Lifelong learning : vers une formation ininterrompue

Avec près de €3 milliards investis en 2015 dans les start-ups développant des technologies pour l’éducation (les EdTech), une augmentation de 300% au cours des 5 dernières années, le secteur de l’éducation serait-il lui aussi en train d’être “disrupté” par les jeunes pousses innovantes ? La réputation grandissante de sociétés comme Coursera (cours en ligne), HotChalk (solutions d’apprentissage en ligne pour les universités) ou encore AltSchool (nouveau modèle d’écoles) vont clairement dans ce sens. Pourtant, alors que ces entreprises annoncent toutes vouloir révolutionner l’éducation, la grande majorité d’entre elles s’inscrivent dans le modèle traditionnel basé sur une éducation initiale de 3 à 23 ans, et une activité professionnelle de 23 à 63 ans (et plus si affinités)…

En effet, alors que plus de 5 millions d’emplois auront disparu d’ici 5 ans et que, selon Cathy Davidson dans son livre Now you see it, 65% des étudiants entrés à l’université en 2011 auront des métiers qui n’ont pas encore été inventés, est-il encore pertinent de séparer aussi drastiquement apprentissage et travail ?

Lifelong Learning

Apparue pour la première fois au cours des années 20 et popularisée à partir des années 70, la notion d’éducation tout au long de la vie (ou “lifelong learning” en anglais) reste aujourd’hui complètement anecdotique. En France, selon l’INSEE, un salarié n’assistera en moyenne qu’à 92 heures de formation tout au long de sa carrière (avec de gros décalages selon les catégories socio-professionnelles). Une misère comparée aux près de 20 000 heures d’éducation élémentaire et aux milliers d’autres d’éducation supérieure… A l’heure de l’accélération des changements technologiques et de la disruption profonde des modèles d’affaire, il devient urgent pour tous les professionnels, quel que soit leur métier et leur secteur d’activité, d’augmenter sensiblement le temps qu’ils consacrent à leur formation, au risque d’être complètement dépassés en quelques années.

L’autoformation comme solution ?

Alors que de plus en plus de personnes se rendent compte de cette urgence, les solutions proposées se sont pour l’instant majoritairement concentrées sur l’autoformation. Coursera, Udacity ou encore Lynda.com proposent tous des cours vidéos en ligne permettant aux professionnels motivés de se former sur toute une liste de sujets. Pourtant, bien que le succès de ces plate-formes est bel et bien grandissant, les MooCs (Massive Open Online Courses) ne peuvent être la seule solution. Avec un taux d’achèvement de 15%, ces cours en ligne n’apportent pas encore de réponse à tous les besoins des participants, notamment en terme d’apprentissage en communauté.

Vers une formation professionnelle 2.0

Ainsi, avec une majorité de solutions basées sur l’autoformation, les alternatives de formations proposées aux participants restent anecdotiques. Le chantier est donc énorme pour les professionnels de la formation : pouvoir accompagner l’ensemble des actifs dans l’augmentation de leurs compétences, tout en proposant une expérience de formation en communauté de plus en plus qualitative, et un catalogue de cours de plus en plus large.