MEHDY METELLA, 51s36 SUR 100 PAPILLON, EST DEVENU UN HOMME SEUL

Éric LAHMY

Samedi 27 Mai 2017

On s’était dit que Mehdy METELLA, en l’absence de Jeremy STRAVIUS, n’aurait d’autre adversaire que le chrono. Ainsi fut fait, il n’était guère besoin d’être un grand prophète pour l’annoncer.

Dès les séries, METELLA donc, assure sa qualification sur sa distance préférée. Exploit qui ne va pas sans une certaine humiliation, derrière. Il met son suivant, Paul LEMAIRE, 53s74, à 1 seconde 79, la distance chronométrique qui sépare alors LEMAIRE du quinzième des dites séries, Arthur CACHOT.

Ce faisant, METELLA opte pour un comportement intéressant, car il démontre (ou tout du moins nous fait soupçonner) un double calcul : un, se débarrasser dès les séries de l’inquiétude du minimum mondial, 52s08, qu’il a dépassé d’ailleurs de fort peu ; ensuite de tester sa capacité de nager vite deux fois de suite dans la même journée, capacité dont il aura fort besoin à Budapest. Je ne sais s’il a nagé dans cet esprit, mais c’est une bonne chose…

Derrière METELLA, Paul LEMAIRE alias « Le Poulpe », vainqueur de 200 mètres papillon, fait un peu mieux que ses 53s74 des qualifications en finale pour arracher l’argent, en 53s28, derrière un METELLA qui amène son temps à 51s36, un bon chrono de finaliste olympique ou mondial. LEMAIRE devance Nans ROCH. A 25 ans, LEMAIRE n’est pas à proprement un jeune, même s’il est « neuf » au plan international. Benjamin de la finale, Pierre HENRY ARRENOUS, déjà 4e du 200 papillon en 2’1s69, sacré l’an dernier à Montpellier chez les juniors sur 100 mètres papillon (vainqueur de la finale B en 54'53), nage cette fois en 53s89.

A suivre, dans un plus lointain avenir, Serguei COMTE ? A 17 ans, ce jeune élément de Bron nage 54s69, puis 54s84 en finale B contre 55s84 en finale C l’an passé.

AURÉLIE MULLER ÉQUILIBRE SON 800 AU DIXIEME PRES

Le 800 dames avait l’attrait que lui conférait la présence de la championne du monde des 10 kilomètres, Aurélie MULLER. Julie BERTHIER, engagée à 8’41s72, devançait tout le monde sur le papier, mais Aurélie, qui était passée en 8’44s34 dans son 1500 mètres, valait mieux que son temps, 8’44s87, des séries. Finalement, après avoir mené tout du long, sa grande égalité d’allure, 4’18s et 4’18s, lui donnait une victoire confortable.

Camille LACOURT a remporté son affrontement avec Jérémy STRAVIUS sur 50 mètres dos. Dans cette course non-olympique, nous aurons donc deux chances de finales, voire de podium, car tous deux ont surpassé le minimum. Camille LACOURT avait enlevé le titre à Kazan, en 24s23, devant Matt GREVERS, 24s60. Et la médaille de bronze s’était jouée en 24s69 (Ben TREFFERS)…

UNE CHARLOTTE BONNET DES GRANDS JOURS

Le 100 mètres dames clôturait la soirée… Dès les séries, le matin, Charlotte BONNET imprime sa marque sur la course et nous fait savoir qu’il n’y aura pas de match. Avec 54s71, elle passe un rien plus vite que GASTALDELLO au virage, 26s28 contre 26s31, mais lui dévore presque une seconde, soit un mètre cinquante dans le retour.

En finale, BONNET fait beaucoup mieux. Son 53s65 lui aurait donné la 5e place, il y a deux ans, aux mondiaux de Kazan. Mais depuis Kazan, de l’eau a coulé sous les ponts et le même temps ne l’aurait pas emmené en finale des Jeux de Rio.

BONNET a nagé aussi un bon 200 mètres à Schiltigheim, on l’a vu, un truc de finale mondiale. Bien sûr, la disparition des exigences chronométriques en séries et en demi-finales aux championnats de France (des minima à tous les étages), voulues dans le temps par Claude FAUQUET et abandonnées par ses successeurs fait que tout un processus garantissant la compétitivité dans les grands matches des Français(es) a disparu.

BONNET devra nager moins de 1’57s en séries, au plus mal 1’56s en demi-finales, soit au niveau de son record en demi-finales et elle devra refaire le plein de « kérosène » (repos et alimentation) dans l’attente de la finale, à Budapest.

Il s’agit en l’occurrence de créer un phénomène de surcompensation, lequel, en fait, pour les efforts type 200 mètres, soit deux minutes, n’a pas le temps de se mettre en place dans le laps de temps imparti par la compétition mondiale. La récupération, principalement des réserves de glycogène, demande trois jours, nous disent les experts.

LE QUATRE FOIS 100 METRES À 0s22 DE BUDAPEST : UN RELAIS QUI A DE QUOI RÂLER !!

Si sur 200 mètres, son temps final de 1’55s80 lui offre un relatif confort en championnats du monde, il ne faut pas rêver. Elle s’est contentée de 1’58s45 en séries, à Schiltigheim, pour se qualifier confortablement pour la finale, devant Margaux FABRE, 2’0s16. Or ce temps l’aurait placée en 20e position des séries olympiques de Rio, et l’aurait éliminée dès avant les demi-finales. Il n’est pas sûr qu’aux mondiaux, après deux efforts l’un très près de son maximum, le suivant à son maximum, BONNET pourrait reproduire une course sous les 1’56s. Même souci sur 100 : elle se qualifie trop facilement, ici, en finale, pour qu’on puisse tirer des plans sur la comète à Budapest. Cette réflexion vaut d’ailleurs pour tous nos qualifiés : ils partent dans le brouillard…

Les temps des quatre premières de ce 100, à l’addition, est de 3’38s57. C’est à 0s22 de la qualification de ce relais. Ne trouvez-vous pas cela… intéressant ?

JEREMY STRAVIUS PLUS VITE QUE LE CHAMPION DE FRANCE SUR 200 METRES

Drôle de 200 mètres brasse dames français : il dispose d’une densité assez bonne, mais loin du bon niveau mondial. Fanny DEBERGHES semble en forme, sur son résultat du 100 mètres, qu’elle a gagné (elle a aussi frôlé la victoire sur 50 brasse, de six centièmes)… L’année précédente, Camille DAUBA, forte d’un temps de 2’27s91 réalisé à Amiens, passait pour la favorite, mais c’était Laura PAQUIT, qu’on n’attendait guère trop, qui l’avait emporté. PAQUIT, donc, avait causé une surprise en remportant le titre (2’28s65) devant les favorites DAUBA et DEBERGHES.

Etudiante de langues étrangères appliquées, PAQUIT n’a pas la sienne, de langue, dans sa poche, et s’était plaint de sa situation, une fois le titre assuré : elle n’avait pas été sélectionnée (elle n’avait pas fait le temps) aux championnats d’Europe des jeunes, et ne recevait pas les mêmes aides que, par exemple, la judokate Fanny-Estelle POSVITE, autre Poitevine. Mais POSVITE, doublure, en quelque sorte, de Gévrise EMANE dans les 70 kilos, est championne d’Europe et 3e mondiale 2015, et appartient à un niveau de compétition très au-dessus de celui de PAQUIT.

Quoiqu’il en soit, fautes d’aides espérées dans sa région et dans son club, Laura quitta Limoges pour signer à Lyon, mais tout en continuant à nager au pôle de Limoges, situation un peu emberlificotée qui est désormais l’une des caractéristiques de notre natation… Ici, à Schiltigheim, DAUBA s’imposa en séries, mais une fois de plus, n’a pas su gagner la finale. Fanny DEBERGHES la devançait. Le 200 brasse avait été gagné en 2’28s65 l’an passé, en 2’28s78 cette année, autant dire que l’épreuve piétine.

Le relais quatre fois 200 mètres voyait Jérémy STRAVIUS réussir un temps de 1’47s34 au start, qui contraignit les Toulousains à une difficile course-poursuite derrière des Amiénois. Pour Toulouse, Jonathan ATSU, qui avait gagné la course individuelle en 1’48s15, terminait en 1’47s73.

MESSIEURS.- 50 dos (minimum, 24s93) : 1. Camille LACOURT, Marseille, 24s60 ; 2. Jérémy STRAVIUS, Amiens, 24s73 ; 3. Benjamin STASIULIS, Marseille, 25s42

100 papillon (minimum, 52s08) 1. Mehdy METELLA, Marseille, 51s36 ; 2. Paul LEMAIRE, Toulouse, 53s28 ; 3. Nans ROCH, Antibes, 53s52.

Relais 4 fois 200 mètres : 1. Toulouse, 7’18s49 ; 2. Amiens, 7’19s11 ; 3. Toulouse 2, 7’29s52.

DAMES.- 100 libre : 1. Charlotte BONNET, Nice, 53s65 ; 2. Béryl GASTALDELLO, Marseille, 54s55 ; 3. Marie WATTEL, Montpellier Métropole, 55s13 ; 4. Margaux FABRE, Aqualove Montpellier, 55s24 ; 5. Anna SANTAMANS, Marseille, 55s38.

800 libre : 1. Aurélie MULLER, Sarreguemines, 8’36s56 ; 2. Anna EGOROVA, Montpellier Métropole, 8’40s35 ; 3. Fantine LESAFFRE, Montpellier Métropole, 8’42s98.

  • 200 brasse : 1. Fanny DEBERGHES, PTT Montpellier, 2’28s78 ; 2. Camille DAUBA, Sarreguemines, 2’29s46; 3. Laure PAQUIT, Lyon, pôle Limoges, 2’31s53; 4. Solène GALLEGO, DTOEC, 2’32s09.

Originally published at Galaxie Natation.

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