Écriture, calligraphie, lettrage, typographie, la différence ?

Cribe

Je suis passionné par les lettres, dans toutes ses formes graphiques notamment par les quatre grands domaines que ce sont l’écriture, la calligraphie, le lettrage et la typographie. J’accorde donc une importance à la différence que chacun de ces domaine présente car leur application n’est pas la même.

J’ai rejoint il y a plus d’un an, un groupe Facebook nommé “ Je me mets au lettering ” crée par Francis dont je vous invite à lire l’article, qu’il a rédigé pour donner des repères aux débutantes et débutants souhaitant commencer le lettrage.

Il y a quelques mois j’ai crée avec l’aide d’une membre de ce groupe de lettering, un groupe d’étude dédié à la calligraphie Les Calligraphes Amateurs.

À travers toutes mes interactions sur ces groupes, j’ai notamment noté qu’il y a souvent une confusion entre calligraphie et lettering, lettrage en français (également avec la typographie). L’idée ici est donc de vous donnez des pistes pour comprendre chaque domaine.
Bien évidemment je ne cherche pas à valoriser l’un par rapport à l’autre. J’accorde un intérêt d’importance égale à chacun des quatre grands domaines que j’ai cité.
Il y a également une série de tweet que j’ai réuni via Storify, réalisé par Hypsoline, je me permets juste de faire un article ici car la plateforme et série de tweet ne plaît pas à toutes et tous.


L’écriture

Mon écriture personnelle

Ce qu’on apprend toutes et tous dès la maternelle. Là c’est assez simple, tout le monde voit ce que c’est qu’écrire. On forme/trace chaque lettre afin de former des mots et des textes, ceci afin de communiquer quelque chose ou noter pour soi (liste de course, numéro de téléphone, les cours, etc). Il y a alors un but particulier. On peut écrire avec l’outil que l’on veut que ce soit son nez ou un stylo, sur le support que l’on veut. On écrit d’une traite, on revient rarement dessus, ou alors on réécrit. Le but n’est pas artistique, l’écriture se distingue par son but pratique.

Écriture cunéiforme — Tablette d’Ebla, XXVe siècle avant J-C.

La calligraphie

C’est ce qui vient juste après. Ici l’idée est d’amener la représentation graphique d’une lettre à une autre dimension, plus artistique contrairement à l’écriture. On ne cherche plus à écrire mais à créer une œuvre, ou inclure la lettre au sein d’une œuvre. On dit souvent que c’est l’art de bien écrire, mais je pense qu’on dépasse le stade du simple “bien écrire” voire de la “sublime écriture”. Si on se rapproche de la philosophie japonaise alors là on va même vers un moyen d’accéder à la sagesse. Bon on va rester en Occident. Je dirais donc qu’il s’agit de l’art de tracer les lettres (superbement ou pas). Si on décompose une lettre c’est alors des courbes, des lignes, droites, points qu’on trace afin de former des lettres, comme en écriture vous allez me dire ? Oui mais dans un but différent, ce qui ne veut pas forcément dire à des fins esthétiques, au contraire cela peut être laid volontairement, tout cela dépend de chacun bien évidemment. D’autre part la lisibilité n’est pas forcément le but premier, il s’agit de mettre en avant l’essence graphique de la trace effectuée par l’outil sur le support. On peut vouloir faire passer un message même à travers une calligraphie difficilement lisible. Autre point important, lorsque l’on fait de la calligraphie, la notion de geste entre en jeu. On essaie de faire le tracé du premier coup, de ne pas y revenir. C’est bien sûr un idéal. Un exemple serait le tag, avec un balais sur un ring de boxe, ou encore avec ses doigts de pieds sur le sable. Pas de limite d’outils et de support donc, si ça fait une trace on peut faire de la calligraphie.

Wanderingstan
Faust
Niels Shoe Meulman — avec un balais
Ian Barnard — avec des légumes

Le lettrage (ou lettering)

On arrive au troisième domaine, souvent confondu avec le précédent. Ici on est sur du dessin de lettre. Comme en dessin traditionnel, on utilise plein d’outils, repère et code afin d’obtenir le meilleur résultat possible. En calligraphie aussi vous me direz, mais la différence c’est qu’en lettrage on corrige. On peut gommer, retravailler une courbe ou une droite jusqu’à arriver au résultat que l’on souhaite, comme une peinture ou un dessin. En ce qui concerne les contextes et outils, il y a aucune limite. On peut faire du lettrage avec un crayon sur du papier ou de nouveau sur le sable avec les orteils. La différence avec la typographie qu’on aborde par la suite, c’est que le lettrage ne demande pas la réalisation de tout un alphabet. Lorsque l’on réalise un lettrage, souvent comme en calligraphie, on ne créer que les mots nécessaire pour le texte. Comme en calligraphie également, le lettrage est souvent unique, même si bien sûr avec l’ère numérique la duplication est aisé. Un exemple de lettrage bien connu, le graffiti.

Stefan Sagmeister — avec des bananes
Stefan Sagmeister
Side by Side
Tiffany Wardle de Sousa

La typographie

Si on prend la définition du dico c’est un procédé de composition puis d’impression sur forme en relief. La base. On part de caractère mobile, de lettre gravée pour former des mots, donc on peut répéter à nouveau tant qu’on conserve ses caractères mobiles. Quand on écrit sur son ordinateur ou téléphone, on utilise des polices de caractères afin de composer du texte. Il y a la aussi des réglages définis, implémenter au sein de ces caractères pour pouvoir répéter l’opération et conserver le même rendu. Mais voilà avec la typographie, l’idée est de composer. Maintenant il faut aussi rappeler que les définitions changent, on parle aussi de typographie dans le sens création de caractère afin de créer une police. On dessine donc chaque caractère (lettre, chiffre, ponctuation, etc), qu’on pourra donc utiliser par la suite pour composer des mots (pour du texte ou création graphique), ceci pouvant être répéter à l’identité. Ce processus de création de caractère peut être lui lié au lettrage.

Alan Kitching
Photo d’Olivier Doual — Imprimerie nationale
Adrian Frutiger

Conclusion

J’espère que cet article vous aura aider à y voir plus clair. La frontière entre calligraphie, écriture et lettrage est ténu. Une personne qui écrit avec une écriture sublime sa liste de course ou laisse une note à quelqu’un fait-il de la calligraphie ? Non je ne pense pas. Elle écrit magnifiquement bien, mais ça reste de l’écriture. Un indiviu qui fait une calligraphie et retouche ses tracés (pour cause de railroading par exemple) fait-il du lettrage ? Peut-être. Faut-il absolument que ce qu’on calligraphie/lettre ait du sens ? Ne peut-on pas simplement tracer/dessiner des suites de lettres que cela compose un mot ayant une signification, et malgré ça appeler de la calligraphie ou du lettrage ? Je pense que oui, dans les deux cas, je considère que c’est la représentation graphique de la lettre qui importe et qui être vecteur de sens, même si le texte n’en a aucun. Là, je suis prêt à discuter, car ça reste flou pour moi. Ce qu’il faut retenir selon moi c’est que chaque domaine nourrit les trois autres, il y a donc un grand intérêt à s’intéresser aux quatre. J’irais plus loin en vous poussant à aller au-delà de l’alphabet latin, l’inspiration se trouve partout et même pour les gens travaillant l’alphabet latin je vous assure qu’en sanskrit, arabe, ou cinghalais y a des choses à piocher (même si vous comprenez rien, pensez graphie et pas forcément sens, même si c’est mieux). Mon avis n’est pas tranché malgré ce que j’ai pu dire ici, n’hésitez donc pas à venir en parler sur les deux groupes cités ou alors sur Twitter : @CribeTonite.

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