TAMAS GYARFAS, EX-PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION MAGYARE DE NATATION, IMPLIQUÉ DANS LE MEURTRE D’UN RIVAL

Eric LAHMY

Mercredi 18 Avril 2018

Selon l’agence de presse MTI (Magyar Távirati Iroda, littéralement “Bureau télégraphique hongrois), la police hongroise a procédé mardi 17 avril à l’arrestation de Tamas Gyarfas, l’ancien président de la Fédération hongroise de natation, toujours membre du Bureau de la FINA. Il est soupçonné d’avoir organisé en 1998 l’assassinat de l’un de ses rivaux en affaires, le magnat des médias Janos Fenyo. Agé de 69 ans, Tamas Gyarfas a occupé différentes fonctions dans le mouvement sportif, notamment au Comité olympique hongrois et dans les institutions européenne et internationale de la natation. Il avait été poussé en novembre 2016 à la démission de la Fédération hongroise de natation à la suite d’une action lancée par Katinka Hosszu et relayée par des nageurs excédés par le peu de considération.

Gyarfas était depuis des décennies très introduit dans le monde du sport, et principalement de la natation, à une époque où rien ne pouvait se faire sans l’accord du parti communiste. C’était donc un apparatchik ou un homme toléré par le système… Une agence qu’il contrôlait dirigeait la revue de la FINA dans les années 1970 et/ou 1980, et je me souviens d’avoir écrit à sa demande un papier sur le programme de la Fédération Internationale de Natation, probablement en 1991.

Il a laissé à des personnes l’ayant côtoyé dans le business comme un homme d’affaires redoutable, même s’il savait se détendre quand les intérêts ne dominaient plus.

Le meurtre de Janos Fenyo fut un acte de barbarie assez frappant. Le 11 février 1998, l’homme d’affaires revenait du siège social de l’entreprise Vico dans sa Mercedes, et stoppait à un feu de croisement à une intersection. Derrière lui, dans une Mitsubishi Galant de couleur claire, un homme, armé d’une mitraillette à silencieux Agram 2000 (fabriquée en Croatie), arrosa la voiture à répétition, vidant un chargeur de 20 ou 25 balles. On trouva 12 impacts dans la tête, son cou, sa poitrine. Janos Fenyo avait 43 ans. L’agresseur lança alors son arme sous une voiture, se dirigea à pied vers la place voisine, laissa tomber chapeau et manteau contre une porte et se disparut. Après une enquête qui s’est étendue sur près de deux décennies, en 2017, un Slovaque, un certain Jozef Rohac a été condamné à la réclusion à perpétuité pour ce meurtre.


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