Les droits LGBT+ en Europe — Lutter contre toutes les discriminations pour « Concevoir l’universel »

Emmanuel Macron répondait aujourd’hui aux questions de Têtu Mag pour défendre une vision des questions sociétales françaises qui repose sur l’universalité, le dialogue et la bienveillance. Aujourd’hui, en Europe, comment les droits LGBT+ sont-ils protégés, et en quoi le projet d’Emmanuel Macron s’inscrit-il dans le paysage européen ?

La liberté est au cœur du projet européen. Cette liberté, c’est celle qui fonde la démocratie européenne et qui offre à ses peuples des droits intangibles et inaliénables. Pourtant, ces libertés (de circuler, de s’établir, de consommer ou de vendre) sont trop souvent bafouées pour les individus LGBT+. Les propositions d’Emmanuel Macron dans cette interview correspondent à 25 ans de lutte européenne pour l’égalité des droits, et contre les discriminations. Si les Etats membres se situent encore à l’avant-garde sur ces questions, la tendance des gouvernements à considérer que la lutte pour l’égalité s’achève au moment de la reconnaissance des unions homosexuelles montre un risque de recul sur la protection des libertés.

25 ans de combat en Europe pour les droits LGBT+

Dès 1994, le Parlement européen a montré la voie de l’égalité et de la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle en adoptant la résolution sur l’égalité des droits des homosexuels et des lesbiennes dans la Communauté européenne.

5 ans plus tard, en France, les débats sur le PACS et la déferlante homophobe d’une frange rétrograde de la population française démontraient combien les français pouvaient se diviser sur les questions d’égalité. Oubliant de fait la devise qui nous unit : liberté, égalité, fraternité.

7 ans plus tard, en 2001, les Pays-Bas reconnaissaient le mariage entre personnes de mêmes sexes.

Cette décennie des années 1990 a été cruciale, partout en Europe, pour la dignité et la fierté des LGBT+, avec la légalisation de l’homosexualité dans tous les pays de l’Union. Aujourd’hui, l’Union européenne peut-être considérée comme le seul ensemble régional où l’homosexualité peut être vécue sans menace pour les libertés juridiques des individus.

La lutte contre l’homophobie dans l’Union européenne doit pouvoir garantir l’effectivité des droits pour chacun.e

A l’occasion de la Présidence maltaise de l’Union européenne, les autorités maltaises ont souhaité faire des droits LGBT+ un marqueur de leur mandat.

Un sommet exceptionnel, le 23 février 2017, à La Valette a présenté les résultats d’un sondage réalisé auprès de 93 000 personnes issues de la communauté LGBT au sein de l’UE. Il en ressort que 47 % d’entre elles ont été victimes de discrimination au cours des 12 derniers mois. 90 % des victimes disent ne pas avoir dénoncé ces discriminations à la police ou aux autorités. Près de 66 % déclarent avoir évité de se tenir la main en public, et 80 % rapportent avoir entendu des plaisanteries visant la communauté LGBT+. Enfin, 20 % des sondés affirment avoir été discriminés sur leur lieu de travail ou dans leur recherche d’un nouvel emploi.

Comme les violences et les discriminations à l’égard de la communauté LGBT+, les couples et les familles n’ont pas de frontières. La libre circulation des individus au sein de l’espace européen ne peut pas être remise en cause en raison de leur orientation sexuelle. Le projet familial des individus ne peut pas faire l’objet d’un traitement à géométrie variable dans l’UE.

En proposant la reconnaissance des enfants nés par GPA à l’étranger, Emmanuel Macron ouvre la voie à une filiation construite qui s’inscrit dans un projet familial. Combien de « bébés Thalys » ou de « bébés Eurostar » en France chaque année ? Et pour chacun de ces enfants, combien d’angoisses vécues par les familles à l’idée que leur enfant ne soit pas reconnu par les autorités françaises ?

En légalisant la PMA pour toutes, Emmanuel Macron propose aux femmes de bénéficier d’un encadrement médical au plus proche de leur quotidien. L’Espagne, la Suède ou encore la Belgique (entre autres États membres) offrent aux homosexuelles la possibilité de concevoir un enfant, la France ne ferait que rejoindre cette cohorte d’États. Et se faisant, Emmanuel Macron protège les femmes pour qui un suivi médical est nécessaire, et leur permet de vivre cette conception dans des conditions dignes, entourées de leurs proches et d’une équipe médicale prête à les suivre dans leur grossesse.

« Concevoir l’universel » pour appréhender une France diverse et indivisible

Alors que la France est ressortie profondément divisée des (trop) longs débats sur le mariage pour tous, et tandis qu’une frange agressive et conservatrice de la population française poursuit une lutte pour l’inégalité et la haine de l’autre, le candidat En Marche ! prône « une politique de la reconnaissance, de la considération » et de l’acceptation des différences. Seule une politique tenant compte du projet d’existence des individus sera à même de renforcer l’égalité en France et d’accompagner le dépassement de certains clivages.

La violence à l’égard d’une communauté, de toutes les communautés, ne peut en aucun cas être légitimée par une conception hétéronormée de la société. « L’orientation sexuelle n’est ni un choix, ni un luxe. »

Dans ce combat, l’Union européenne doit être en première ligne, pour que la protection de l’ensemble des citoyens de l’Union européenne devienne une réalité. Les mots de la ministre maltaise des Libertés civiles le 23 février interpellant ses homologues doivent être nôtres : il appartient à la classe politique de « faire évoluer l’opinion publique, et non de se laisser diriger par celle-ci ».

Sur ce point, Emmanuel Macron se pose aujourd’hui comme un leader politique qui souhaite « conduire un travail de pacification de la société et de lutte pour l’égalité des droits en application et en actes ».

Lutter pour les droits LGBT+ fait honneur à l’ensemble des français : c’est une lutte universelle pour davantage de libertés, d’égalité, et de fraternité. Ce combat ne connaît pas de frontières, de San Francisco à Moscou, mais l’Union européenne et la France peuvent à l’avenir constituer un havre de paix où toutes les différences trouveront leur place.

Pour aller plus loin : http://www.touteleurope.eu/fileadmin/_TLEv3/societe/dataviz_droits_des_homosexuels_dans_l_UE.pdf