Donald Trump, Chronique du Nouveau Monde #1

Le vingt janvier dernier, Donald J. Trump était investi 45ème président des États-Unis d’Amérique, première puissance économique du monde. Son investiture, diffusée en direct sur toutes les télévisions de la planète, est pourtant considérée comme un échec par la plupart des politologues. L’occasion de revenir sur les nombreuses interrogations que suscite l’avènement de ce trublion de la politique américaine et internationale.

La première chose qui m’est venue à l’esprit au moment où le désormais chef d’état a prêté serment a été sa chevelure. On ne s’en moquera pas, mais cette chevelure orangée si facilement reconnaissable n’est que l’un des symptômes de la nouvelle tournure qu’a prise la campagne présidentielle. Je parle de la mise en scène du grotesque. Les élections précédentes avaient cherché à lisser les défauts des candidats. Barack Obama avait su s’entourer d’une équipe rigoureuse. Bill Clinton, tout comme George Bush, renvoyait l’image du « Secret service », ce groupe de gardes du corps en costard et lunettes fumées qui le rendaient aussi mystérieux qu’inaccessible. A mille lieux de cette image policée, Donald Trump fait vendre en se mettant en scène. Cravate qui vole de travers, insultes aux adversaires, Tweets enragés et publicités de produits bas de gamme, tout est bon pour faire parler de soi. Une telle fascination des médias pour ces polémiques de bas étage et surtout l’efficacité de la technique sont autant de signes dommageables de la dégradation du niveau de la politique nationale.

Bref, l’occasion, deux mois après son investiture, alors que les scandales politiques et les mesures controversées s’enchaînent, de se demander si le nouveau monde au style politique si distingué ne viendrait pas rejoindre notre bon vieux continent.


Ce texte est paru dans le Globule du mois de juin 2017, disponible en exemplaire papier sur simple demande.

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