BUENOS AIRES — OLYMPIQUES DES JEUNES (3) UN PETIT MINAKOV VIENT A BOUT DU GRAND MILAK SUR 100 METRES PAPILLON

ÉRIC LAHMY

Mercredi 10 Octobre 2018

Je connais beaucoup d’histoires de natation dans lesquelles le nageur s’est embarrassé dans une ligne de bouchons, j’en connais moins qui se soient pris dans celle des drapeaux, suspendus en travers du bassin. Mais ceux de la piscine de Buenos-Aires où se tiennent les « Jeux olympiques de la Jeunesse » doivent être particulièrement bas, et KOLESNIKOV s’est plaint d’en avoir heurté un avec une main lors du retour aérien pendant sa finale du 100 dos. Selon lui, ce serait une des raisons pour lesquelles il a nagé en 53s2 au lieu des 52s5 qu’il espérait réussir dans cette course. Ce que c’est que d’avoir le bras long !

Depuis, ce jeune homme a montré une autre facette de son talent : la nage libre. Il a nagé le 100 mètres de départ du relais russe en 48s04, améliorant son record national junior. Le record absolu a été établi en 2009 par Andrey Grechin avec 47s59.

Ajna KESELY, un petit gabarit venu de Hongrie l’emporte sur 800. Elle s’évade vers les 500 mètres et creuse l’écart sur une Argentine, Delfina PIGNATIELLO. Sur 200 dos, s’impose une Moldave d’un mètres quatre-vingt-deux, Tatiana SALCUTAN, produit local, entraînée, nous fait savoir sa courte biographie, à Tiraspol, dans son petit pays (34.000km²) pris en sandwich entre la Roumanie et l’Ukraine, par Evghenii KARABETKI, et Denis GLUHOVCENCO. Tout cela pour vous dire qu’il existe maintenant vraiment partout des programmes de natation qui produisent de bons éléments.

Cette grande fille de 17 ans et demi a laissé la Canadienne Madison BROAD tirer les marrons du feu en menant les trois quarts de la course, puis a su profiter d’une nette baisse de régime de BROAD dans la troisième longueur pour lui tomber sur le râble et la défaire d’un rien au sprint.

C’est dire si Salcutan ne fait pas de « broaderie », elle !

A remarquer que seule des quatre premières filles qui touchent à l’arrivée en moins d’un seconde, seule la gagnante ne baisse pas la cadence dans la troisième fraction — comme si les trois autres s’étaient ingéniées à économiser des forces pour le sprint… En l’occurrence, c’est la troisième longueur qui s’est avérée décisive (ce n’est pas toujours le cas cependant)…

Il n’empêche: une Moldave devant une Canadienne, une Australienne et une Américaine, ça change un peu le visage de la natation.

Sur 100 papillon, Andrei MINAKOV, un Russe de 16 ans (né le 17 mai 2002), bâti au rebours des colosses qui règnent sur les eaux, avec son 1,75m pour 56kg, a imposé sa légèreté au puissant MILAK, de vingt-sept mois son aîné, à son 1,90m et à ses 83kg, sans oublier sa réputation de recordman d’Europe du 200 papillon. Toutes proportions gardées, l’anecdote rappelle la défaite en finale olympique de Michael GROSS, 2,01m, super favori du 200 mètres papillon des jeux de Los Angeles, des mains d’un certain Jon SIEBEN, 1,75m et perdu jusqu’alors dans les profondeurs des classements…

Cela dit, MILAK n’a pas réellement déçu ici, puisque son temps approche d’un centième celui qui lui avait valu la 4e place des championnats d’Europe ; MINAKOV s’est imposé devant MILAK et un autre « petit » gabarit, l’Italien BURDISSO (1,75m).

Née un 1er avril, on ne s’étonnera pas que Barbara SEEMANOVA, gagnante du 100 mètres dames, soit un poisson. La Pragoise a mené de bout en bout. Il y a deux ans, cette belle jeunesse était devenue la première nageuse tchèque à battre les deux minutes au 200 mètres libre, donc rien d’étonnant dans son succès argentin. On ne l’a vue cependant que dans les compétitions de jeunes. Elle a été ainsi, en 2017, aux championnats d’Europe junior, 1ère du 50 (en 25s06), 2e du 100 (derrière Marrit Steenbergen, 54s62 contre 54s13) et 3e du 200 mètres (1’59s32, derrière Ajna Kesely et Valentine Dumont). Et aux mondiaux juniors d’Indianapolis 4e du 50 mètres (25s08), 5e du 100 mètres (54s78) et 7e du 200 mètres (2’0s01).

MESSIEURS.- 100 papillon : 1. Andrei MINAKOV, Russie, 51s12 (24s22 + 26s90) ; 2. Kristof MILAK, Hongrie, 51s50 (24s21 + 27s29); 3. Federico BURDISSO, Italie, 52s42; 4. Shinnosuke ISHIKAWA, Japon, 52s52

4x100 mètres: 1. RUSSIE, 3’18s11 (Kolesnikov, 48s04, Markov, 49s58, Gerasimenko, 51s56, Minakov, 48s93); 2. BRESIL, 3’20s99 (lance, Calvelo de Souza, 48s87); 3. ITALIE, 3’22s01.

Meilleurs temps: au start, Kliment Kolesnikov, 48s04

DAMES.- 100 libre : 1. Barbora SEEMANOVA, Rép. Tchèque, 54s19 (26s19) ; 2. YANG Junxuan, Chine, 54s43 (26s47) ; 3. Neza KLANCAR, Slovénie, 54s55 (26s61).

800 libre : 1. Ajna KESELY, Hongrie, 8’27s60 ; 2. Delfina PIGNATIELLO, Argentine, 8’32s42; 3? Marlene KAHLER, Autriche, 8’36s57.

200 dos : 1. Tatiana SALCUTAN, Rép. De Moldova, 2’10s13 (31s02, 1’4s63, 1’37s88, soit 31s02, 33s61, 33s25, 32s25) ; 2. Madison BROAD, Canada, 2’10s32 (30s13, 1’3s74, 1’37s74, soit 30s13, 33s61, 34s, 32s58); 3. Kaylee MCKEOWN, Australie, 2’10s67; 4. Rhyan WHITE, USA, 2’10s95.


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