Bureau de traduction certifié ISO : une plus-value. Ou pas.

Deux normes ISO sont en vigueur dans le secteur de la traduction : EN 15038 et ISO 17100:2015. Sans oublier la norme ISO 9001. Les deux premières stipulent notamment que le bureau de traduction est tenu de prévoir une phase de révision, c’est-à-dire qu’un second traducteur doit comparer la traduction avec l’original.

Cependant, l’an dernier, j’ai constaté qu’un grand bureau de traduction certifié ISO ayant pignon sur rue, et pour lequel je traduis régulièrement, avait livré ma traduction au client sans révision, à l’insu de ce dernier. Qui plus est, le client avait exigé une qualité irréprochable, car il s’agissait d’un document crucial, mais ledit bureau de traduction n’en avait pas tenu compte, avec toutes les conséquences qui en découlent.

D’expérience, je sais que certains font quelques entorses à cette phase de révision (et à la certification ISO par la même occasion). J’ai donc décidé de passer au crible les bureaux de traduction, certifiés ISO ou pas, pour qui j’ai travaillé en 2017.

Mes clients-bureaux de traduction

Même parmi les bureaux de traduction avec qui je collabore, je sais que certains ne sont pas très regardants sur la révision, même si la plupart se targuent de respecter ces normes sur leur site Internet.

  • Chez mon principal client, une agence de traduction germanophone certifiée ISO, la révision n’est pas systématique, sans que le client en soit averti.
  • Je sais qu’un autre grand bureau allemand est certifié ISO, comme l’attestent ses mentions en signature et son site Internet. Il affirme même haut et fort qu’un « second traducteur qualifié » fait office de réviseur, mais je sais qu’aucune des traductions que j’ai effectuées pour eux n’a été révisée par un confrère ou une consœur néerlandophone. Le bureau effectue un contrôle qualité avec son programme de traduction et ça s’arrête là.
  • Un grand bureau suisse certifié ISO envoie mes traductions au client sans y changer un iota. Le client est-il au courant que son texte n’est plus relu par un second traducteur ? Je l’ignore.

Sur les 33 bureaux de traduction certifiés ISO avec qui j’ai travaillé cette année (de janvier à août) :

  • neuf effectuent bel et bien une révision (dont deux n’ont pas la certification ISO) ;
  • quinze procèdent à des révisions aléatoires, au su ou à l’insu du client ;
  • neuf ne révisent jamais mes traductions.

Les traducteurs indépendants pour qui j’ai travaillé cette année prévoient tous une phase de révision. Pourtant, aucun d’entre eux n’a la certification ISO.

Mon conseil : demandez expressément si une révision est prévue et faites si possible contrôler la qualité de la traduction finale par un locuteur natif (un employé, un client ou un fournisseur dont c’est la langue maternelle). Pourquoi ? Parce que les paroles s’envolent, mais les écrits (courriels et sites Internet) restent.

Ou choisissez simplement un traducteur indépendant, gage de qualité. Même si, en théorie, nous ne sommes pas tenus de prévoir une révision, la plupart ne font pas l’impasse sur cette étape, car nous voulons éviter de propager des textes entachés d’erreurs.

Pour nous, traducteurs indépendants, c’est la qualité qui prime. C’est notre carte de visite. Livrer des traductions de qualité, tel est notre credo.