#JesuisRH

Après 6 ans de pratique RH, l’heure est venue de faire un point sur ce premier step professionnel. J’ai toujours cru qu’il fallait choisir un job dans lequel on s’épanouissait, en fonction de son appétence naturelle. C’est donc en toute âme et conscience, que j’ai choisi RH car je voulais être au service des salariés . Non, non, ne riez pas. D’ ailleurs dans ma promotion, l’écrasante majorité avait choisi les RH avant tout pour cette raison. Ces 6 années ont été l’occasion de progresser à un poste stratégique en interne. Me permettant de côtoyer des confrères, d’être aux rdv stratégiques de la profession pour enrichir ma vision. Voici donc un bilan.

En entreprise : le moins que l’on puisse dire c’est que le RH est acculé : Il est considéré par la Direction comme trop proche des salariés et par les salariés comme un espion. Mais le pire reste à venir : en temps de crise, c’est son utilité qui peut être remise en cause. Dur dur…c’est peut être pour cela que plusieurs RH arborent cet air froid et distancié tant décrié par candidats et salariés. Peut être est ce une barrière?
A l’externe : les candidats également nous en font voir des vertes et des pas mûres. Voici un exemple dans le domaine du recrutement : sur 100 candidatures, en moyenne 10 seulement correspondent ( la pratique d’envoi systématique de CV à tout va dite “tactique du hameçonnage” s’étant très largement démocratisée )
Sur les 10 CV retenus : entre ceux qui ne se souviennent plus avoir candidaté, ceux dont le projet professionnel n’est pas en phase et j’en passe… seuls 5 seront prévus en rdv physique. 
Mais le calvaire du RH ( non, non, ne riez toujours pas) ne s’arrête pas là . Sur les 5 candidats programmés en entretiens :1 ne se présentera pas , 1 arrivera en retard. C’est donc la boule au ventre que le RH espérera qu’avec l’un des 3 candidats “ça le fasse”. le RH ayant une seule hantise : repartir de zéro.
Il y a quelques temps mon beau frère chéri, en toute innocence m’a posée une question qu’en fait tout le monde se pose (concernant les RH) : “ Excuse moi Edna, ne le prend pas mal mais en réalité vous servez à quoi? Comment par exemple, c’est à vous qu’est assigné la mission de recruter or l’opérationnel serait plus légitime? Ne te fâche pas, c’est juste une question:)”

En réalité , la vraie question n’est pas à quoi vous servez mais : à quoi vous voulez servir? Perso, j’ai choisi les RH car je reste convaincue du fait que le capital humain est une richesse en soit , elle nécessite une gestion particulière . En temps de crise, le RH est le partenaire central. Vous aurez beau investir dans des nouveaux logiciels et faire venir des investisseurs, si l’entreprise n’a pas un RH chef d’orchestre qui est là pour tenir compte de l’humain et le gérer, la transformation se fera à un prix très coûteux pour l’entreprise (dans le meilleur des cas). Dans les autres cas , la transformation ne se fera pas car sans adhésion des collaborateurs , l’entreprise deviendra une jungle, le lieu où chacun devenant individualiste pensera à la meilleure façon pour lui de tirer partie de la situation. Ceci même au détriment de l’entreprise.

Voilà ce que ces 6 ans m’ont appris ! Les RH, j’adore ça! Plus qu’une drogue, c’est une conviction. A l’ère de la défiance désorganisée, les RH ont le pouvoir de redonner du sens.
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