La superstition du chat noir et l’évangile des sorcières…

Le chat noir depuis l’Égypte ancienne jusqu’à nos jours est perçu comme un être en lien avec des forces obscures qu’il est préférable de ne pas croiser sur son chemin.

Mais d’où vient ce mystère encore tenace de nos jours et qu’il est tentant de percer le soir d’Halloween ?

Si l’on remonte à la tradition égyptienne, les yeux des chats qui renvoient la lumière dans la nuit font référence au pouvoir du dieu Rê, qui chaque nuit meurt et traverse le monde des ténèbres pour ressusciter au matin. Un chat noir symboliserait peut-être ce grand astre lumineux prisonnier du monde des morts dont la flamme est encore perceptible s’échappant par ses yeux dans la nuit noire.

Pour aller plus loin dans l’explication, ne trouvant rien sur internet ; je suis remontée aux origines de la création, bien avant celle d’Adam et Ève. Un commencement qui possède des similitudes avec celui qui est conté en Égypte dans « le mythe de l’œil de Rê » (voir mon article sur l’histoire de la déesse à tête de chat en Égypte ancienne).

La création telle qu’elle est écrite dans l’Évangile des sorcières.

Un livre publié en 1899 par Charles Leland (journaliste et folkloriste américain). Ce grand voyageur s’est intéressé au folklore de plusieurs cultures, dont les croyances religieuses liées à la sorcellerie en Toscane. Ce livre est devenu aujourd’hui un des textes fondamentaux du Wicca : un culte à mystère incluant des éléments de croyances telles que le chamanisme, le druidisme, la mythologie grecque, romaine, slave, celtique et nordique.

À cette époque en Italie (plus particulièrement à Florence) il y a encore un grand nombre de sorcières, de diseuses de bonne aventure qui prédisent l’avenir dans les cartes. Leurs pouvoirs se transmettent de génération en génération et remontent certainement au Moyen Âge, à l’époque romaine et même étrusque.

Toutes ces données orales ont été retranscrites dans un évangile (Il Vangelo) on y trouve les origines d’une très vieille religion (La vecchia religione) qui fait le récit d’une créatrice féminine, de sa fille et leur venue sur terre. L’évangile se divise en plusieurs chapitres qui décrivent la naissance de la déesse Diane, les incantations, les bénédictions dans le miel, la farine et le sel.

C’est au moment de la création que le chat joue un rôle bien particulier. Diane, la déesse fut créée avant la création, tout vient d’elle, c’est d’elle-même qu’elle tira la première obscurité, elle se divisa en ombre et lumière. Quand elle vit à quel point sa moitié : son frère, son fils, Lucifer (littéralement le porteur de lumière : du latin « lux », lumière et « ferre », porter) était étincelant de beauté ; elle voulut à tout prix se le réapproprier et le désira plus que tout.

Lorsqu’ils se retrouvèrent tous deux sur terre, Diane usa de sa sorcellerie pour récupérer son frère. Il possédait un chat magnifique qui dormait sous son lit toutes les nuits. La déesse devenue mortelle négocia avec ce dernier pour qu’ils échangent leur corps. Le chat accepta et Diane se retrouva alors chaque nuit aux côtés de sa moitié. De ce stratagème naquit leur fille Aradia la première instructrice de toutes les sorcières.

Lorsque Lucifer se rendit compte que l’ombre avait triomphé sur la lumière il se mit dans une colère noire. Mais Diane l’ensorcela, elle chanta un air comparable au fredonnement des abeilles, au bourdonnement d’une toupie, à un rouet, le rouet qui file la vie de tous les humains. Toutes choses furent filées sur le rouet de Diane. Lucifer ne fait que tourner la roue.

Le chat noir est donc depuis lors associé à la victoire de l’ombre sur la lumière et l’on considère qu’une sorcière peut prendre son apparence chaque fois qu’elle le souhaite pour tromper les hommes… Alors faites tout de même attention à ne pas les sous-estimer !


Originally published at chatseul.fr on October 31, 2016.