Un genou à terre. Ou comment trois cambriolages successifs ont mis à mal notre entreprise.

Je n’ai aucune idée de l’issue de cet article. Ni de ce que je vais vraiment y raconter… Ce soir, j’ai juste envie d’une chose. Exprimer cette profonde tristesse et ce goût amer qui m’anime après cette journée de trop, à subir les conséquences d’une délinquance gratuite.

Il y a quasiment 5 ans maintenant, mes associés et moi avons décidé d’installer le “QG” de notre future entreprise dans ces bureaux. Un endroit calme, lumineux, où nous nous projetions avec le sourire aux lèvres et les yeux qui brillent. C’est dans l’enceinte de cette ancienne école primaire que nous avons donné naissance à cette belle aventure qu’est Impala Webstudio.

Cinq ans plus tard, notre logo trône fièrement sur la porte d’entrée. À l’intérieur, une fabuleuse équipe, qui accompagne avec réussite des entreprises de toutes tailles et de tous horizons dans la conception de leurs projets digitaux. Nous travaillons avec passion. Avec humilité. Animés par une envie commune d’avancer.

Bref, nous faisons notre petit bonhomme de chemin.

Jusqu’au 30 juin 2015. Ce jour-là, de petits malins ont décidé de briser en l’espace de quelques minutes tout le fruit de nos efforts. Porte fracturée, double vitrage explosé. Il ne restait simplement plus rien. Nos bureaux venaient d’être dévalisés, et nos outils de travail envolés. Ce jour-là, j’ai maudit ces stupides voleurs comme jamais.
La gorge nouée et le coeur lourd, les larmes aux yeux de voir tant d’efforts voler en éclats.

Une fois la rage passée, et une volonté de rester debout quoi qu’il arrive, s’en suit alors une série interminable de démarches, de coups de téléphone et de courriers. Dépôt de plainte, déclaration de sinistre auprès des assurances. Puis évaluer le montant des dégâts. Réaliser seconde après seconde l’impact de la chose. Près d’une dizaine de milliers d’euros volés, une production stoppée du jour au lendemain. Nous nous étions prémunis fort heureusement contre les pertes de données.

Mais on se serre les coudes. Tenir bon. Avancer. Malgré tout…

Et puis deux semaines plus tard, alors que nous nous débattions auprès de notre assurance pour obtenir l’indemnisation des biens volés, rebelote. Nouvelle effraction. Vitrage brisé, bureaux fouillés. Par “chance” sans doute, l’indemnisation de l’assurance tardait, et nous n’avions pas encore racheté le matériel. Rien n’avait donc été volé. Nos malfaiteurs sont repartis bredouilles.

Bredouilles. Oui, certes. Mais ils ont semé derrière eux une rage indicible. Et ont enclenché par leurs actes stupides, les rouages d’un système désarmant.

Naïfs que nous sommes…

Après de longues et pénibles relances, le montant de l’indemnisation accordée par notre assurance nous parvient. Ce jour-là, déjà abattue par les événements, je tombe de haut. Notre précieuse garantie “valeur à neuf” contractée à la création de l’entreprise excluait en réalité purement et simplement… le matériel informatique.

“_ C’était pourtant indiqué dans les Conditions Générales de votre contrat.
_ J’aurais donc signé ces Conditions en toute connaissance de cause ?
_ Sans doute. Ces Conditions ne sont pas soumises à signature.”

Naïfs que nous sommes…

Après le deuxième sinistre, on vous fait vite comprendre que la faute est pour beaucoup sur vos épaules. “Pas de système d’alarme ? Hmmm, vous auriez dû y songer…”. “Vous n’avez toujours pas installé de volets ou de barreaux aux fenêtres ?” (désolée, à deux semaines d’intervalles et un propriétaire aux abonnés absents, non, je n’ai pas “réussi” à prendre toutes ces mesures miraculeuses).

Des “barreaux aux fenêtres”. Si j’avais imaginé qu’en créant mon entreprise, j’aurais été contrainte un jour de travailler derrière des “barreaux”. Quelle magnifique liberté d’entreprendre.

Cette situation me file la nausée.

Le coup de grâce nous sera porté lorsque notre conseiller bancaire nous annonce que l’indemnité d’assurance, déjà bien mince, qui nous a été accordée, sera… imposée.
Ajoutez également à cela une augmentation de cotisation d’assurance et la menace d’être “éjecté” au prochain sinistre. Parfait !

Rappelez-moi, qui est la victime dans cette histoire ?

Naïfs que nous sommes…

Jamais deux sans trois

Nouvel épisode quelques semaines plus tard. Cette fois, ce seront nos voisins qui subiront le même sort. Même procédé, même type de matériel volé. On prend les mêmes et on recommence. Et puisqu’on peut agir en toute liberté, dans un quartier d’entreprises complètement déserté le week-end, pourquoi s’en faire ?

Lundi 21 septembre. 3ème effraction.

Tout l’immeuble cette fois sera touché. 3ème effraction pour nous. La 5ème au total, en l’espace de quelques semaines.

Partir ? Bien sûr. On en rêverait. Mais dans un système où des voleurs peuvent agir en toute impunité, les circonstances d’un triple cambriolage ne suffisent pas à justifier notre départ et à nous “libérer”.

Bail commercial il y a, bail commercial tu honoreras. Quoi qu’il arrive.