Westworld a enfin ouvert ses portes…

Enfin, le temps de la San Diego Comic Con seulement. Cette année, durant cette convention américaine de grande ampleur, deux franchises ont tout misé sur le marketing immersif. La série Westworld donc, dont la saison 2 est attendue pour 2018, et le film Blade Runner 2049 qui devrait sortir en octobre 2017 proposent en effet chacun “une expérience”. Le mot d’ordre : permettre aux fans d’expérimenter leurs univers favoris, de s’immerger pleinement dans des décors plus vrais que natures, et d’interagir avec des personnages devenus réalité.

Pour Blade Runner, l’expérience se déroule en 3 temps. Les visiteurs peuvent ainsi admirer des concept arts et des photos du tournage, avant de prendre part à une attraction de réalité virtuelle. Installés dans des sièges dynamiques, un casque VR sur les yeux, ils sont alors projetés dans une course-poursuite entre deux voitures volantes. Et lorsque l’une d’entre elles s’écrase dans le monde virtuel, les spectateurs sont invités à retirer leur casque pour découvrir que le mur auquel ils faisaient face a disparu pour laisser place à une véritable voiture volante accidentée.

Ils peuvent alors accéder à un espace recréant une rue tirée du film. Décors remplis de détails, acteurs en costumes, et même pluie diluvienne : tout est fait pour propulser les fans directement au coeur du film.

Un bar propose même à manger et à boire aux invités, tandis que des policiers n’hésitent pas à venir les interroger pour leur demander s’ils ont vu des replicants, ces robots capables de se rebeller.


Pour ceux qui préfèrent le Far West de Westworld, une expérience imaginée par HBO permet aussi de visiter le parc futuriste. Les quelques rares chanceux seront accueillis dans un lieu tenu secret par des hôtes — des androïdes ressemblant à des humains et programmés pour servir, ici interprétés par des acteurs.

Ils pourront alors admirer des costumes et des armes du show, ou plutôt “du parc”, comme l’expliquent les hôtes vêtus de blanc. Ces derniers leur proposent alors un entretien individuel avec un représentant du parc — humain cette fois-ci — permettant de déterminer leurs limites morales : les questions au départ anodines deviennent de plus en plus dérangeantes, au point qu‘on demande aux visiteurs de choisir quel doigt ils préféreraient sacrifier s’ils y étaient forcés. A la fin de l’entretien, un chapeau de cowboy blanc ou noir est offert à l’invité suivant s’il est considéré comme étant attiré par le Bien ou le Mal.

Les hôtes retrouvent alors les invités pour les amener à une présentation vidéo du parc puis directement dans le parc lui-même. Ou plutôt dans le célèbre saloon de Westworld où des hôtes barmen servent quelques cocktails tandis qu’une hôtesse inspirée du personnage de Maeve est là pour les divertir de ses bons mots.

Un piano mécanique joue également quelques musiques dans un coin du saloon. L’expérience prend alors fin et les visiteurs repartent avec le chapeau choisi pour eux. Tout au long de cette immersion de près de 30 minutes sont disséminés des indices sur la saison suivante, récompensant ainsi les fans ayant pris le temps de faire la queue pour dégoter leur ticket d’entrée.


Ces deux expériences de marketing immersif ont semble-t-il été très appréciées des visiteurs, et repoussent un peu plus loin les limites du traditionnel exercice de la promotion publicitaire. Avec la mise en place de véritable mini-parcs d’attraction, les producteurs de ces contenus cherchent à développer et entretenir leur communauté de fans d’une manière plus enrichissante pour ces derniers. Oubliés les goodies médiocres ou les stands photo avec hashtags poussifs, ici on offre avant tout l’opportunité incroyable de s’immerger dans un univers et de brouiller un instant les limites entre fiction et réalité. Tout s’assurant bien sûr des retombées énormes sur les réseaux sociaux et dans la presse.

Malgré leur coût certain, ces opérations devraient sûrement se généraliser et s’intensifier dans les années à venir. De quoi donner une nouvelle dimension au travail des marketeurs tout en ravissant toujours plus les afficionados des mondes imaginaires.