FRED VERGNOUX SLALOME DANS LES PYRÉNÉES COTÉ FRANCE COTÉ ESPAGNE

FRED VERGNOUX SLALOME DANS LES PYRÉNÉES COTÉ FRANCE COTÉ ESPAGNE

Éric LAHMY

ÀÉÈÊ

Mercredi 11 Avril 2018

A la direction technique de la natation française on est un peu interloqué et les responsables tentent de décrypter un article d’un certain Alberto Martinez paru dans la presse espagnole.

De quoi s’agit-il ?

C’est au sujet de Fred Vergnoux, plus connu comme étant l’ « entraîneur de Mireia Belmonte ». Fred, qui avait été pressenti avant les Jeux de Rio pour entraîner le groupe de natation de l’INSEP, avait, avant de répondre, sollicité et obtenu de la Fédération espagnole une prolongation de son contrat, de l’autre côté des Pyrénées. Tout en faisant savoir que le poste parisien ne l’intéressait pas (beaucoup de problèmes, semble-t-il, liés à son statut, au coût de la vie à Paris, et au fait que l’un de ses dadas d’entraîneur est la préparation en altitude), Fred avait ajouté qu’il serait susceptible de s’intéresser au poste de Font-Romeu.La DTN, qui cherche à renforcer les deux centres nationaux d’entraînement que sont l’INSEP et Font-Romeu, a répondu à cet appel du pied, et lui avait proposé le poste dans les Pyrénées.Vergnoux disposait dès lors d’un contrat auprès de la Fédération espagnole, qui court jusqu’en 2020, mais aussi, donc, d’une offre ferme de la Fédération Française de Natation, lui proposant de l’employer jusqu’aux Jeux de Paris 2024 en tant que responsable du centre de formation de Font Romeu, Fred Vergnoux, qui devait répondre par oui ou par non le 15 avril, précise-t-on à la Fédération (Richard Martinez), fin avril si l’on en croit le journal espagnol, s’est tourné vers l’Espagne pour lui soumettre un projet à long terme, une façon de faire jouer la concurrence. Entre « l’offre française, de six ans, et son contrat espagnol d’une durée de deux ans », manifestement son cœur balance.Ce qui agace les Français, c’est qu’alors que Vergnoux devait répondre à leur proposition d’entraîner Font-Romeu, il tente de renforcer sa position actuelle en Espagne et de forcer la voie d’une prolongation de son contrat jusqu’en 2024, six années étant indispensables, prétend-il, à l’élaboration d’une planification en vue des Jeux olympiques.Ce « tapage » médiatique apparait au siège de la FFN pour ce qu’il est, une tentative de Vergnoux d’utiliser la proposition française pour faire monter les enchères au sud des Pyrénées. Cette même stratégie avait apparemment fonctionné, avant Rio, où, après avoir feint de s’intéresser à l’INSEP, une fois ayant obtenu un contrat en Espagne, il avait choisi de demeurer où il se trouvait !En Espagne, Vergnoux a affirmé qu’il voulait continuer en Espagne. “Mon intention est de continuer, et je suis concentré sur le Championnat d’Europe à Glasgow et aux Jeux de Tokyo, mais tout se concentre uniquement sur 2020. Nous n’avons aucune garantie de rien d’autre et nous voulons faire quelque chose à long terme ». Vergnoux semble seulement assez mécontent de devoir renégocier son contrat chaque quatre ans, sort qu’il partage avec tous les entraîneurs de la direction technique espagnole, où la sécurité de l’emploi n’est pas le maître mot. Le contrat avec la France, qu’il agite opportunément, est le leurre qui pourrait précipiter un changement de politique à la Fédération Royale. C’est peut-être bien joué, sauf qu’il ne pourrait rejoindre la France sans rompre son contrat actuel !

L’avenir du technicien est lié à celui de Mireia Belmonte, rappelle Alberto Martinez. Là encore, Vergnoux utilise un argument frappant, Belmonte étant la star absolue de la natation espagnole… Le coach et sa nageuse font équipe depuis 2009. “La limite des deux ans est une chose. Les critères choisis sont exigeants, et la préparation des clubs et centres techniques également. Cependant, je ne sais pas si nous pouvons penser à la suite, l’au-delà de 2020, nous avons deux Centres de haut rendement (CAR), un seul centre en altitude, neuf centres de technicité et huit ou dix clubs qui travaillent bien. Nous devons utiliser ce potentiel avec un projet ambitieux. Etalé sur six ans, » ajoute-t-il. C’est clair.

« Les projets en France, organisateur des Jeux de 2024, ont six ans, écrit Alberto Martinez, tout comme le projet olympique pour les jeunes qu’a conçu le directeur technique espagnol, Albert Tubella. » On conçoit que ce sont les arguments mêmes qu’a utilisé Vergnoux pour tenter de bouger les lignes.

Toujours selon le journaliste espagnol, Vergnoux envisage d’évoquer l’avenir avec le président de la RFEN, Fernando Carpena. Mais il faudrait pour que sa proposition, qui devrait faire l’unanimité par les autres entraîneurs, ait une chance d’aboutir changer le système espagnol qui exige une reconduction quadriennale des contrats.

“Tout projet olympique a besoin de six ans, le lien actuel entre politique et sport doit changer. En Angleterre (où il a entrainé) je n’ai pas vu une fois le président de la Fédération. J’ai une belle relation avec Fernando, mais il existe d’autres modèles ; la partie sportive doit être autonome et ne pas dépendre de la politique. Comme tout dépend des élections de 2020, on ne peut pas songer à 2024, comme il le faudrait. “

Au bout de tout cela, les soucis ibériques de Vergnoux n’enchantent pas à la Fédé française, où l’on doit avoir l’impression de se faire manœuvrer.
 Mais ce n’est pas grave : les Espagnols aussi !


Originally published at .

Like what you read? Give Eric Lahmy a round of applause.

From a quick cheer to a standing ovation, clap to show how much you enjoyed this story.