HANGZHOU: AVEC KELSI, KATINKA TROUVE A QUI PARLER, MAIS A LE DERNIER MOT

UN GRAND CLASSIQUE RENOUVELÉ DE LA NATATION: DAHLIA MÈNE JUSQU’AUX 199 MÈTRES… HOSSZU TOUCHE PREMIÈRE

Éric LAHMY

Mercredi 12 Décembre 2018

200 m papillon : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’1s60 ; 2. Kelsi DAHLIA, USA, 2’1s73 ; 3. Suzuka HASEGAWA, Japon, 2’4s04; 4. Lara GRANGEON, FRANCE, 2’4s91; 5. Ilaria BIANCHI, Italie, 2’5s57 ; 6. Ana MONTEIRO, Portugal, 2’5s74 ; 7. ZHANG Yufei, Chine, 2’5s86 ; 8. Nao KOBAYASHI, Japon, 2’6s24 (en séries, 2’5s28).

HOSSZU : (2) 27.86 (1) 59.33 (2) 1:30.92 2:01.60

DAHLIA : 3) 27.87 (2) 59.43 (1) 1:30.83 2:01.73

Bon, je ne sais pas trop pourquoi, mais dans cette course, mon cœur penchait pour DAHLIA. Peut-être parce qu’HOSSZU a tout gagné ? Ce n’est pas une vraie raison. Non, sans doute parce que DAHLIA (que je ne connais pas mais dont je garde les photos de mariage) a cette faculté de sourire après la course, comme avant la course d’ailleurs, que ce soit gagné ou perdu.

Cette faculté d’étreindre spontanément la gagnante avec une expression étonnante dans laquelle passait tout en même temps la fierté d’avoir tout essayé, l’ombre de tristesse de n’être pas arrivée tout à fait au but et tout en même temps une sympathie sans détour ni arrière pensée vis-à-vis de la gagnante s’appelle je crois le fair-play, plus quelque chose de très touchant. Missy FRANKLIN, avant elle, montrait une telle spontanéité ; outre-Atlantique, ils disent de ces personnes : « it’s a good egg. »

J’ai rencontré pas mal de « good eggs » dans la natation, et aujourd’hui trop souvent éloigné des bassins, j’en subodore d’autres. Dotés de cette candeur et de cette générosité qui viennent du cœur…

Le 200 mètres papillon fut décidément une affaire entre DAHLIA et HOSSZU. Ce qui peut paraître original, parce que je ne crois pas que le papillon soit la première technique d’HOSSZU. Le dos, peut-être.

En revanche, la Magyare est sans doute la meilleure nageuse de 200 mètres du monde, tous styles confondus. Si un jour, l’International Swimming League fait nager une sorte de quadrathlon nautique dans lequel les meilleures nageuses du monde seraient classées à l’issue de quatre 200 mètres — dos, brasse, papillon, crawl — je pense que la Hongroise gagnerait haut la main… C’est pour ça qu’elle écrase ses 200 et 400 quatre nages

Et DAHLIA ? C’est sûr, c’est une « papillonneuse » de première force; et sa conjugaison du crawl et du papillon en fait quasi une égale de ses nageuses de grande race comme KROMOWIDJOJO ou SJÖSTRÖM et il se pourrait (cela reste à démontrer) qu’elle ait devancé Emma MCKEON dans ce double exercice ; mais sur 100 mètres; le 200 parait un peu long pour elle, et quand, il y a deux ans, elle s’appelait encore Kelsi WORRELL, elle ne s’y essayait pas trop. Le jour où elle gagna un championnat sur 200 yards en papillon, on s’aperçut qu’elle s’y débrouillait mieux. Entre-temps, Kelsi, devenue DAHLIA, est passée professionnelle et j’ai l’impression qu’elle construit tranquillement une compétence qui l’a amenée à maîtriser la différence entre un 200 yards et un 200 mètres (au moins en petit bassin).

La Hongroise, qui, comme par le passé, s’était engagée dans quasi tout le programme, menait d’entrée.

Kelsi ne s’en laissant pas compter par HOSSZU la serra au plus près puis tenta sa chance après la mi-course, et on crut que c’était gagné pour elle. Mais HOSSZU n’est pas « de fer » pour rien, qui s’accrocha. Kelsi finit un poil moins bien. La victoire va bien à Katinka et on ne lui en voudra pas, cette énorme bosseuse doublée d’une sorte de diva a mérité chacune de ses médailles dans une carrière hérissée de hauts et de bas.

Ah, j’oubliais. Kelsi battait le record US !


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