Crédit photo : Ady Satria Herzegovina

Obtenir du crédit auprès de vos clients pour garder le contrôle de vos projets

On est tous tombé sur un client qui nous engage parce qu’il aime notre travail puis, au fur et à mesure que le projet avance, il commence à vous prendre pour Siri qui maitriserait Photoshop :

— “Plus gros le logo, mettez ça en bleu, le site n’est pas assez dynamique !”

Il y a au moins deux raisons qui peuvent expliquer ce changement de comportement : soit vous n’avez pas un statut d’expert aux yeux de votre client, soit c’est votre client qui a un problème pour (vous) faire confiance. Essayons de voir comment obtenir ce statut d’expert qui vous aidera à travailler sereinement.

Obtenez votre crédit en amont

Il faut tout préparer pour que vos prospects sentent votre expertise avant de lui remettre votre travail.

Première élément de persuasion : votre portfolio.

Les études de cas sont très importantes. Décrivez les projets, argumentez sur les choix que vous avez fait, les solutions que vous avez proposées.

Les gens qui ne travaillent pas dans le web ne sont pas sensibilisé à toutes les contraintes auxquelles nous sommes confrontées pendant la conception. La plupart des clients veulent juste un site joli et facile à utiliser. Donc si vous faites le choix de présenter vos projets avec juste une vignette et un joli hover, il ne sera pas capable de percevoir tous les choix que vous avez fait qui font que le site soit joli et facile à utiliser.

Deuxième étape : votre devis

Cela arrive qu’un client vous démarche sans avoir vu votre portfolio. Il peut vous contacter grâce à une relation que vous avez en commun. Vous pouvez profiter du devis pour marquer votre expertise.

Transformez ce devis en proposition. Présentez-vous brièvement. Expliquez votre démarche vis à vis de votre travail. Insérez l’étude de cas d’un projet, ou un moyen rapide d’y accéder comme des QRcodes et/ou des urls raccourcies. Reprenez les besoins de votre client et les solutions que vous allez tenter de lui apporter ; cela permettra de prouver que vous avez bien compris ce qu’on attend de vous.

Obtenez votre crédit pendant le projet

Jusque là, vous avez planté des petites graines de confiance qui devraient vous aider à travailler tranquillement, sauf si rien à été lu. :/

Bref, le grand jour est arrivé ! Vous aller montrer le fruit de votre travail. Vous allez peut être devoir expliquer vos choix. Je prends le parti de ne pas beaucoup argumenter quand je montre ma maquette. Pourquoi argumenter si la proposition convient ? Par contre, je demande toujours de la franchise et de ne pas prendre de gants. Nous travaillons pour réussir le projet, pas pour sympathiser. Si quelque chose déplait, il faut que ce soit traiter le plus vite possible. Sinon une gangrène risque de s’installer et ça peut dégénérer tôt ou tard.

Pour les demandes de modifications, je les classe en trois catégories : les demandes pertinentes, les demandes non pertinentes et celles qui sont non-compromettantes.

Les demandes pertinentes

J’adore ce genre de demande parce que souvent, ces requêtes me stimule et débouchent souvent sur des choses qui apportent une valeur ajoutée au projet. C’est très enrichissant.

Les demandes non-pertinentes

Ces demandes concernent des modifications qui détérioreraient l’UX ou remettrait en cause les choix critiques que j’ai fait pour le projet. Quand cela arrive, je sors la boite à argumentation. On lit souvent que l’on doit apprendre à dire “non” dans notre métier mais là, c’est “non, parce que” qui est adapté.

Préserver les intérêts du projet et des utilisateurs doit être votre objectif principal. Soyez pédagogue.

Il faut être clair, concis et le moins technique possible. Ne faites pas le coup du mauvais garagiste qui vous balance un nom de pièce mécanique à chaque phrase pour mieux vous faire passer le devis. Essayez de vous baser sur des faits comme par exemple, l’étude sur l’interaction des utilisateurs avec les carrousels (via dois-je utiliser ?) si on vous en demande un. Faites sentir que vous dites non pour son bien et celui de ses prospects, pas parce que vous n’avez pas envie ou que vous ne savez pas le faire.

Les demandes non-compromettantes

Pour que le client ne se sente pas exclu de son projet, il est important de savoir faire des concessions, surtout si il n’y a pas eu de demandes pertinentes. Si il vous demande quelque chose qui n’aura aucun impact d’un point de vue ergonomique ou des performances, faites-le. Le projet continuera son petit bonhomme de chemin et vous ne passerez pas pour quelqu’un de psychorigide.

Le cas du client borné

Si malgré tous vos efforts d’argumentation et de pédagogie, le client vous impose quelque chose, faites le. C’est un projet web dont-il s’agit, pas d’une transplantation d’organe. Vous vous êtes conduits en professionnel jusqu’ici. Si l’autre partie ne veut rien entendre, enclenchez le plan de sortie sans frustration. Faites ce que vous avez à faire pour terminer le projet avec le même professionnalisme qui vous caractérise depuis le début puis, faites-vous payer. Un site web n’est pas figé. Si les choix qu’il vous a imposés ne marchent pas, il pourra tout à fait revenir vers vous pour faire les changements. Et vous pourrez lui balancer un …

Ou pas. ^^