Manon Garcia : “la combativité que j’ai sur le court, je la transpose au travail”

Les meilleurs sont souvent les plus modestes. Ses collègues vous diront qu’elle est dynamique et très sportive : “Elle fait du foot”. En réalité, c’est la balle de tennis que Manon Garcia frappe le mieux. Peu connaissent son parcours et, pour évoquer avec elle sa carrière sportive, il vous faudra baisser d’un ton à la cafétéria. Responsable d’équipe informatique chez Decathlon, Manon aurait pu devenir joueuse professionnelle. Mais elle est surtout passionnée par son sport et son métier.

L’histoire commence comme celle des stars internationales du tennis, les palmiers de Floride en moins. Joueuse depuis ses cinq ans, repérée à huit, Manon passe sa jeunesse sur les courts de la ligue de Seine-Saint-Denis… et quelques heures par jour dans le RER. Collège, lycée, les horaires sont aménagés, elle obtient son Bac ES raquette en main et se lance dans un Master en marketing à Paris, avant d’être admise à l’ESC Montpellier sur concours. Elle s’entraîne à cette époque encore trois ou quatre heures par jour, remporte le titre de championne de France universitaire puis de championne d’Europe par équipe, mais privilégie sa formation avec un échange de six mois au Canada puis une spécialisation en management des Systèmes d’Information.

Tennis Intelligence

À aucun moment elle n’évoque l’éventualité d’une carrière pro dans le tennis, mais si on lui demande, Manon explique simplement, sans aucun regret : “Après le BAC j’ai hésité à tenter le circuit professionnel. Coup du destin, j’ai eu une rupture partielle du ligament au poignet qui m’a convaincue que le tennis était trop aléatoire pour zapper les études — et j’ai adoré les études. Je n’ai jamais tenté le circuit pro par la suite. C’était un peu tard, et il fallait une mise de départ pour me lancer, sans garantie bien sûr. Seuls les membres du top 100 mondial gagnent leur vie. Je suis très bien où je suis”.

Le domaine initial de Manon c’est la Business Intelligence, ou informatique décisionnelle en français. Celle qui permet de collecter et consolider une masse importante de données sur un sujet pour en fournir une vue d’ensemble et aider à la prise de décision en entreprise. Après un stage de fin d’études dans ce domaine chez L’Oréal, Manon répond à une offre d’ingénieur SI chez Decathlon et fait ses débuts sur un poste très opérationnel. “J’étais entourée de gars sortant d’école d’ingénieur. Je n’imaginais pas que mon premier boulot serait aussi technique, mais on apprend !”

La bleue

C’est aussi sa découverte de Decathlon : “L’entreprise m’a plu. C’est une boîte où on te donne des responsabilités assez vite — responsabilité d’équipe après deux ans et demi pour ma part, mais j’avais aussi des responsabilités sur mon premier poste. Tu es autonome, tu peux vraiment t’éclater. Les recrutements se font sur des critères de générosité, vitalité, responsabilité. On dirait un beau discours comme ça, mais on embauche vraiment des gens avec une super personnalité. Ils sont contents d’être là, ils sont dynamiques, ouverts d’esprit et en même temps responsables”. Et le sport dans tout ça ? “Pouvoir pratiquer le midi c’est évidemment primordial pour moi. Ici tout le monde va au sport, en tout cas personne ne va te juger si tu prends une pause de deux heures pour faire ton sport. C’est une mentalité, une ambiance jamais vues dans les autres entreprises”.

Depuis 2016, Manon est responsable de l’équipe qui gère les sites web de nos marques passion, leurs déclinaisons à l’international et les sites de conseils sportifs. Nom de code de la solution : Kameleon. Au-delà des optimisations et innovations techniques pour améliorer les performances, le gros projet est de se rapprocher des plateformes Decathlon pour que les sites marchands puissent facilement intégrer un conseil sur une fiche produit, une vidéo “Comment bien choisir sa raquette de tennis” par exemple. Pour cette mission, les équipes communication des marques et du e-commerce sont évidemment des interlocuteurs privilégiés.

Sport et entreprise

Responsable d’équipe chez Decathlon en 2016, ça veut dire quoi ? Patron, manager, coach ? Manon penche pour la troisième solution sans vouloir trop décrire son style. “Il faudrait demander à mon équipe ! Je m’inspire de mon ancien patron, j’aime assez la manière dont est pensé le management chez Decathlon, avec un esprit de coaching qui m’a beaucoup fait progresser. La petite particularité en informatique est qu’il est quand même bon de comprendre ce qui se passe au niveau technique, même si les collaborateurs sont les mieux placés pour trouver les réponses. Sinon je suis plutôt dans le conseil et l’accompagnement, je tiens au rythme d’un entretien individuel par mois. Je les aide à travailler leurs savoirs-être, les encourage à communiquer sur leurs réussites pour se rendre visibles. Je suis disponible pour eux quand ils en ont besoin”.

Actuellement classée parmi les cinquante meilleures françaises, Manon goûte les joies et les inconvénients d’une saison pleine. “J’ai été blessée pendant deux ans, j’avais un tennis elbow dont je me sors difficilement, mais cette année j’ai pu enchaîner à peu près quatre-vingt matchs et gagner une quinzaine de tournois de niveau national. Avec mon classement j’ai de la chance, j’entre en lice souvent en fin de tournoi, mais je pose parfois mon vendredi pour les très gros tournois français. Forcément il y a des contraintes à bosser la semaine, et il m’arrive d’attaquer un tournoi sans m’être beaucoup entraînée les jours précédents”.

Le parallèle entre sport et boulot, elle le fait facilement “La combativité que j’ai sur le court, je la transpose au travail. Je ne lâche rien, quand j’ai un objectif je fais tout pour l’atteindre ! Au tennis évidemment tu es seul sur le terrain, tu te débrouilles avec ta tactique, tu décides comment tu vas jouer tes coups. Tu peux appliquer ça en entreprise, même si chez Decathlon on joue collectif”. Si Manon ne participe que de manière épisodique à la corpo femme, elle en apprécie les réunions régulières. Elle explique que le petit monde du tennis Decathlon gravite naturellement autour d’Artengo, marque de sports de raquette où travaillent la plupart de nos très bons joueurs.

Ambassadrice chez nous, OVNI partout

Mannequin occasionnel pour Artengo, Manon est équipée par la marque en textile et chaussures. Vous l’avez peut-être déjà aperçue sur une publicité en magasin. “En match et en entraînement, je porte toujours les produits Artengo, je véhicule la marque dans mon club et sur les tournois. Je teste leurs nouveaux produits notamment textile, j’en fais un usage intensif et donne mon avis sur la matière, l’aération, le design. J’adore leurs produits textiles et leurs chaussures, que j’avais bien testées l’année dernière également. Je suis une interlocutrice privilégiée des chefs de produit et c’est un côté génial de Decathlon : les chefs de produit écoutent les avis. Le mien mais aussi celui de tous nos utilisateurs sportifs”.

Manon a toujours le sourire. “J’adore être sur le terrain, je m’amuse, c’est tout sauf une contrainte de jouer. Il m’arrive de tenter des coups un peu fous en match”. Si elle est un cas à part au sein de l’entreprise de par son niveau sportif, elle est aussi un OVNI sur les tournois. “Je commence à me faire vieille, maintenant je joue contre des filles qui ont dix ans de moins que moi. Elles s’entraînent à plein temps ou enseignent le tennis. Quand je leur explique que je travaille en parallèle, elles hallucinent un peu. Elles me demandent comment je fais pour m’entraîner. C’est vrai que je m’entraîne moins qu’elles mais je gère très bien les moments importants du match. Je joue sur l’expérience !”

De l’expérience, Manon se voit bien en acquérir longtemps chez Decathlon. Heureuse en informatique, elle apprécie le rapprochement avec les marques passion et se verrait bien un jour rejoindre les équipes Artengo. Je tente une dernière fois de lui faire exprimer un petit regret de ne pas travailler à plein temps dans le tennis, à la Fédération par exemple, mais c’est peine perdue. Jeu, set et match Decathlon.

Produit fétiche — La coudière Aptonia

“Depuis mon tennis elbow, je ne peux plus m’en passer. Ça appuie sur le tendon et diminue la douleur”.