BUENOS AIRES — OLYMPIQUES DES JEUNES (2) LE 200 METRES A KRISTOF MILAK, LE 100 DOS A KLIMENT KOLESNIKOV : VENT D’EST SUR BUENOS-AIRES

ÉRIC LAHMY

Mardi 9 octobre 2018

Kliment KOLESNIKOV étant le champion d’Europe en titre du 100 mètres dos, on ne s’étonnera pas de le voir ici remporter le titre junior sur la distance. Il s’est d’ailleurs trouvé à Buenos Aires deux adversaires à sa mesure, un Roumain et un Italien, qui l’ont serré de près.

KOLESNIKOV n’a pas eu à pousser pour l’emporter. Thomas CECCON, 3e, avait fini 5e des championnats d’Europe en août dernier, tandis que Daniel Cristian MARIN est plutôt considéré comme un spécialiste du 200 dos.

Doit-on s’étonner de voir trois Européens sur le podium, cinq nageurs du vieux continent en finale ? Doit-on surtout ne vois que très peu de filles et garçons des USA se presser dans les finales ? Sans doute pas. A la vérité, ces « olympiques » ou plutôt ces pseudo-olympiques sont mal placés pour permettre à des jeunes écoliers ou étudiants de se déplacer pendant deux semaines, et je crois que l’école et l’université US sont assez intransigeantes sur le sujet.

Cela ne conforte pas cette compétition qui a en plus le défaut de faire accroire des choses qui ne le sont pas. Les vainqueurs de ces jours en Argentine ne sont pas des champions olympiques, mais il est également certain que bien des gens vont dire qu’ils le sont. Champion olympique de la jeunesse, c’est un abus de langage qui a été voulu, ô ironie, par le Comité International Olympique et on ne pourra rien faire contre ça. Cela répond à la voie inflationniste ou. « dévaluationniste » du sport actuel. J’ai comme ça quelques copains qui nagent en masters et qui me disent être « champions du monde. » Au moment où ils me le disent, j’avoue qu’un ange passe.

Ce Jeux de la jeunesse, olympiques ou pas, participent à un programme de compétitions qui ne respecte plus les alternances de phases d’entraînement, celles de repos. Tout n’est plus que performances, du 1er janvier au 31 décembre, et face à ce déluge, je ressens une certaine lassitude.

Quoiqu’il en soit, il est des natations qui résistent à l’appel de ces rendez-vous qu’ils doivent juger superflus, ou, au moins, à ne pas leur accorder une excessive attention.

Les USA semblent être de ceux-là. Chose qui dévalue le rendez-vous argentin. Je ne sais ce que vaudra le titre du 100 mètres féminin de Buenos Aires en l’absence de Gretchen WALSH ou de Claire ADAMS ? Le 800 en l’absence d’Erica SULLIVAN ou Mariah DENIGAN ?

Chez les hommes, le 100 mètres sans Drew KIBLER, 18 ans ou des 16 ans comme Destin LASCO et Adam CHANEY ? Le 1500 mètres sans Robert FINKE, 14’55s à 18 ans ?

Parlons plutôt des courses qui se sont déroulées : Kristof MILAK, le vainqueur du 200 mètres, est un beau nageur, mais Jack LEVANT, des North Texas Nadadores, a nagé 1’46s39 et 1’46s46, soit une pleine seconde plus vite, à deux reprises, fin juillet dernier.

Sur 200 papillon filles, les 2’10s37 de Blanca BERECZ n’auraient pas suffi en face de Reagan SMITH, 16 ans, 2’7s42, pas plus que les 1’0s45 de Daria VASKINA au 100 dos en face des 58s83 de Regan SMITH, 16 ans, des 59s12 de Phoebe BACON, 15 ans ou même des 59s77 de Katharine BERKOFF, 17 ans…

Mais bien entendu, il y a un Kliment KOLESNIKOV qui sauve la mise des joutes de Buenos-Aires en lui ajoutant un parfum de sensationnel. Mais suffit-il à la légitimer ?

Revenons à MILAK, qui a montré sur 200 comme sur 400 la veille son art de maîtriser une course et d’emballer celle-ci par une forte accélération. Le Hongrois est certes attendu sur 200 mètres papillon, où il a dangereusement approché avec 1’52s79 le record du monde aux championnats d’Europe de Glasgow. Il devrait être, par le nombre de ses succès, être un des grands nageurs de Buenos-Aires.

Sur 100 mètres brasse, SUN Jiajun, le vainqueur chinois, a montré une classe au-dessus. Dans la première longueur, le Sud-Africain Michael James MOULIE passe en tête, mais beaucoup trop vite pour sa valeur, en 27s43, puis il va payer cher son panache. SUN suit (27s72) puis passe et finit largement devant deux bons finisseurs.

Daria VASKINA, 16 ans, 1,78m, remporte le 100 dos dames, devance l’Australienne Taylo (Pumba) McKEOWN, 17 ans, 1,76m et Rhyan WHITE, USA, 18 ans, 1,65m. C’est donc la plus jeune qui gagne, et la plus apte à « finir ».

MESSIEURS.- 200 libre : 1. Kristof MILAK, Hongrie, 1’47s73 (25s68, 53s47, 1’21s07, soit 25s68, 27s79, 27s60, 26s72) ; 2. Robin HANSSON, Suède, 1’48s14 (25s39, 53s17, 1’20s58, soit 25s39, 27s78, 27s41, 27s56); 3. Denis LOKTEV, Israël, 1’48s53 (25s56, 53s45, 1’21s07, soit 25s66, 27s79, 27s62, 27s46); 4. Jakub KRASKA, Pologne, 1’48s65; 5. Keisuke YOSHIDA, Japon, 1’48s75).

100 dos : Kliment KOLESNIKOV, Russie, 53s26 (25s91 + 27s35) ; 2. Daniel Cristian MARTIN, Roumanie, 53s59 (25s65 + 27s94) ; 3. Thomas CECCON, Italie, 53s65 (26s64 + 27s01) ; 4. Guanbin WANG, Chine, 55s33.

100 brasse : 1. SUN Jiajun, Chine, 1’0s59 ; 2. Denis PETRASHOV, Kirghizie, 1’1s34; 3. Taku TANIGUCHI, Japon, 1’1s40.

200 4 nages : 1. Tomoe HVAS, Norvège, 1’59s58 (25s03, 54s98, 1’30s03, soit, 25s03, 29s95, 35s05, 29s55); 2. Thomas CECCON, Italie, 2’1s29; 3. Finlay KNOX, Canada, 2’1s91.

DAMES.- 100 dos : 1. Daria VASKINA, Russie, 1’0s45 (29s60) ; 2. Kaylee MCKEOWN, Australie, 1’0s58 (29s26); 3. Rhyan WHITE, USA, 1’0s60 (29s36); 4. Polina EGOROVA, Russie, 1’1s25 (29s46); 5. Madison BROAD, Canada, 1’1s37 (29s74).

50 brasse : 1. Agne SELEIKATE, Lituanie, 31s37

200 papillon : 1. Blanca BERECZ, Hongrie, 2’10s37 ; 2. Dune COETZEE, Afrique du Sud, 2’11s71 ; 3. Michaela RYAN, Australie, 2’13s12.

4x100 4 nages : 1. CHINE, 4’5s18 ; 2. AUSTRALIE, 4’5s46 ; 3. RUSSIE, 4’6s07. Meilleurs parcours individuels, en dos, Kaylee MCKEOWN, Australie, 1’1s61, PENG Xuwei, Chine, 1’1s64, et Rhyan WHITE, USA, 1’1s66 ; en brasse, Anastasia MAKAROVA, Russie, 1’8s63, en papillon, LIN Xintong, Chine, 59s42, et Polina EGOROVA, Russie, 59s50, en crawl, YANG Junxuan, Chine, 53s99.


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