KATINKA HOSSZU, MICHAEL ANDREW ET TOM SHIELDS A L’ASSAUT DU MONSTRE FINA

Eric LAHMY

Samedi 8 Décembre 2018

Trois nageurs, Katinka HOSSZU, Michael ANDREW et Tom SHIELDS, ont déposé plainte contre la FINA qu’ils accusent de violer les lois anti-monopole américaines, peut-on lire dans SwimSwam sous la signature de Braden KEITH. Leur plainte, conjointe à celle, équivalente, d’International Swimming League, a été déposée en leurs noms par les cabinets juridiques Farella Braun & Martel (celui utilisé par ISL) et Lieff Cabraser Heimann & Bernstein. L’intéressant de l’affaire, outre le fait de voir des nageurs se décider à l’action contre une fédération internationale despotique, est que Katinka HOSSZU et Michael ANDREW vont nager aux championnats mondiaux FINA en petit bassin d’Hangzhou, en Chine.

On n’ose imaginer leurs tendres retrouvailles au bord du bassin avec les caciques de la FINA, Cornel Marculescu et le président Maglione en têtes de gondoles, voire en têtes à claques.

L’action en justice se réfère à un précédent, le procès intenté voici des années en Europe contre la fédération internationale de patinage, laquelle avait été condamnée pour des actions équivalentes à celles de la FINA. La loi Shermann, rappelle Braden KEITH visait le monopole pétrolier qui aboutit à la rupture de ce monopole entre Standard Oil et AT&T. L’histoire rappelle également qu’elle n’est pas toute puissante et qu’il ne suffit pas de l’invoquer pour gagner. Il n’empêche.

Les plaignants réclament entre autres des dommages-intérêts pour eux-mêmes et pour les « class members » (membres du groupe lésé, dont ils font partie), « qui pourrait inclure des dizaines de nageurs professionnels du monde entier qui ont contracté (avec ISL). « Si le principe de class est accepté, il ne se limiterait pas aux seuls Américains, même si le procès se déroule aux USA ». Selon l’information parvenue aux media, le procès a été intenté quand la FINA a demandé une somme de 50 millions de dollars pour approuver les projets d’ISL.

« Peu de nageurs parviennent à vivre de la natation quand la FINA fait un malheur, a déclaré Michael ANDREW, le champion du monde 2016 du 100 mètres quatre nages qui, en 2013, est devenu le plus jeune nageur professionnel de l’histoire.

Katinka HOSSZU, qui pour sa part, avait montré sa combativité en créant le premier syndicat de nageurs, et monte aujourd’hui une nouvelle fois au créneau, apportera, au moins dans la natation, sa crédibilité de triple championne olympique, de (vingt fois) championne du monde et de (29 fois) championne d’Europe.

« La FINA a ramené le sport au Moyen Âge en bloquant ainsi la demande d’ISL, a déclaré pour sa Thomas (Tom) SHIELDS, un champion du monde en petit bassin, et champion olympique de relais (en séries) Nous n’avons jamais été aussi près de voir ce rêve (d’une ligue professionnelle de natation) devenir réalité. Ce rêve est interdit pas la FINA. » SHIELDS est le premier plaignant, celui dont le nom apparait dans le procès en « class action »… qui pourrait coûter assez cher à la FINA.


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