Le numérique au cœur du programme européen d’Emmanuel Macron !

Par Vincent Chauvet et Charlotte Marelli

Dès le 15 juin 2017, finis les frais supplémentaires pour utilisation de son téléphone dans un pays européen ! L’utilisation des applications mobiles par les européens, que ce soit lors de leurs voyages, ou pour l’ensemble des transfrontaliers qui vivent naturellement entre deux Etats, devrait bénéficier d’un nouvel essor. Si l’impact de cette mesure sur la vie quotidienne des Européens est littéralement palpable dans leur poche, c’est aussi une immense opportunité pour les professionnels — du tourisme, des transports, des services de proximité — qui pourront proposer de nouveaux services à leur clientèle européenne. Créer de nouveaux emplois tout en réduisant la facture du consommateur, est une avancée concrète à mettre au crédit de l’Union européenne. Celle-ci aura su vaincre les réticences des Etats et des opérateurs nationaux, tout en étant largement soutenue par les citoyens européens.

Plus de 500 millions de consommateurs européens ne bénéficient pas encore du même accès aux services numériques. Contrairement aux échanges commerciaux de biens physiques, il n’existe paradoxalement pas de marché unique du numérique en dépit des facilités naturelles offertes par ce secteur. L’Union européenne peut seule agir pour permettre une égalité d’usage de ces technologies.

415 milliards d’euros par an, c’est le montant estimé par la Commission européenne pour le surcroît de croissance qui serait généré par un marché unifié du numérique. Soit près de 1 000 euros par habitant et par an !

Le financement participatif (ou crowdfunding) par exemple se heurte aujourd’hui à des freins réglementaires nationaux alors qu’il est en plein essor. Chaque prestataire (dont les fleurons français Lendix, Lemonway ou Mangopay) doit aujourd’hui demander dans chaque pays européen un agrément particulier, suivant des règles et des délais spécifiques… alors qu’en Chine la moindre startup à un accès immédiat à un marché de 600 millions d’internautes !

Dans la campagne présidentielle en France, seul Emmanuel Macron soutient cette vision d’une Union européenne qui permet de tirer pleinement parti de notre intégration économique. Face aux investisseurs de la Silicon Valley qui attirent nos pépites, il propose par exemple de démultiplier l’effet de levier de l’investissement public, en créant un Fonds européen de financement en capital-risque, doté d’au moins 5 milliards d’euros.

Parce que l’Union européenne n’est pas seulement un projet économique, Emmanuel Macron souhaite également mettre en place les conditions de l’émergence d’un Netflix européen, qui aurait pour objectif de diffuser le meilleur du cinéma et des séries européennes. L’Europe du numérique, c’est aussi un projet au service de la culture européenne ! Aujourd’hui, chaque français a accès aux séries et films américains, mais ignore encore trop souvent — faute d’accès — les sorties de nos voisins en Italie, en Pologne ou en Allemagne.

L’Union européen doit garantir la confiance dans le numérique

La construction européenne s’est fondée sur l’idée que des partages de souveraineté entre Etats entraîneraient des bénéfices économiques et sociaux. Ce pragmatisme d’après-guerre n’a jamais été autant d’actualité que dans le domaine du numérique.

Dans un contexte de surveillance américaine massive et d’ingérence russe dans les médias, quel pays européen a aujourd’hui seul les moyens de lutter ? En proposant de mieux protéger les données personnelles des citoyens, Emmanuel Macron souhaite garantir la sécurité de tous les Européens en ligne. Grâce à la renégociation d’ici 2018 des termes de l’accord entre l’Union Européenne et les Etats-Unis dit « Privacy Shield », et par le renforcement de notre politique commune en matière de sécurité informatique, l’espace numérique européen pourra devenir le premier lieu de liberté et de protection sur le web.

Enfin, le défi d’une régulation des grandes plateformes numériques, telles que Google, Amazon, Facebook, ou encore Baidu et Alibaba, Tencent et Xiaomi, mais aussi la nécessaire garantie du respect de la vie privée de leurs utilisateurs sont au cœur du projet porté par Emmanuel Macron. La création d’une Agence européenne pour la confiance numérique qu’il propose sera ainsi la clé de voute de la confiance en un projet de croissance, de sécurité et d’innovation.

Le numérique doit relever le défi d’un changement d’échelle, celui de l’Europe. Dans la campagne présidentielle seul Emmanuel Macron porte avec réalisme et ambition un programme à même de le relever. Gageons en retour que le numérique, qui promeut des valeurs comme la réactivité, l’agilité, la liberté, la créativité, devienne aussi un modèle pour relancer l’intégration politique européenne.

Les Auteurs

Vincent Chauvet est Maire-adjoint d’Autun (71), président de Startup Safary Paris, cofondateur de l’Initiative Citoyenne Européenne contre le roaming

Charlotte Marelli est co-fondatrice de l’Europe en Marche, spécialisée en affaires publiques européennes