11 initiatives innovantes pour mieux vivre en ville

10 startups, 13 grands groupes et la Ville de Paris imaginent des solutions concrètes pour les Franciliens

Réduire les temps de travaux en ville, réguler la place et l’usage des trottinettes, faciliter l’accès des transports en commun aux automobilistes franciliens, etc… les projets de la Saison 4 de DataCity, annoncés ce mercredi 13 février 2019, sont au coeur des préoccupations des Parisiens !

Transformer Paris pour mieux vivre en ville : de nombreux défis !

Permettre aux habitants et aux visiteurs de Paris de mieux vivre en ville est un enjeu crucial pour une multitude d’acteurs urbains : services publics, grands groupes, associations, startups, etc. Grâce à ces acteurs, les Parisiens peuvent se nourrir, se loger, se soigner, s’éclairer, se déplacer, se divertir.

La ville est un lieu de vie en commun, dense et en mouvement. Son organisation répond à de nombreuses contraintes, entre autres techniques, économiques et légales dont il faut tenir compte. Agir en ville est un travail minutieux et nécessite de se confronter aux réalités du terrain, au risque de faire naître de nouveaux problèmes. Améliorer la vie des Parisiens demande donc d’appréhender cette complexité.

Construire ensemble des solutions concrètes pour les Parisiens

DataCity porte plusieurs convictions pour dépasser ces défis :

  • la ville est un espace partagé qui se transforme et se réinvente ensemble, en rassemblant un maximum de partenaires,
  • l’usager doit être au coeur des solutions proposées par les acteurs publics et privés,
  • un développement progressif des solutions, d’abord à petite échelle, facilite un apprentissage rapide, accélère et sécurise les déploiements de plus grande envergure,
  • les données représentent une précieuse source d’informations directement issues du terrain, pour le comprendre, mesurer l’efficacité des démarches et fluidifier la mise en place des solutions.

Une démarche inédite : la Ville de Paris + 13 Grands Groupes + 10 startups !

Pour construire ces solutions, un parti pris est de rassembler un maximum d’acteurs autour de la table qu’ils soient issus de grands groupes ou des services de la Ville de Paris et mettre au bénéfice du collectif leurs savoir-faire métiers, leurs infrastructures, leurs réseaux, et leurs données. Mettre toutes les chances du côté des équipes projets, c’est aussi faire se rencontrer ceux qui constatent de l’extérieur des problèmes et proposent des idées, et ceux qui travaillent aujourd’hui au sein de ces organisations et rendent le fonctionnement de la ville possible au jour le jour.

Dans cette logique, les startups sont des acteurs indispensables au projet pour deux raisons : elles apportent leurs outils et compétences technologiques et elles infusent leurs méthodes de travail pour développer des solutions dans des temps très courts avec des ressources limitées : les expérimentations ne durent que 4 mois !

Aménager l’espace public d’aujourd’hui et de demain

  • Et si… on synchronisait tous les travaux en ville ?
Victor Bayard, Evesa

Les travaux se suivent et se ressemblent. Pour en réduire le nombre et minimiser leur impact sur les quartiers, Evesa s’associe au Service du Patrimoine des Voiries, Enedis, Axway, Leonard, la plate-forme d’innovation de Vinci, et la startup Gotmi.io pour centraliser les projets de futurs travaux des nombreux opérateurs urbains et organiser un calendrier commun à l’échelle de la ville. L’objectif est de mieux synchroniser ces travaux pour les concentrer sur des périodes de temps limitées.

  • Et si… toutes les camionnettes et taxis roulaient à l’électrique ?

Pour améliorer la qualité de l’air, le Plan Climat Air Energie vise le 0 diesel à Paris d’ici 2024. Actuellement, les temps longs de recharge des véhicules électriques freinent l’électrification des flottes professionnelles, comme les camionnettes et les taxis. Les nouvelles bornes offrent des recharges en quelques minutes ce qui pourrait accélérer cette transition. Cependant, la puissance appelée sur le réseau électrique et l’impact potentiel sur le trafic routier oblige à planifier leur déploiement. Total, Enedis, Leonard, Sopra Steria, et la Mission Mobilité Électrque de la Ville de Paris ont donc sélectionné Wintics pour identifier les meilleurs emplacements dans Paris.

  • Et si… les véhicules de free floating trouvaient leur place dans la ville ?

Wintics accompagne également l’initiative portée par Engie, le Pôle Innovation de la Ville de Paris et Axway sur les flottes en “free foating” : ces vélos, trottinettes et scooters sans bornes arrivés à Paris ces derniers mois. Assurer leur développement dans le respect des piétons et des conducteurs d’autres véhicules est nécessaire pour mettre à disposition du plus grand nombre les nouvelles libertés de déplacement qu’elles offrent.

Mesurer pour améliorer et réinventer

  • Et si… je pouvais garer ma voiture en périphérie de Paris pour éviter les bouchons ?

La voiture reste le transport le plus pratique dans les zones périphériques de Paris pour de nombreux franciliens. Une fois en zone dense, la concentration de véhicules provoque de la congestion et différentes formes de pollution. Paris Habitat, Axway, Total et l’Agence de la Mobilité de Paris ambitionnent donc de mettre à disposition les places vacantes dans les parkings souterrains de Paris Habitat aux automobilistes pour faciliter le report vers les transports en commun. Ils intégreraient pour cela les données récoltées dans leurs parkings dans l’application de navigation ParkingMap.

  • Et si… les chaînes logistiques des commerces valorisaient mieux leurs déchets ?

Les chaînes logistiques des commerces et des supermarchés produisent de nombreux déchets. Parfois concentrés dans certains lieux, comme les gares et les pieds d’immeuble, ils peuvent produire de tels volumes de déchets qu’il devient difficile et cher de traiter et de recycler ces déchets. SNCF Gares & Connexions, Paris Habitat et le Pôle Innovation de la Ville de Paris se proposent donc de réduire le volume des déchets logistiques avec Pandobac, jeune startup intégrant des bacs réutilisables pour le transport des marchandises alimentaires.

  • Et si… les feux de circulation s’adaptaient aussi aux mobilités douces ?

L’organisation des feux de circulation dans Paris a été pensée autour de la voiture. L’essor des mobilités douces et actives telles que la marche, le vélo et la trottinette modifie les comportements aux carrefours, par exemple les vélos passent régulièrement au rouge lorsqu’il n’y a pas de voiture. Leonard, plateforme d’innovation de VINCI, Evesa, Lacroix GROUP, le PC Lutèce et cyclope.ai, technologie d’intelligence artificielle de reconnaissance d’images veulent ainsi prendre en compte ces nouvelles formes de mobilité dans la régulation des feux sur les carrefours, c’est à dire la durée entre le feu rouge et le feu vert.

  • Et si… les voitures en autopartage étaient toujours propres ?

Autre mode de transport en forte expansion à Paris, les voitures en autopartage. Souvent électriques et remplaçant les véhicules individuels, ces voitures offrent de nombreux avantages aux usagers et pour les habitants. Accessibles en libre service, elles sont de fait un mode de transport en commun. Pour le confort des usagers et renforcer l’adoption de ces véhicules, conserver une hygiène correcte dans l’habitacle est indispensable. Hyundai et Total s’associent à GreenTropism pour utiliser une technologie d’analyse spectrale pour détecter les saletés dans l’air et sur les tissus pour identifier à quel moment l’intérieur du véhicule doit être nettoyé.

Informer, proposer, accompagner

  • Et si… les copropriétés accéléraient la rénovation énergétique des bâtiments ?

Le Plan Climat de Paris vise la neutralité carbone de la ville d’ici 2050. Chauffer et refroidir les bâtiments est l’une des principales sources d’émission de gaz à effet de serre (GES). Deux raisons principales expliquent ces émissions : le gaz naturel et le fioul sont des énergies fossiles très souvent utilisés dans les bâtiments, et de très nombreux bâtiments sont mal isolés. Enedis, l’Agence parisienne du climat, le Centre national d’étude spatiale, Lacroix Group et Total désirent donc identifier les copropriétés les plus fortement émettrices de GES pour les inciter à mener des travaux de rénovation énergétique à grande échelle et à changer leur énergie de chauffage. Ils ont choisi dans cet objectif IMOPE, une très jeune startup issue de l’école des Mines de Saint Etienne pour développer une cartographie de ces bâtiments et proposer des actions de rénovation adaptées à chaque copropriété.

  • Et si… je comprenais mieux les bénéfices des travaux pour mon quotidien ?

Les travaux sont à la fois, la manifestation la plus évidente que Paris se transforme et se modernise vite, et en même temps, une source de multiples nuisances : le bruit, la pollution de l’air, les bouchons. Indispensables, ils sont souvent d’autant plus mal perçus qu’ils sont mal compris. Sopra Steria, Enedis, Engie, Paris Habitat, Axway, le Service de la Communication de la Direction des Voiries et des Déplacements, et le Bureau de la Géomatique de Paris vont travailler avec CityKomi pour améliorer la communication auprès des riverains, expliquer l’intérêt des futures réalisations et proposer des actions personnalisées pour réduire l’impact des nuisances sur chacun comme des parcours de contournement aux piétons et automobilistes ou des actions pour atténuer le bruit.

  • Et si… la découverte de la ville sortait des sentiers battus ?
Julien Laugel, Lead Data MFG Labs

Ville lumière, Paris fait rêver des millions de personnes en France et à l’étranger. Pour de nombreux visiteurs, découvrir Paris se limite cependant à quelques lieux culturels et touristiques comme le Louvre, Notre-Dame et la Tour Eiffel. Ce phénomène détériore l’expérience des visiteurs car ils perdent beaucoup de temps dans les files d’attente et découvrent qu’en superficie la ville. De plus, les retombées économiques se concentrent en quelques zones très localisées et pour des secteurs très spécifiques. Mastercard, et l’Office de Tourisme de Paris veulent donc proposer avec MFG Labs des parcours de découverte personnalisés en fonction des goûts et des intérêts des touristes pour leur permettre de, sortir des sentiers battus, visiter d’une façon inédite et développer l’activité commerçante de nouveaux quartiers.

  • Et si… la ville devenait le terrain de jeux des filles ?

L’Organisation Mondiale de la Santé préconise aux enfants de 5 à 17 ans une activité physique d’au moins 60 minutes par jour pour être en bonne santé. Combattre la sédentarité chez les jeunes, et en particulier chez les filles qui pratiquent moins de sport que les garçons, est donc un enjeu de santé publique. Made to Play, programme de Nike pour les enfants, Paris Habitat et la Direction de la Jeunesse et des Sports se fixent donc pour objectif avec la startup WePulse de réimaginer la vision du sport chez les jeunes filles et de l’adapter à leurs propres codes, en privilégiant une approche par le jeu et au quotidien.

Au travail !

Les équipes maintenant constituées, les projets peuvent démarrer !

La phase d’expérimentation de 4 mois vise à accumuler, dans un temps très court, un maximum d’apprentissages pour concevoir les meilleurs solutions possibles et permettre leur déploiement à grande échelle rapidement.

Les mélanges des compétences, des savoir-faire, des cultures professionnelles, et surtout la motivation et l’énergie des équipes font la richesse du programme DataCity et seront clés pour dépasser les nombreux défis et risques inhérents à une démarche d’innovation dont l’objectif est de construire une ville meilleure à vivre tous ensemble.