AUX MONDIAUX PETIT BASSIN DE WINDSOR, LES ABSENTS N’AVAIENT PASTOUT A FAIT TORT

E SUD-AFRICAIN CHAD LE CLOS, PAPE DU PAP’, FRÔLE SON RECORD MONDIAL.

Éric LAHMY

Mercredi 7 Décembre 2016

Le titre de la meilleure présentation des mondiaux en petit bassin de Windsor, Ontario, Canada, pourrait être attribué, en toute subjectivité, à Craig Lord, qui, sur son site SwimVortex, s’est amusé à compter tous les grands nageurs absents à la compétition. A peine trois mois et demi après les Jeux olympiques, difficile de retrouver tout le monde à un bon niveau, sans parler du meilleur.

L’élite est aujourd’hui, d’une certaine façon, me semble-t-il scindée en deux : d’un côté, les professionnels, dont le statut permet une présence tout le long de l’année dans les compétitions qui comptent ou dans celles qui rapportent. Bien entendu, le modèle abouti de ce type de nageur est la Hongroise Katinka Hosszu ; on compte dans ces rangs de pros le Russe Vladimir Morozpv et le Sud Africain Chad LeClos. De l’autre côté, les « amateurs ». Aux Etats-Unis, une forme d’amateurisme « forcé » existe, qu’on a pu représenter voici deux ans avec Melissa Franklin et dont le porte-flambeau actuel est une autre américaine, Katie Ledecky. Personnes d’un talent exceptionnel, qui n’attendent pas de la natation qu’elle leur permette de vivre (encore que Franklin s’y est mise) et préfèrent mettre en avant le type de formation qu’offre l’université.

On sait quel type de nageur promeut la FINA, avec une constance, voire un entêtement digne d’une meilleure cause. En 2016 encore, l’organe faîtier de la natation a reconnu comme meilleure nageuse Katinka Hosszu. Déjà en 2014 et en 2015, c’était une forfaiture, que Craig Lord, lui encore, n’a pas manqué de souligner. Il va sans dire qu’Hosszu est une grande nageuse, et sans doute la deuxième nageuse de monde, mais offrir la couronne de la « signora una » à quelqu’un d’autre que Katie Ledecky est une plaisanterie d’un goût douteux.

Bref, on ne s’appesantira pas là-dessus ; la FINA est, par moments, un organe pathétiquement hors du coup, hors des clous de toute sportivité, qui réintroduit aussi aux jeux olympiques une flopée de nageurs dopés surtout parce qu’ils appartiennent à des pays dont elle a besoin pour ramasser les primes des organisations qu’elle vend à prix d’or.

A Windsor, le vainqueur du 400 mètres messieurs est Tae-hwan Park (autre miraculé de l’antidopage) qui a dominé la course car à un sens aigu de l’égalité d’allure et un robuste finish. Park a amélioré son record personnel de plus de deux secondes (de 3’36s88 à 3’34s59) et son second Krasnykh le record de Russie. Jordan Pothain, qualifié avec brio, était condamné à la place qui fut finalement la sienne, dans un temps correct pour lui.

Sur 200 mèttres papillon Chad Le Clos a mené de bout en bout, et l’a emport dans un temps de belle facture, à deux dixièmes de son record mondial. Deuxième, l’Américain Tom Shields, grillait au sprint le Japonais Daya Seto, lequel restait à plus d’une seconde de son record personnel, 1’48s72 (deuxième temps mondial).

Le 200 mètres quatre nages, gagné par le Chinois Shun Wang, souffrait de l’absence des ténors de ces dernières année, Lochte, Hagino, Cseh, Townsend.

Le relais quatre fois 100 mètres revenait à l’équipe russe, facile triomphatrice devant un quatuor français « à reconstruire », et dans lequel il avait manqué un « quatrième » féru de sprint. Jordan Pothain, qui jouait ce rôle, est un demi-fondeur, et on le vit bien quand il céda quatre mètres face à Morozov, dans son parcours, qui scellait la victoire russe.

Côté filles, Katinka Hosszu tentait un double, entre le 200 libre et le 400 quatre nages. Mais elle ne put totalement abouti dans son projet ; Federica Pellegrini, qui s’était laissée mener par le bout du nez pendant les trois quarts de son 200 mètres, reprenait l’avance de la Hongroise, puis gagnait nettement. Hosszu, qui avait pris l’option de partir très vite, tombait à court de comburant, et se trouvait menacée sur la fin par la Canadienne Taylor Ruck, laquelle pulérisait le record du Canada.

Hosszu, en revanche, n’avait pas d’adversaire sur 400 quatre nages, et gagnait avec trois ou quatre longueurs. Les Américaines gagnaient le relais quatre fois 100 mètres où Kelsi Worrell signait un très joli 51s04 (lancé). Derrière elle, c’est la championne olympique de Londres néerlandaise Ranomi Kromowidjojo qui nageait le plus vite, 51s36, également lancée. A retenir aussi les 52s16 au start de la jeune Japonaise Rikako Ikee… Le quatuor français eut le mérite d’atteindre la finale, où tout espoir de médaille lui était barré.

MESSIEURS.- 400 mètres : 1. Tae-hwan PARK, KOR, 3’34.59 (24.77, 52.28, 1’19.76, 1’47.33, 2’14.53, 2’41.90, 3’08.81); 2. Aleksandr KRASNYKH, RUS, 3’35.30; 25.15, 52.34, 1’19.74, 1’47.04, 2’14.47, 2’41.66, 3’08.88; 3. Peter BERNEK, HUN, 3’37.65; 4. Wojciech WOJDAK, POL, 3’37.90; 5. Jordan POTHAIN, FRA, 3’39.35 (en séries, 3’39s31); 6. Maarten BRZOSKOWSKI, NED, 3’39.91; 7. Zane GROTHE, USA, 3’40.20 (en séries, 3’38s70); 8. Stephen MILNE, GBR, 3’43.63 (en séries, 3’40s87). En séries, Joris BOUCHAUT, FR, 40e, 3’49s55.

200 m papillon : 1. Chad LE CLOS, RSA, 1:48.76 (24.28, 52.82, 1:21.57) ; 2. Tom SHIELDS, USA, 1:49.50 (24.82, 53.19, 1:20.99) ; 3. Daiya SETO, JPN, 1:49.97 (24.57, 52.92, 1:21.03) ; 4. Aleksandr KHARLANOV, RUS, 1:51.41 (en séries, 1’51s03) ; 5. Leonardo DE DEUS, BRA, 1:52.65 ; 6. Viktor BROMER, DEN, 1:52.68 (en séries, 1’51s87) ; 7. Pace Talmadge CLARK, USA, 1:53.15 (en séries, 1’51s68) ; 8. Nao HOROMURA, JPN, 1:53.64 (en séries, 1’53s05).

200 m 4 nages : 1. Shun WANG, CHN, 1’51s74 (24.16, 52.13, 1:24.78) ; 2. Philip HEINTZ, GER, 1’52s07 ; 3. Daiya SETO, JPN, 1’52s89 ; 4. Josh PRENOT, USA, 1’52s91; 5. Kirill PRIGODA, RUS, 1’53s47; 6. Mark SZARANEK, GBR, 1’54s45 (en séries, 1’53s77); 7. Takeharu FUJIMORI, JPN, 1’55s51 (en séries, 1’54s37); 8. Andreas VAZAIOS, GRE, 1’55s80 (en séries, 1’54s30).

4 fois 100 mètres : 1. Russie, 3’5s90 (Nikita LOBINTSEV, 47s34, Mikhail VEKOVISHCHEV, 46s96, Vladimir MOROZOV, 45s42, Aleksandr POPKOV, 46s18 ; 2. FRANCE, 3’7s35 (Clément MIGNON, 46s91, Jeremy STRAVIUS, 46s21, Jordan POTHAIN, 47s90, Mehdy METELLA, 46s33); 3. Australie, 3’7s76 (Brayden MCCARTHY, 47s57, Daniel SMITH, 46s84, David MORGAN, 47s48, Tommaso D’ORSOGNA, 45.87); 3. Etats-Unis, 3’7s76 (Michael Hunt CHADWICK,47s56, Tom SHIELDS, 46s59, Paul Quinn POWERS, 47s59, Blake PIERONI, 46s02); 5. Japon, 3’9s75 (Shinri SHIOURA, 47s48, Kenta ITO, 47s10, Kosuke MATSUI, 47s66, Katsuhiro MATSUMOTO, 47s51); 6. Pays-Bas, 3’9s87, Nyls KORSTANJE, 47s59, Ben SCHWIETERT, 47s83, Dion DREESENS, 47s40, Kyle STOLK, 47.05); 7. Canada, 3’9s96 (Yuri KISIL, 47s03, Markus THORMEYER, 47s57, Evan VAN MOERKERKE, 48s05, Javier ACEVEDO, 47s31); 8. Belarus 3’12s77 (Yauhen TSURKIN, 48s43, Anton LATKIN, 48s07, Viktar STASELOVICH, 48s50, Artsiom MACHEKIN, 47s77).

DAMES.- 200 mètres: 1. Federica PELLEGRINI, ITA, 1:51.73 (26.64, 55.01, 1:23.61); 2. Katinka HOSSZU, HUN, 1:52.28 (25.98, 54.32, 1:23.04); 3. Taylor RUCK, CAN, 1:52.50 (26.36, 55.02, 1:23.7); 4. Veronika POPOVA, RUS, 1:53.39; 5. Mallory Elizabeth COMERFORD, USA, 1:53.79 (en séries, 1’53s71) ; 6. Katerine SAVARD, CAN, 1:54.21; 7. Leah SMITH, USA, 1:54.49; 8 Manuella LYRIO, BRA, 1:55.51 (en séries, 1’55s19).

400 m 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 4:21.67 (27.94, 59.69, 1:32.94, 2:5.61, 2:42.53, 3:20.38, 3:51.35) ; 2. Ella EASTIN, USA, 4:27.74 ; 3. Madisyn COX, USA, 4. Hannah MILEY, GBR, 4:27.86 ; 5. Mireia BELMONTE, ESP, 4:32.98 (en séries, 4’31s14) ; 6. Yui OHASHI JPN, 4:33.07 (en séries, 4’32s20) ; 7. Barbora ZAVADOVA, CZE, 4:37.79 (en séries, 4’32s06). En séries, Anh Vien NGUYEN , 4’32s19, disqualifiée en finale.

4 fois 100 mètres : USA , 3’28s82 (Amanda WEIR, 52s95, 52.95, Kelsi WORRELL, 51s04, Madison KENNEDY, 52s84, Mallory Elizabeth COMERFORD, 51s99) ; 2. Italie, 3’30s28 (Erika FERRAIOLI, 53s51, Silvia DI PIETRO, 52.06, Aglaia PEZZATO, 52s52, Federica PELLEGRINI, 52s19) ;3. Pays-Bas, 3’31s10 (Maud VAN DER MEER, 53.48, Marrit STEENBERGEN, 53s17, Maaike DE WAARD, 53s09, Ranomi KROMOWIDJOJO, 51.36); 4. Australie, 3’31s21 (Brittany ELMSLIE, 52s29, Carla BUCHANAN, 53s17, Jemma SCHLICHT, 53s75, Emily SEEBOHM, 52s00) ; 5. Japon, 3’34s09 (Rikako IKEE, 52.16, Yui YAMANE, 53s91, Sayuki OUCHI, 54s21, Tomomi AOKI, 53s81; 6. France, 3’35s13 (Anna SANTAMANS, 53s79, Marie WATTEL, 53s52; Mathilde CINI, 54s06, Mélanie HENIQUE, 53s76) — en séries, 3’34s84, SANTAMANS, 53s49 au start, HENIQUE, 53s06; 7. Chine, 3’36s01 (Menghui ZHU, 53s77, Duo SHEN, 54s01, Meichen SUN, 53s82, Yuting TANG, 54.41) — en séries, 3’34s49; Canada disqualifié. En séries, le Canada, 3’29s49 (Sandrine MAINVILLE, 52s72, Alexia ZEVNIK, 52s12, Michelle WILLIAMS, 52s02, Taylor RUCK, 52s63).


Originally published at Galaxie Natation.

Like what you read? Give Eric Lahmy a round of applause.

From a quick cheer to a standing ovation, clap to show how much you enjoyed this story.