Mélenchon et Le Pen ou la révolution nationale, Macron ou la révolution européenne

Par Catherine Guibourg

Mélenchon et Le Pen ou la révolution nationale

Mélenchon et Le Pen on les dits frères jumeaux. Et c’est vrai qu’ils ont plus d’un point en commun. Leur manque de finesse et d’analyse d’abord. La société manichéenne décrite à la louche, sans précision aucune. L’élite, toujours mauvaise, contre le peuple, toujours bon et courageux. Peu importe que beaucoup de TPE ou d’agriculteurs gagnent une misère, et aient moins de droit que certains salariés. Rien à faire il faut analyser le monde avec des lunettes d’hier. Des mots d’hier. C’est la politique façon XIXème siècle, l’Ouvrier contre le Patron, la Nation contre l’Europe, Paris contre les Régions, les jacobins contre les girondins, le français contre les langues régionales, bref la victoire d’une Grande France Retrouvée contre les autres. Tous les autres. Dégagez les tous ! Les Allemands, qui deviennent avec ce soupçon de haine, et de mépris dans la bouche de Mélenchon, des Bismarck, ou des Prussiens. D’ailleurs Mélenchon, ce fils d’Espagnol, né au Maroc, a beaucoup de mal à concevoir qu’on ne puisse pas être né Français. Souvenez-vous en 2005, ses diatribes contre Joschka Fischer. Trop écolo, trop européen, mais surtout trop allemand ! Le racisme de Mélenchon pointé par les médias dans sa phrase célèbre « Mais enfin, comment peut-on être Lithuanien ? Qu’est-ce qu’on en a à foutre des Lithuaniens ! ».

La République va renaître de ses cendres, et les dégagera tous ! Tous ! Les Allemands, les plombiers polonais, les Merkel, les Juncker, les TPE, les PME, les entreprises, les Associations des Droits de l’Homme qui nous emmerdent. L’ignoble Parlement Européen, songez une organisation qui n’est pas républicaine, a osé, malgré les protestations véhémentes de Mélenchon, remettre un prix à deux journalistes cubains, militants enfermés depuis 20 ans dans les geôles cubaines ! Nous deviendrons amis de Poutine, Assad et de la Chine. La République française triomphera de toute sa pureté. 
À genoux, mais en triomphe !

C’est un peu de la même pureté, et de la même grandeur dont il est question, côté Le Pen. La Nation et le National-socialisme sont de retour ! Après 70 ans ! C’est une mode tendance décomplexée. On se permet même un petit détail sur le Vel d’Hiv. La France n’est pas responsable de la déportation des 16 000 enfants, des femmes, et des hommes, du 15 juillet 1942. Il aura fallu 50 ans à la France, pour devenir pleinement responsable face à Vichy, grâce aux mots de Jacques Chirac. Et déjà Marine Le Pen veut nous faire sortir de notre état d’adulte raisonnable à peine retrouvé ? C’est le retour du refoulé, le retour du plus noir de notre âme humaine, que l’on met aux commandes de nous-même et du pouvoir. Même retour du refoulé chez Mélenchon, avec la République française, et le retour de l’être suprême. Oublions les goulags communistes. Le Parti communiste français fût le seul à ne pas les dénoncer. Après la société n’aura plus qu’à dégringoler d’elle-même. Plus de 200 milliards de dettes chez l’un, on n’ose même pas les compter chez l’autre. Comme pour le Brexit, les plus riches survivront, mais les plus faibles ?

Sortir de l’Union Européenne, et sortir de l’euro. C’est leur crédo national, leur catéchisme républicain, à tous deux. Songer partager une monnaie avec des êtres qui ne sont pas Français ! Entretenir un dialogue avec les autres européens, qui n’ont rien compris puisqu’ils ne sont pas français !

Le Pen et Mélenchon jouent devant nous la même pièce de théâtre. Seuls les costumes diffèrent. L’un porte le costume des sans culottes, et du haut de son escabeau, converse avec le Monde : la République Française, 1% de la population mondiale, par essence supérieure au Monde, transformera le Monde. Il faudra dégager et purger tous ceux qui ne portent pas la révolution cubaine dans leur cœur. L’autre est déguisée en costume militaire, et cache son idéologie nationale-socialiste à l’intérieur. Elle crie hurle, contre les immigrés et les migrants. La pièce de théâtre ne dit pas ce qu’il adviendra de l’histoire, si on remettra un jour les chambres à gaz laissées au fond de nos mémoires, en odeur de sainteté.

Déjà avec le Vel d’Hiv, la France n’a rien à voir dans l’Histoire.

Macron ou la révolution européenne

Chez Macron. On se soucie de l’Histoire. On se soucie de notre responsabilité dans l’Histoire. Être debout devant l’Histoire nous importe. On ne veut pas d’une France au-dessus des autres. Pas d’arrogance, ou de supériorité, chez Macron. Français ne veut pas dire supérieur aux autres. Français veut dire animé d’une capacité d’analyse, et de force de propositions crédibles pour réduire les blocages. Français veut dire animé d’une puissance de dialogue, pour parler aux autres, pour parler avec les autres, qu’ils soient européens, ou syndicalistes. Etre français, c’est avoir une capacité à entraîner les français, et les Européens, derrière soi. On ne revendique aucune pureté d’aucune sorte. On craint même l’excès de pureté. On est conscient de ses ravages dans l’histoire. On revendique la responsabilité. Celle d’affronter le réel. Le manichéisme. On ose s’attaquer à la complexité du monde. Sur les plans économiques, écologiques, ou numériques, ou dans nos relations internationales. Fiers d’être patriotes avec Macron, avec un couple franco-allemand renforcé, une révolution européenne en marche, car l’Union Européenne, sera le garant de notre souveraineté, par le dialogue avec les autres.

On ne craint pas l’autre, chez Macron, dès lors qu’il n’est pas français, et c’est là notre plus grande force.