“Qu’espères-tu trouver là-bas” ?

En janvier dernier, je laissai derrière moi Paris, un poste confortable en agence de communication, ainsi que 99% de mes possessions matérielles. Adieu canapé, livres, vaisselle, mobilier. Je montai dans le TGV avec pour seuls bagages un sac à dos de 60L et un cabas. Quitte à changer de vie, autant ne pas en emporter les vestiges avec soi. Ce départ fut non seulement motivé par une allergie aigue à la vie Parisienne, mais aussi et surtout par l’envie de voyager.

Mes parents, mon inspiration

Lorsqu’ils avaient mon âge (24 ans), mes parents avaient une soif de découverte qui m’apparaît chaque jour comme un peu plus exemplaire. Ils parcoururent l’Amérique du Sud, s’installèrent aux Antilles, traversèrent l’Atlantique en voilier… et fabriquèrent des souvenirs qui nourrissent aujourd’hui leurs plus belles histoires.

Des histoires faites de fous rires & de galères, de rage & de passion.

Des histoires qu’ils me distillèrent avec précaution ; à chaque année son nouveau chapitre.

Des histoires que j’écoutais avec une oreille attentive, avide. Aucune vidéo filmée à la GoPro, ni selfies en pleine jungle. Rien que des mots.

Des mots qui bâtissent des histoires, des histoires qui me poussent aujourd’hui à vouloir exister plus fort. Car c’est bien de cela dont il est question.

Faire de sa vie une belle histoire

Si vous me demandiez ce que j’espère trouver en voyageant, je serais aujourd’hui en mesure de vous répondre. Je ne cherche rien, sinon la suite de mon histoire. Je réalise aujourd’hui que ce qui importe, c’est le plaisir que j’éprouve à rechercher. Que ce qui importe, c’est de ne pas rester inerte, de ne pas attendre sagement que la vie m’apporte ce que je pense mériter.

Le voyage commence aujourd’hui.

Voyager ne signifie pas nécessairement traverser les 7 mers en voilier. Voyager, c’est avancer. C’est se lancer sur un chemin, le coeur ouvert, alerte. C’est inscrire en soi des souvenirs que l’on prendra plaisir à revisiter, à réinventer, à ne jamais oublier.

“Qu’est devenue la mémoire des jours qui furent les tiens sur terre, et tissèrent joie et douleur, et furent pour toi l’univers ?”
Jorge Luis Borges