi pas, de la réplique en 2017 de la finale de 2012. Les candidats potentiels ne sont nullement en cause. Mais il est préoccupant en démocratie de retrouver tous les cinq ans toujours les mêmes têtes, à peu près, à l’élection principale d’un régime. Si bien qu’une partie de la population est tentée de pousser un candidat extrême, ne serait-ce que pour contrarier cette histoire écrite à l’avance.
Le problème qui nous soucie ici est celui de l’espace et de l’énergie politique.
À mesure qu’un espace politique se verrouille, il se dévitalise et l’énergie politique se perd ou se transforme en énergie négative, agressive ou dépressive.
Le milieu politique français est à présent hyperviolent dans son fonctionnement, coupé de la société, et est souvent de la part des citoyens l’objet d’une haine ou d’un désintérêt certains — à l’exception, semble-t-il, de la politique communale.
Aux yeux de la majorité, la politique est devenue le lieu même de l’indésirable. Ce n’est pas soutenable dans la durée : en démocratie, la politique est désirable ou bien elle n’est pas.
Le Comité ouvert est un groupe formé de personnes travaillant ou ayant travaillé au cœur de la politique, de la fonction publique, des médias, de la communication.
Notre connaissance intime du système politique français nous donne peu d’espoir quant à ses possibilités de se réformer sans une innovation de rupture.
Nous présentons cette innovation dans le texte publié par Le Débat.
Pour avancer sur la question, nous avons envisagé une série de conditions que cette innovation devrait respecter, ou de problèmes auxquels elle se confronterait inexorablement, afin de voir, à ce stade et de manière très ouverte et provisoire, le début de réponses que l’on pourrait apporter à ces défis.
À partir de maintenant et pendant quelques mois, le texte publié par Le Débat circulera. Il faut en parler : qu’avons-nous oublié ? Quelles solutions apporter aux problèmes envisagés ? Nous n’avons livré ici que des pistes, rien n’est tranché : tout est ouvert.
Professionnels ou anciens de la politique conscients du problème, organisateurs, mécènes, activistes, journalistes, communicants, dirigeants d’entreprises et de médias, spécialistes du digital, codeurs, juristes et financiers, et tous les citoyens intéressés par l’idée : parlons et voyons si l’idée est prête à être entreprise — elle le sera un jour.
Mais décidons à l’automne 2015 si elle est déjà mûre pour 2017.
Le Comité ouvert
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