Le budget participatif à Metz : les habitants rivalisent d’imagination pour améliorer leur cadre de vie

Quelques jours avant mon emménagement dans le quartier Centre-Ville, j’ai répondu à un appel à idées envoyé aux habitants dans le cadre du budget participatif de Metz. Devançant de quelques jours mon nouveau statut de messine, je me suis prise au jeu ! Cette initiative de la Ville porte sur l’amélioration du cadre de vie urbain grâce aux idées des habitants eux-mêmes. Elle consiste d’abord à collecter des idées des habitants visant à améliorer le cadre de vie dans leur quartier, puis mettre en place un processus de sélection et d’affinage pour transformer les idées en projets, et enfin les financer à l’aide d’une enveloppe dédiée et les faire mettre en oeuvre par les services de la Ville. Le budget participatif est en passe de devenir une institution messine puisqu’il s’agit de sa troisième édition, et pourtant cela reste une initiative de démocratie locale assez originale à l’échelle française. Toutes les propositions sont directement visibles en ligne et permettent de comprendre les préoccupations des habitants de Metz et leur perception de leur cadre de vie. J’ai donc choisi de dédier un de mes premiers articles à ce sujet.

Après avoir présenté la plateforme en ligne, je vais présenter les thèmes récurrents ou originaux proposés par les habitants, et évoquerai enfin comment je me suis prise au jeu et ai présenté ma propre idée !

Un formulaire en quatre questions

Aux heures d’affluence sur Twitter comme sur les marchés de la Ville, l’adjoint à la citoyenneté et à la démocratie participative Thomas Scuderi n’a cessé de promouvoir le budget participatif de la ville de Metz et inciter les habitants à proposer leur idée pour améliorer leur cadre de vie, en remplissant un formulaire en ligne entre le 14 février et le 20 mars 2016. Le formulaire se trouve sur le site Internet de la Ville et est 100% responsive. https://metz.fr/jeparticipe/#!/proposer

Le formulaire est donc extrêmement simple dans la forme comme dans le fond. Il est organisé en cinq questions : votre identité (même si les idées s’affichent ensuite de manière anonyme), le quartier concerné par l’idée, le titre de l’idée (contraint par le nombre de caractères), puis l’explication détaillée de l’idée, et enfin une question liée à notre investissement à long terme dans le processus de budget participatif.

Enfin, les contributeurs ont la possibilité d’illustrer leur idée en joignant des photos ou documents en pièce jointe de leur texte.

Je trouve sa forme très intuitive et attractive mais regrette que les explications des idées ne puissent pas être guidées par davantage de questions du type : quel problème avez-vous identifié ? Quelles solutions voudriez-vous proposer ? Je trouve également dommage qu’on ne puisse pas interagir sur les idées apportées par les autres habitants, ne serait-ce que par un simple « d’accord » ou « J‘aime”. C’est ainsi qu’on se retrouve avec 15 idées sur le compost et une trentaine sur le vélo ! Il faudra les consolider dans un second temps alors qu’elles auraient pu être mieux structurées et coordonnées dès le départ, et qu’on aurait immédiatement vu le degré de soutien populaire que peuvent avoir les propositions. Or je pense que l’efficacité du dispositif et la production rapide de projets d’excellente qualité pourrait être favorisée dès la première phrase du projet via l’intelligence collective et le vote populaire.

Comment se présentent les propositions ?

Comme je l’ai mentionné plus haut, les propositions s’affichent en ligne sous la forme d’une grille. Elles sont classées selon le quartier qu’elles concernent ou leur date de mise en ligne. On peut aussi faire une recherche d’idées par mots-clés. L’intitulé comme le détail sont assez succincts : un titre très (trop?) lapidaire, et des paragraphes explicatifs souvent courts, peu argumentés et peu détaillés. Mais le balayage des titres et des contenus des idées donne un bon aperçu des préoccupations des Messins liés à leur cadre de vie, et donne à voir en creux leur portrait.

Des Messins encore inspirés, même après trois ans !

Selon la Ville, la première édition en 2014 avait récolté 287 propositions pour 47 projets réalisés, et l’édition de 2015 a vu éclore 748 propositions pour 57 projets retenus. Comme indiqué sur le site de la Ville, “Forte de ce succès, la Ville de Metz reconduit le dispositif du 14 février au 3 novembre 2016. 900 000 € seront investis pour réaliser des projets proposés directement par vous, dans vos quartiers ou pour toute la Ville, pour améliorer le cadre de vie des messins. »

La première phase du budget participatif 2016 s’est donc achevée le 20 mars, et le processus de précision et sélection des projets va se poursuivre jusqu’en novembre 2016, avec la perspective de réunions publiques au sein des Conseils de quartier, et d’un vote en ligne pour désigner les projets lauréats.

Cette troisième édition a rassemblé 760 propositions en un mois : https://metz.fr/jeparticipe/#!/idees.

Voici mes sept propositions préférées :

  1. améliorer et dynamiser le centre-ville (quartier Centre Ville) — un véritable programme pour un centre ville du XXIème siècle :
“Afin de redynamiser le centre ville de Metz, je propose le détournement des bus qui passent rue Serpenoise, rue des Clercs, En Fournirue et de la navette qui passe rue Tête D’or. Proposer une alternative avec une navette électrique qui desservira les lieux historiques de Metz (Gare, Pompidou, Place Saint Louis, Place d’Armes, Place de la Comédie, Porte des Allemands, Tcrm-Blida…). (…) Aider les créateurs d’entreprises à développer leurs projets pour redynamiser notre ville, créer ou développer des concept store comme le « Cowork’in » ou le « Coffice », le bistrots parents enfants, des bars à thème, améliorer la qualité du séjour des clients, tout cela passe forcément par une optimisation de l’image de la ville (animation du centre-ville, tranquillité/sécurité, propreté). Développer les pistes cyclables, les vélos en libre service dans des lieux stratégiques de la ville, desservir le Waves par voie fluviale, organiser des jeux de pistes et des chasses au trésor sur l’Histoire de Metz (http://france-geocaching.fr/) , voilà quelques idées en vrac … (…) Développer un des parcs du centre-ville de Metz avec des allées de balade, des aires de jeux pour les enfants, un parc animalier, un petit train en complément du Jardin Botanique. (…) Organiser un vide grenier chaque année sur la Place Saint Louis mais uniquement entre particuliers et commerçants, développer les bourses d’échanges, les vide-dressing, créer une recyclerie, accueillir les salons ID Créatives, « Les Journées du Fait-Main », « Le Noël des Créateurs » Redynamiser la ville de Metz permettrait de maintenir et créer de l’emploi afin d’améliorer la qualité de vie et d’augmenter la population de Metz.”
2. du street art dans toute la ville — les prémisses d’une politique culturelle messine ?
“L’objectif est d’inviter des artistes de la région, de France et même de l’étranger pour décorer certaines façades à différents endroits de la ville. Cela redonnerait de la couleur et de la gaieté à certains endroits tristes et grisâtres de la ville. Cela a déjà été organisé à Paris et dans d’autres villes. En effet, il y a très peu de murs peints comme la façade du Graoully à Metz (1 rue Lothaire), qui a malheureusement mal vieilli, sûrement dû aux matériaux utilisés. Bien sûr, les thèmes et projets seraient bien accompagnés afin que les œuvres soient accessibles à tous. Un jeu de piste avec les différents murs pourraient être mis en place.”

3. des stickers pour repérer les bons plans de sortie le dimanche et le lundi — pour ceux qui aiment faire la fête 7 jours sur 7

“La proposition est d’offrir des gros autocollants jaunes (façon logo de la ville) en forme de cœur (avec marqué DIMANCHE SOIR FRIENDLY! ou LUNDI SOIR FRIENDLY!) aux restaurateurs/bars ouverts les dimanches et/ou lundis soir… car c’est très compliqué de savoir qui est ouvert ces soirs là.”

4. le compost pour nourrir les plantes de la Ville :

“Vu que Metz est une ville fleurie (panneau visible lors de la sortie de l’autoroute vers le centre ville), il serait utile de mettre en place des bennes à compost afin d’employer celui-ci pour les plantes de Metz. Il faudrait mettre un place soit un système de ramassage des déchets ménagers pouvant être recycler, soit des bennes collectives. Le compost serait ramassé et transporté vers un lieu où il pourra être conservé le temps de la décomposition des déchets. Il serait bien aussi de bien préciser aux habitants ce qui peut être composté ou non (par exemple éviter la viande). Je pense que c’est un plus pour la ville, car elle disposera ainsi d’un engrais naturel. De plus, cela permettrait aussi une baisse des ordures ménagères.”

5. Vrac en sac (quartier Centre Ville) — un magasin à 0 emballage en phase avec le projet Metz Territoire Zéro Déchet :

“Je souhaite contribuer à la planète en diminuant les déchets et en réduisant le gaspillage alimentaire en ouvrant un magasin d’alimentation de proximité avec des produits vendus exclusivement en vrac. Les produits sont des denrées de la vie courante (farine, sucre, légumineuses, céréales, confiseries, etc.) et même des produits d’entretien. Ce concept est tout à fait innovateur à Metz car il n’existe à ce jour aucun autre magasin qui vend la totalité de ses produits en vrac (exception faite d’un magasin qui ne vend que des bonbons). Ce concept peut intéresser un large public, entre autre les étudiants soucieux de faire des économies en achetant moins cher (car pas de marque sur les produits) en moins grande quantité et également soucieux de l’environnement, à des consommateurs aspirant à un mode de consommation plus durable ou à des personnes âgées, qui achètent en petites quantités. (…) Le quartier des Allemands non loin du centre ville et des grands parkings, est un lieu de passage très fréquenté en pleine croissance qui correspond tout à fait à l’état d’esprit de ce commerce. Plusieurs locaux à louer dans la rue des Allemands correspondent aux critères nécessaires: grande vitrine visible, superficie etc…”

6. le jardin participatif en pot dans une dent creuse (quartier Centre Ville) — égayer, verdir, relier les personnes

“L’idée consiste à créer un jardin participatif dans une dent creuse se trouvant rue des Murs. Il y a, à l’heure actuelle, deux petites parcelles non construites dans cette rue. Elles sont laissées à nu et sont très minérales et quelque peu anxiogènes. Elles pourraient devenir un véritable coin de paradis où les habitants, les passants pourraient profiter d’un petit espace foisonnant de vie par la biodiversité des plantes présentes et par la vie participative qui s’y déroule. Chaque personne, qui le souhaite, pourrait ainsi planter une plante ou venir entretenir ce petit jardin en pots ou simplement profiter d’un moment de nature, pour prendre son déjeuner, discuter ou lire un livre. Ce petit espace de verdure pourrait apporter un moment de relaxation et d’écologie, ainsi il serait à la fois un outil de bien-être pour les messins et sensibiliserait ces derniers à l’écologie ainsi qu’au développement durable. Cela fait écho à l’Institut Européen d’Écologie se trouvant à quelques pas de là.”

7. les murs de la gentillesse (sur tous les quartiers de la ville) — quand les murs égayent et rassemblent au lieu de diviser

“Les murs de gentillesse ou murs de dons, permettent, à peu de frais (de la peinture et des patères suffisent) de créer des lieux de partage où chacun peut laisser aux personnes dans le besoin ici un pantalon, là un manteau… Au lieu de séparer les gens, comme habituellement, les murs ici les rapprochent. Les Messins s’entraideraient contre la morosité économique et le gris du ciel… Avec un peu de couleurs “flashy” pour le fond, cela peut même créer des espaces très graphiques.”

D’où vient l’inspiration des contributeurs ?

Leur première source d’inspiration est bien sûr leur sens de l’observation dans les différents quartiers de résidence, de sorties ou de balade.

Certains prennent leur inspiration dans une obsession pour un thème pragmatique « Mon idée est assez simple : de la sécurité » ainsi détaillé “Cela permettrait, j’en suis sûr, de la sérénité pour les habitants, ainsi que pour les passants. Cela pourrait se mettre en place avec des organismes privés qui seraient en collaboration avec les forces de l’ordre. Je pense que la sécurité permettra plus de liberté.”, ou idéaliste : « La permaculture permet de lier les activités, la méthode Montessori et les animaux peuvent également participer à des activités dans le cadre de la permaculture. Résilience et autonomie apprise aux enfants ne peuvent être que favorable pour l’avenir d’une ville, comme d’une nation ! ».

D’autres encore aimeraient institutionnaliser des initiatives portées par des associations culturelles ou solidaires (notamment une qui donne des cours de français aux migrants).

Plusieurs idées consistent à importer des idées mises en place dans d’autres villes : le système de compost à Nancy, la charte du bruit à Pau, les boîtes à dons d’Angers, Lyon et Nantes…

Enfin, quelques habitants en profitent pour interpeler directement les élus, soit en prenant au mot leurs engagements « …élus verts », soit en s’inscrivant dans les labels de Ville fleurie et d’Agenda 21 de la Ville et de zéro déchet pour Metz Métropole, soit en exprimant un sentiment d’isolement, une impression de délaissement de la part des élus : «… »

A ville verte, citadins ultra-verts !

Manifestement, les Messins portent des préoccupations écocitoyennes touchant la mobilité, la préservation de la biodiversité et le déploiement de pratiques de compost.

Il y a d’abord une envie unanime de faciliter les déplacements à pied et à vélo dans Metz. 44 idées proposent des aménagements piétons. 28 propositions portent sur l’aménagement de pistes cyclables et abris à vélo, mais aussi la sécurisation des déplacements cyclistes. La voiture n’est pas ouvertement chassée, mais les déplacements automobiles doivent être plus lents et sécurisés avec la suppression des places de stationnement et l’instauration de ralentisseurs. C’est particulièrement frappant dans les quartiers de Magny et de la Nouvelle Ville.

Les habitants montrent aussi une certaine exigence sur le verdissement de la Ville comme moyen d’embellir et d’insonoriser certaines rues, ainsi que sur la gestion écologique des espaces, avec la proposition de laisser une friche naturelle sur le Parc de la Cavalerie ou encore … faire venir des chèvres sur le Fort de Queuleu ! L’arbre de la Place Saint-Nicolas, situé en Centre Ville sur une place en gros travaux de rénovation et réaménagement, fait à lui tout seul l’objet d’une proposition. Tout un symbole !

Enfin, le compost revient dans 15 propositions ! La mise en place de composteurs et bennes à compost est une idée récurrente qui concerne tous les quartiers. Les habitants rappellent que cette pratique a été évoquée dans le journal de Metz Métropole, et interpellent les élus verts de Metz sur leur action à ce sujet. Montrant leur volonté de poursuivre et amplifier cette dynamique, ils proposent de s’inspirer de Nancy pour l’installation de composteurs collectifs sur tous les quartiers, en pied d’immeuble ou dans les espaces verts, avec la diffusion d’information aux habitants et la collecte par la Ville. Puis les propositions divergent quant à l’utilisation du compost : la redistribution aux habitants ou l’utilisation par les Services pour l’entretien de la végétation sur les espaces publics.

Voilà les prémisses d’une économie circulaire qui ne dit pas son nom… mais qui est pensée par les habitants. C’est bien la preuve que le slogan “Metz ville verte” n’est pas un vain mot, et que les citoyens prennent les engagements écologiques de leurs élus au pied de la lettre !

Metz : colorée le jour, belle endormie la nuit ?

Les Messins sont aussi demandeurs d’embellir la Ville de jour comme de nuit, conformément à l’intention initiale du budget participatif qui est d’améliorer le cadre de vie dans les quartiers. Ou, comme le demande une habitante du Centre Ville, de « vivifier et embellir mon quartier ».

Concernant le jour, les demandes sont unanimes pour permettre à chacun de profiter de l’espace public par l’aménagement de petits espaces et équipements : aires de jeux pour les enfants, bancs pour les personnes âgées, parcours de santé pour les sportifs du dimanche, mais aussi murs de la gentillesse ou encore boite à dons en faveur des personnes les plus démunies.

L’art est parfois appelé à la rescousse pour embellir de grands murs gris ou délabrés grâce aux talents de street artistes ou d’enfants, bref, de gens capables d’apporter de la couleur ! Une idée portant sur la mise en place d’un jardin participatif en pots dans une dent creuse a même été joliment illustrée, voyez plutôt : https://metz.fr/fichiers/2016/02/18/Photo_n1___Rue_des_Murs.jpg.

Une proposition de signaler les restaurants et bars ouverts les dimanche et lundi à l’aide d’un sticker particulier me semble super originale et intéressante ! Les touristes ne sont pas tout à fait oubliés dans les propositions : une proposition consiste à renforcer la signalétique précisant dans quel quartier de Metz on se trouve, une autre consiste à mettre en place un lieu d’accueil pour les touristes allemands permettant de les informer des offres culturelles et des offres des producteurs locaux.

Pour la nuit, les Messins proposent de mettre en place des éclairages nocturnes pour des monuments comme le Fort de Queuleu, la Tour de l’ancien temple protestant de garnison ou le Mémorial de la résistance et la déportation — en précisant bien qu’ils doivent se faire en LED ! La vie nocturne de Metz fait l’objet de demandes contradictoires, avec l’envie de faire de Metz une… belle endormie. La ville serait embellie par les propositions d’éclairage, mais devra rester silencieuse en prévenant le bruit des noctambules via des chartes du bruit ou encore des patrouilles de police…

Des idées en faveur d’une consommation responsable … et ma pierre à l’édifice

L’écrasante majorité de propositions porte sur des aménagements éco-citoyens, sécuritaires ou esthétiques permettant d’embellir le cadre de vie. Toutefois, quelques propositions se sont aussi glissées parmi les 461 idées en faveur d’une consommation plus responsable comme mettre en place un stand écolo sur le marché, créer un marché locavore, créer une monnaie locale, ou encore ouvrir une épicerie Vrac en sac (magasin d’alimentation de proximité avec des produits vendus exclusivement en vrac). C’est dans ce sens que j’ai apporté mon idée. Malheureusement, elle ne concerne pas le cadre de vie messin puisque je ne le connais pas encore suffisamment… Mais j’espère qu’elle attirera l’attention des services ! Elle porte sur le soutien politique, technique et financier de la Ville de Metz à la création d’une coopérative Enercoop en Lorraine, pour offrir aux habitants la possibilité de bénéficier d’un fournisseur d’énergie 100% renouvelable et local.

Cantonner la créativité citoyenne au seul sujet du cadre de vie ?

Je termine donc cet article en m’interrogeant sur l’opportunité de cantonner la créativité citoyenne au seul sujet du cadre de vie, et sur la capacité du budget participatif de Metz à faire émerger l’intelligence collective et l’empowerment. En effet, le sujet du cadre de vie glisse très facilement dans le caniveau au sens propre du terme, à savoir qu’on y parle spontanément de trottoirs, nids de poule et de déjections canines.

La forme très individualiste et anonymisée des contributions ne permet pas de voir si les personnes à l’origine des propositions sont des citoyens lambda, ou des individus déjà politisés, ou des organisations en démarche de lobby. Elle ne permet pas non plus de faire émerger des collectifs d’idées puisqu’elle maintient chacun dans son syndrome NIMBY (Not in my backyard), en cantonnant les gens à leur quartier, voire à leur rue.

Est-ce par là qu’on doit commencer si l’on veut faire émerger des propositions d’intérêt général, capables d’accoucher d’une vision politique pour l’avenir de Metz et l’amélioration du vivre ensemble ? Ce n’était sans doute pas l’objectif de cet appel à idées, du moins pas à ce stade. Plus généralement, je me demande s’il vaut mieux attribuer un thème précis et pragmatique aux budgets participatifs (comme celui du cadre de vie) ou s’ils pourraient laisser les citoyens s’exprimer sur ce qui leur semble urgent et important, dans le cadre des compétences de la collectivité porteuse du dispositif ?

Et vous, que feriez-vous si vous aviez 900 000 euros entre les mains pour améliorer votre cadre de vie ?