Les Chialades de Zaza — Introduction ou ode à l’hyper-sensibilité

Qu’est-ce qu’elle est sensible Elsa …”, voilà une des phrases que j’ai entendue le plus dans ma vie.

Ça a commencé dès mes premières années de raison. Peut-être avant, mais je n’y avais jamais prêté attention jusqu’à mes 7 ans. Je me souviens de la première fois où j’ai compris que cet adjectif était là pour moi. Et qu’il n’était pas forcément 100% positif comme “qu’est-ce qu’elle est intelligente / drôle / gentille”.

C’était au retour d’une colonie de vacances. Sur le quai d’une gare parisienne, mes parents échangeaient avec un des moniteurs de la colo. Le mot est arrivé dans sa bouche entre constat et étonnement.

Je me disais :

“Pourquoi cet adulte-là a besoin de me qualifier de “sensible” ? Parce qu’il ne l’est pas lui peut-être ? En plus, c’est quoi ce ton dans sa voix ?”

J’ai ressenti sur le coup une pointe de reproche. Comme si je n’étais pas “normale”. Mes parents ont simplement réagi en disant “Oui, on sait”.

“Ah bon, vous savez ? Mais, vous savez quoi ?” me suis-je demandée.

Émotive, intuitive, sentimentale, hypersensible voire susceptible forment le top 5 des synonymes que l’on m’a attribué concernant cet ingrédient indéniable de ma personnalité. Petite, je ne comprenais pas réellement leur sens. Je croyais quelque part que nous étions tous comme ça.

A ressentir les choses au plus profond de nous-mêmes. A pouvoir se mettre à la place des autres comme une seconde peau. Ou justement à avoir l’impression qu’il n’y a aucune couche protectrice entre l’extérieur et notre intérieur. Vivre la vie brutalement, pas forcément de manière négative mais plus dans le sens où il n’y a aucun filtre.

En grandissant, mes parents m’ont vite conseillé, pour me protéger, de mettre “des épaisseurs” ou “de me blinder” ou encore d’avoir à disposition dans ma garde-robe “une armure”. Car finalement, plus je soufflais des bougies et plus je comprenais que ce n’était pas si normal d’être sensible ou du moins que c’était loin d’être pratique, pour moi d’abord mais aussi pour les autres.

Les chansons de Nino Ferrer ont bercé mon enfance. A la nouvelle de son décès tragique, ma mère décida de me le cacher pour éviter que j’en sois trop affligée. J’avais 10 ans. Je n’appris sa mort que bien des années plus tard.

“Avec le temps, va, tout s’en va” chantait Léo Ferré et en fait non, pas du tout. Je ne dirai pas non plus que c’est pire. Mon hyper-sensibilité est là, tout simplement. J’ai appris à l’accepter grâce à mon entourage, en l’apprivoisant et surtout en faisant davantage connaissance avec elle et avec moi-même. Il y a toujours des moments où c’est moins pratique. Mais, il y a surtout des temps forts où grâce à elle, je suis 150% moi-même.

Pour résumer, le bilan est positif : j’ai une vie émotionnelle intense, je fais preuve d’une grande créativité artistique et intellectuelle, et je crois que ma sensibilité est également l’un des moteurs de ma quête perpétuelle de sens. Je ressens depuis toujours le besoin de m’accomplir et de faire coïncider mes humbles talents et mes envies. C’est là où vit mon flow.

Maintenant que mes 7 ans sont révolus et que je vois à quel point nous sommes tous différents, j’arrive presque à considérer cette hyper-sensibilité comme un super-pouvoir. Je suis hyper-sensible comme un hyper-humain. Mes antennes émotionnelles me permettent de ressentir tout de façon très pointue. Mes incroyables empathie et capacité d’écoute forment un duo de choc. Elles me permettent d’aider au quotidien à ma propre échelle dans une sorte d’hyper-humanité. Parfois, ça fait mal au passage. Mais très souvent, j’en ressors grandie.

Je suis donc une éponge.

J’ai appris à l’utiliser dans ma vie personnelle mais également professionnelle. C’est ainsi que je capte et analyse aisément une tonne d’information en un temps record. J’ai également une capacité d’organisation et d’anticipation sans limite.

Ce texte est une ode au top 5 des synonymes de mon enfance et à tous ces moments marquants où l’émotion est partie en vrille. Je sais rire de moi-même et de mes réactions émotives. Mais elle sont, mises bout à bout, l’expression pure et simple de ce qui me touche et de ce qui me construit.

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