J’ai fait mon premier smashfest.

Au début j’avais un peu peur. Pourquoi ? Parce que d’abord, je suis pas très bon. Ma première expérience de Melee, c’était à sa sortie sur Gamecube. C’était même mon premier jeu. Mais j’étais gamin, je jouais avec mon frère, mes cousins et voilà. J’ai redécouvert le jeu très récemment grâce à un pote smasheur (@aweusmeuh ) alors que j’étais plutôt joueur de Street Fighter depuis des années. J’ai fait mon premier tournoi cet été. J’habite dans une région où la communauté est quasi-inexistante, donc pas de possibilité de participer à des weeklies ou des monthlies sans faire plusieurs kilomètres. J’ai pas de PC assez puissant pour faire correctement tourner Dolphin et netplay. Mes options sont donc très limitées. Pour jouer, il fallait que je provoque les rencontres. C’est ce que j’ai fait.

À ma grande surprise j’ai découvert à la fin de l’été 2016 qu’il existait un groupe local de joueurs à Tours. Mais apparemment rien de bien développé malheureusement. Une vingtaine de joueurs éparpillés dans la région, une poignée habitant en ville, le reste est dispersé dans les villes périphériques. À peine une demi-douzaine d’actifs. Les joueurs peinent à se trouver. Je prends donc mon courage à deux mains, et je me présente sur le groupe. Je commence à discuter avec les quelques joueurs actifs. Au bout de quelques semaines, on arrive à organiser une session dans un bar Meltdown à Tours, principalement grâce à un membre qui côtoie régulièrement le bar. L’occasion de se voir en vrai, de jouer, de faire connaissance. C’est convivial. Ça paie pas de mine. Le bar n’est pas rodé à ce jeu, on joue sur une TV LCD, on est serré sur un seul setup. Mais on s’en fout, on joue. On commence alors à discuter des difficultés de jouer dans la région. Je lance que, bientôt, j’emménage dans un nouvel appart en plein centre ville conséquemment à un nouveau job :
“ Y-a carrément moyen que je vous invite pour jouer en fait ! 
- Sérieux ? Ça serait trop bien !
- Je vous tiens au courant après l’emménagement alors ! C’est dans plusieurs mois.”

L’invitation était donnée, je ne pouvais plus reculer. Entre temps, je participais à quelques autres tournois en dehors de la région, je continuais à rencontrer d’autres smasheurs de Tours et d’ailleurs. Plusieurs mois passent, j’emménage dans mon nouvel appartement avec ma copine. Beaucoup de paperasses. Je prends le temps d’installer un setup dans le salon. J’arrive même à choper une autre CRT par une amie. Ça permettra d’avoir 2 setups pour peu qu’une personne ramène une console, et de ma faible connaissance du TO-ing, c’est pas ce qui manque le plus habituellement. J’ai un weekend libre qui se présage. Tous les éléments logistiques sont réunis pour que j’organise mon premier smashfest. Je poste donc une annonce sur le groupe Facebook de ma communauté. J’appellerai ce smashfest sobrement : Coukafest #1.

Quelques personnes répondent à l’appel, d’autres ne peuvent pas cette fois-ci. J’avoue maintenant être rassuré du faible nombre de participants. Pour la première fois, c’est pas plus mal. Je pense quand même à demander une confirmation de venue la veille et de préciser le pseudo voulu. J’ai bien fait, une personne se désiste. Ça évite les mauvaises surprises. Au final, on sera 6. Le rendez-vous est donné un samedi après-midi à 14h. Il me reste plus qu’à organiser un petit tournoi pour ne pas s’ennuyer. Ah… Mais je fais quoi !? Bon, on va pas se mentir. J’ai beau avoir participé à quelques tournois. Je connaissais pas grand chose à l’organisation et au déroulement d’un tournoi. Je fais quoi ? Un Round Robin, des rondes suisses ou directement un tournoi en double-élimination ? Mais ça va durer combien de temps en fait ? Ça va suffire 2 setups ? J’allais rapidement avoir la réponse à toutes ces questions.

C’est le jour J, je prépare les setups. Je prépare les sièges pour jouer confortablement, je lance un PC pour noter les résultats sur challonge.com. Tout semble prêt, les gens commencent à arriver. Une personne semble en retard, on décide de lancer les poules en l’attendant. Je prends soin de prendre contact avec lui entre mes matchs. Ouf, un retard logistique, il arrive. Finalement tout se déroule bien. On discute, de melee d’abord, c’est ce qui nous réunit ici après tout, mais rapidement on parle aussi d’autres sujets : les études, le travail, la vie. Et vous voulez savoir quelque chose ? Pour 6 personnes, on s’en fout un peu de l’organisation. On s’adapte très facilement. Faut pas trop se prendre la tête. Au début, j’avais prévu qu’un Round Robin en BO3, finalement on a fini beaucoup plus tôt que prévu, on s’est servi du Round Robin pour définir un seeding pour un tournoi en double-élimination. On a commencé à 14h30, on a fini sans se presser à 19h. C’était sympa.

Tout le monde rentre chez soi, je prends le soin de vérifier le challonge et publie le résultat sur la page de l’évènement. Une annonce sur le groupe Facebook pour remercier les participants, informer les autres du résultat, dire que tout s’est bien passé et qu’on espère se revoir très vite. Ce tournoi, ça a d’abord été l’occasion de réunir des personnes sympathiques avec qui partager une passion. Super Smash Bros. Melee a cette particularité qu’on doit se serrer autour d’une vieille TV branchée sur une vieille console pour jouer ensemble, ce qu’on peut considérer comme une contrainte est finalement une merveilleuse excuse pour réellement rencontrer des personnes, et des personnes géniales qu’on aurait sûrement pas pu rencontrer autrement tant tout semble nous séparer. Au delà du côté humain, c’est également l’occasion d’être au courant d’initiatives individuelles pour développer la communauté et regrouper ces forces. Peut-être qu’il existe déjà des structures en place, ou qu’une personne a des contacts dans une asso d’e-sport qui ne demande qu’à intégrer Melee dans ces évènements. Rencontrer les gens en vrai, c’est le meilleur moyen de s’organiser pour développer ensemble une communauté motivée et active.

Pourquoi j’ai écrit tout ça finalement ? Pour me vanter ? Pour faire de la pub déguisée pour mes initiatives ? Pas tellement. Ce que j’ai voulu dire à travers ce retour d’expérience, c’est que c’est à la portée de tout le monde. T’es dans la même situation que moi ? Dans une région peu active mais avec quelques personnes motivées pour doser ? Lance toi ! Trouve un appart, un bar, un endroit avec une CRT et du courant et lance toi. Organise au moins un petit tournoi, ça motive beaucoup plus qu’une simple session freeplay, propose un cash prize mutualisé même si ça te chante. Peu importe ce que tu choisiras, ça sera forcément une bonne expérience !