LREM! Je vote Oui aux statuts
Alors que le vote sur les statuts de La République En Marche ! doit se clore le 30/7/2017 et que ce vote, et la campagne qui l’accompagne, nous divise, je souhaite présenter ma position sur le sujet, ainsi que ce qui la fonde, parce que je ne crois jamais l’avoir entendue ainsi défendue.
Je vais voter oui aux statuts pour les raisons suivantes :
Malgré une base sociologiquement très large (de la gauche à la droite, dans toutes les couches sociales), le centrage idéologique (centre non mou, c’est-à-dire le meilleur de la gauche et de la droite, le progressisme) de notre mouvement n’est pas en phase avec son centre de gravité sociologique (centre gauche). Ce centrage idéologique est la condition de notre succès comme groupe majoritaire ou bien de notre influence décisive comme groupe pivot minoritaire. L’avenir de long terme du mouvement et sa capacité d’action politique passe donc bien par ce centrage idéologique. C’est aussi la promesse faite depuis l’orée à l’ensemble de ceux qui nous ont rejoint et à l’ensemble de ceux, beaucoup plus nombreux, qui ont voté pour nous. Ne pas conserver ce centrage, ne pas honorer cette promesse, c’est condamner LREM !
Pour schématiser, on peut résumer l’expérience des partis actuels à deux modes de gouvernance :
o Une gouvernance où le positionnement résulte d’une démocratie interne, parfois poussée au bout de sa logique par l’organisation en courants;
o Une gouvernance où la structure du mouvement, ou bien son chef, assure le positionnement.
Concernant le premier type de gouvernance, les primaires en France ou aux Etats Unis, ont démontré que le jeu démocratique, à la fois au niveau national et au sein des partis, donnait le plus de force aux tendances centrifuges. En clivant, ces primaires organisait un déport politique qui, précisément créait la défiance envers la capacité des partis à porter l’intérêt général. Je pense notamment à la captation du parti Républicain américain par le Tea Party ou par Trump, à la victoire de Fillon et d’Hamon aux primaires (les candidats les plus à droite et à gauche), ou encore aux tendances gauchisantes qui ont décrédibilisé l’écologie politique en France. De la même manière, la démocratie interne des partis au niveau local est très souvent manipulée et favorise les baronnies. Je repense en écrivant cela à cet Assistant Parlementaire qui m’expliquait que sa spécialité était de « tuer » les factions rivales en Bretagne.
Concernant le second type de structure, nous savons notamment par l’exemple du Modem que celles-ci s’étiolent par manque de militants et par l’absence de rôles qu’elles leurs donnent.
Le pari fait par les instances dirigeantes LREM est bien celui qui assure à la fois un centrage idéologique, une instance de délibération large & diverse et qui vise à donner à la base militante un rôle réel et valorisé:
o L’instance de délibération existe, c’est le Conseil. Elle est d’assise large puisqu’elle comprend l’ensemble des parlementaires et élus locaux, ainsi que 25% d’adhérents. C’est-à-dire qu’elle inclut déjà plus de 400 personnes et devrait si nous restons majoritaire dans le pays voir son nombre rapidement dépasser le millier. Ce nombre important assure la qualité de la délibération. Par ailleurs la composition reste politiquement centrée du fait du choix par la CNI des membres.
o Concernant le rôle dévolu aux militants, sur ce point encore, il me semble que nous innovons. Catherine Barbaroux l’a bien dit : il n’y aura pas de siège somptuaire, il n’y aura pas d’appareil pléthorique. Le financement doit servir à aider et à distinguer les projets portés par les adhérents afin de leur donner une résonance et une distinction nationale. C’est-à-dire qu’enfin l’on va plutôt récompenser ceux qui font, ceux qui démontrent. C’est un pari, certes. Mais c’est un pari qui n’a pas encore été tenté. Et c’est bien aussi le sens de transformer En Marche ! en média. Notre pari est de dire que l’action est une parole , que l’action est la parole de certains, et que nous la ferons entendre.
