Fail fanfaronnade
Tout d’abord bonjour. Bonjour à qui, je ne sais pas trop. Tout comme je ne sais pas ce qui me pousse à écrire cet article. Surement l’envie, probablement le besoin aussi. Au moins j’avance, je sais maintenant ce qui me pousse à écrire.
Je me permet de baptiser mon compte Medium avec ce premier article très auto-centrée sur ces dernières année passé en tant que designer produit et entrepreneur. L’objectif est double. Égocentriquement parlant, prendre du recul et faire le bilan pour mieux rebondir et de manière plus altruiste, partager mon expérience dans l’espoir qu’elle puisse servir aux autres.

Plantons le décor
Juin 2013, je sors diplômé de l’Ecal section design industriel. Je viens de passer quatre années à étudier et pratiquer le design de produit, maintenant titulaire d’une licence validant mes compétences et en ayant un peu marre des études théoriques, j’ai envie de concret. Je candidate comme stagiaire en design produit chez Normal Studio, agence de création industrielle basée à Montreuil. Si vous n’êtes pas issu du monde du design produit, il y a peu de chance que vous connaissiez cette agence. Par contre, il y a de fortes chances que vous connaissiez ou utilisez des produits qui ont été conçus par l’équipe de Jean-François Dingjian et Eloi Chafaï. Pour les lyonnais par exemple, toutes les poubelles publiques de la ville ont été dessiné par Normal Studio. Elles sont facile à reconnaitre, leur forme est une base triangulaire qui se dégrade (dans le sens qui évolue) vers un carré. Normal Studio c’est aussi beaucoup de petit électroménager développés pour Seb et surtout c’est l’agence de design produit qui a permis à la marque Tolix de connaitre un retour sur le devant de la scène. Tout ça pour vous dire que j’ai eu la chance d’obtenir un stage à Montreuil dans une agence qui sait merveilleusement bien jongler entre projets industriels lourds, édition en petite série et scénographie. Le kiff.
Mon stage début en septembre 2013 et se termine six mois plus tard avec, pour moi, autant de mois d’expérience dans la peau d’un designer produit. J’avais comme projet principal la scénographie de l’exposition “Bois densifié” aux Musées des Arts décoratifs de Paris. Exposition qui s’est tenue en mars 2014. Parallèlement, j’ai assisté l’équipe de designer sur différents projets. Maquettage de prise et interrupteurs, gestion des prototypes pour une galerie parisienne et aide à la modélisation 3D pour des seaux à champagne. Mon stage se déroule bien et je me sens à ma place. Tant mieux après tant d’années à vouloir devenir designer produit. Je kiffe.
Mars 2014, mon stage se termine par une semaine formidable passée à Marseille au Cirva où nous expérimentons différentes techniques de mise en forme du verre directement avec une équipe de talentueux artisans verriers. Je pars de Montreuil avec une lettre de recommandation, le souhait de mettre mes compétences de designer aux services de l’industrie et l’envie de revenir à Lyon, ville dont je suis originaire et où m’attend ma copine.
Avril 2014, je commence mon nouveau poste de responsable du design industriel (Bam) pour un groupe d’extrusion aluminium de la région lyonnaise. Lors de l’entretien d’embauche, j’avais été séduit par les ambitions que les directeurs généraux du groupe avaient affichées. Sans avoir de missions précises, les objectifs mis en avant étaient très motivant pour un jeune designer. Instaurer une véritable identité de marque au travers des produits grâce au design, innover dans la création des futurs produits en se basant sur les besoins utilisateurs et réussir à réunir les différents services du groupe (technique, commerce, direction et communication) pour avancer dans le sens des projets. Pour synthétiser brièvement, après six premiers mois à concevoir et développer une gamme innovante d’accessoire d’aménagement de magasin (tous ce qui permet d’agencer une magasin de prêt à porter: habillage des murs, portants, crémaillères, console, etc…) ce fut la désillusion. Une fois se projet présenté et très bien accueilli dans un salon spécialisé parisien, je me suis assez vite rendu compte que les ambitions énoncés lors de l’entretien d’embauches n’étaient pas vraiment fondées. Le pipeline à projet était tari et je commençais à me demander ce que je faisais là. S’en est suivi un an à gérer des projets menés par d’autres designers (que j’aurais aimé pouvoir choisir pour pouvoir mener une politique de design cohérente) et surtout à beaucoup éduquer les dirigeants pour expliquer que le design s’est bien davantage qu’une forme “moderne” mais que c’est aussi la prise en compte des besoins utilisateurs, la remise en question des moyens de productions et l’instauration d’une identité de marque via les produits. Novembre 2015, je quitte mon poste.
Monsieur Maker
Mars 2015, mon grand-père décède rapidement, en tant qu’entrepreneur et chef d’entreprise, il a toujours été un modèle pour moi. Sa mort combiné à mon retour d’expérience du salariat et le fait que l’entreprise avec qui j’avais réalisé mon projet de diplôme me recontacte m’ont poussé à me lancer dans le grand bain de l’entreprenariat. Quelques mois auparavant, s’est ouvert à Lyon le fablab Youfactory. C’était pour moi une super nouvelle parce que cela me permettait de retrouver les outils de prototypages que j’avais appris à utiliser et programmer durant mes études. J’étais déjà client chez eux lorsque j’étais responsable du design industriel et dés que j’ai quitté mon poste, on a commencé à travailler ensemble. Le projet était de faire vivre leur boutique Etsy en créant un petit objet, entièrement créé grâce au machines présentes dans l’atelier. En réponse à ce brief, je leur ai proposé Monsieur Maker, une version diy/maker du classique Monsieur Patate. Le but étant, avec ce projet, de proposer à Youfactory un support ludique pour pouvoir présenter chaque technologie de l’atelier. En effet, la particularité du bonhomme est d’avoir chacune de ses parties réalisées avec une machine de fabrication numérique. Le bras en impression 3d, la face est fraisée en volume, les pieds sont découpés au laser et le corps est fraisé en 2d dans du bois massif. Une fois le projet validé et les coûts de production calculés, Youfactory à investit dans la matière nécessaire à la production et moi, j’ai fabriqué cinquante exemplaires du petit jouet.
Tout ça pour vous dire que cette expérience là m’a beaucoup plu et je sentais que Faire était tellement complémentaire à la conception théorique. Le fablab permettait de rendre accessible des outils de production qui ouvrait le champ des possibles. Même si ça a été laborieux, j’ai pris beaucoup de plaisir à produire les cinquante exemplaires de la petite patate et cette expérience m’interrogeait sur la suite. Étant donné que je commençais à voir le coté pervers du monde de l’édition mobilier, surtout le principe de royalty. Je me permets de faire une petite aparté pour vous expliquer le principe d’éditeur dans le design :
Édition mobilier : Marque qui édite du mobilier, petit accessoire et décoration. L’éditeur se charge de la partie commerciale ainsi que de créer une image de marque et de véhiculer ses propres valeurs mais ne possède (généralement) pas d’outil de production. L’éditeur fait le pont entre designers et fabricants. Le designer est (la plupart du temps) rétribué sur le principe du royalty, c’est à dire qu’il touche un pourcentage sur le nombre de vente de l’objet qu’il a conçu.
p.s 1: cette définition m’est personnelle.
p.s 2: Par effet pervers, je veux dire que pour pouvoir vivre de ses objets édités, il faut avoir un important catalogue de produits sur le marché. La plupart du temps, le designer investit bénévolement beaucoup de temps dans le développement du projet et que ses futurs royalties couvrent à peine.
p.s. 3: Juin 2015, on assiste avec Margaux (ma femme) à une série d’atelier organisé par la Fedi et animé par Alain Hugon. L’ambition de ces ateliers était de nous faire découvrir les étapes de la création d’entreprise. Pour moi ce fut vraiment une sorte d’électrochoc, le talent de vulgarisateur de M. Hugon a permis de me rendre compte que la création d’entreprise n’était pas si compliqué. J’ai beaucoup apprécié aussi l’accent mis sur le fait de se lancer. Parfois votre projet devient un succès, parfois vous trouvez d’autres débouchés en cours de route mais forcément vous allez beaucoup apprendre sur vous même. Si votre projet n’aboutit pas, ce n’est pas grave, vous ressortirez de cette expérience grandit.
Tout ça pour vous expliquer le contexte dans lequel le concept de Michu à vue le jour. Mon idée et mon envie était de pouvoir associé prestation de design industriel et auto-production d’objet du quotidien. D’associer finalement deux choses que j’aimais faire. Il me semblait qu’il y avait beaucoup d’intérêts dans cette complémentarité. Premièrement d’avoir un espace d’expérimentation à travers l’autoproduction dont les résultats pouvaient se retrouver dans la partie design industriel. Dans la même veine, si un objet auto-produit se vendait bien, je pourrais très bien le proposer à un éditeur ou industriel pour le fabriquer à plus grande échelle. Ce qui pourrait me permettre de créer des contacts indirectement.

Concept et réalité
Janvier 2016, premier client. Je l’avais déjà évoqué auparavant, c’était l’entreprise pour laquelle j’avais travaillé afin de développé mon projet de diplôme en 2013. En fin procrastinateur (qui se soigne), je termine le rendu du projet à la dernière minute et présente mes propositions à la direction de l’entreprise. Le client est satisfait. Première facture, je me dis que ça démarre bien. Surtout lorsque je rentre en contact juste après avec deux porteurs de projet qui souhaite “disrupter” le monde du protège-tibia. On se rencontre, le courant passe plutôt bien, et je me met à travailler pour eux sur un détail de leur projet : la bordure en élastomère de leur protège tibia. Dés notre première rencontre, dans un souci de transparence, je leur annonce mon taux journalier et on se met d’accord sur le fait de tenir une comptabilité précise du nombre de jour travaillé sur le projet. Pour être plus clair, avant d’entamer un jour de travail, je leur signifie par mail pour ne pas faire exploser la facture finale. Le projet avance, je leur propose plusieurs pistes de créations, ils en choisissent une que je prototype en impression 3d souple. Cela fait quelques semaines que nous avons commencé à travaillé ensemble et donc je profite de la réunion de présentation du prototype pour leur éditer ma première facture. Je pense que vous voyez venir le loup. Ça coince sur la facture. Ça coince parce qu’il avait “compris” qu’en tant que designer produit junior, je profiterais de ce projet pour me lancer et donc, dans une juste logique des choses, je ne serais pas payé pour mes services. Puis l’houleuse discussion dérive à une fine analyse de mon taux journalier. Trop cher, forcément. Après quelques vifs échanges, une fois la température un peu descendu, je m’en vais. Première désillusion de freelance. Ce n’est pas tant la partie facturation qui me blesse mais surtout la partie service. J’ai l’impression que le boulot que j’ai réalisé est sans valeur pour mon client. Qu’il n’a pas servi à grand chose et cela m’ennuie. Finalement, l’issue est heureuse, ils me règlent une partie de la facture et on en reste là. La bonne dynamique du début d’année s’inverse (durablement).
Mars 2016, mon père a un accident de moto. Je ne pense pas que le verbe avoir soit le plus juste ici. On ne possède pas un accident, on le subit. Dans son cas, il reste pendant 48h dans le coma puis se réveille. Il va vivre, on ne sait pas avec quelle séquelles mais il n’est pas mort. Il faut s’organiser, gérer la famille, les visites et la suite.
Dans la foulé, je reçois une demande de rencontre d’un designer lyonnais pour une future exposition à Paris. Forcément je suis flatté, on se rencontre et je lui montre les essais que j’avais fait précédemment. Mon but était de concevoir un tapis à partir de cordes d’escalades pour que leur motif technique créent une vibration, quelque chose de visuellement intéressant. Après un peu de développement ça à donné le projet Gymnase qui à été dévoilé lors de l’exposition “La résidence” à la Maison de la métropole de Lyon en mai 2016. Juillet 2016, j’immatricule la Sarl et emménage dans un atelier qu’on partage avec un ami (doué) artiste-peintre.
Septembre 2016, la pompe à motivation cliquète. Le plein est fait, quatre mois important arrive ou je vais devoir conjuguer démarchage pour trouver des clients industriels et fabrication de ma première série d’objet “made in fablab” avec comme deadline décembre et ses ventes de Noël. Entre temps, je travaille sur la refonte du logo et des visuels d’une amie DJ. Pour ce qui est du démarchage, j’opte pour une stratégie à deux visages. La première se fait par mail et ciblant des entreprises de la région dont l’activité tourne autour de l’objet. Je les source et leur envoi un mail avec une première partie présentant mon activité et mes compétences, et dans la seconde partie, à chaque fois, j’ouvre sur une analyse de leurs produits et donne des pistes pour les améliorer. J’ai du envoyer environ une centaine de mail à autant d’entreprise du coin pour quasiment zéro retour. J’étais aussi assez naïf pour penser qu’un mail, aussi personnalisé soit-il, suffirait à créer du besoin dans des sociétés ou vraisemblablement, il n’y en avait pas. Deuxième corde à mon arc, le projet clé-en-main. Avec un ami lui aussi designer industriel, nous décidons de prendre notre destin en main en ciblant une entreprise ayant l’habitude de travailler des designers, suffisamment en bonne santé économique pour se permettre d’avoir de nouveaux projets et implanté en Rhône-Alpes. Notre choix se tourne vers une célèbre société basée dans l’Ain et produisant des chaises pour l’extérieur en métal (de toutes les couleurs). Nous commençons par analyser leurs produits et leurs positionnements. De quoi ont-il besoin ? Vers quoi se tourne t-il ? On bloque nos vendredi pour travailler sur ce projet et la première journée de brainstorming accouche de trois axes de création. Les animaux de compagnie et le jardin, pourquoi une niche ne pourrait-elle pas devenir un objet de décoration du jardin ? On associe bien la couleur de ces chaises d’extérieures avec la couleur de la façade, pourquoi ne pas faire de même avec la niche du chien ? Le deuxième axe que nous avons aborder était une refonte d’un fauteuil suspendu déjà présent sur leur catalogue mais n’invitant pas suffisamment au confort (selon nous). Le dernier projet proposé était l’idée d’avoir un support à pot de fleur standard (en terracotta ) pouvant s’additionner verticalement afin de créer une sorte de jardin en hauteur. La cible était les petits espaces comme les balcons ou les petites terrasses et cet accessoire permettait de cultiver ses aromates agréablement. Chaque accessoire s’empilant, l’utilisateur pouvait aussi s’amuser à créer son nuancier personnalisé et donc de donner du caractère à son “totem végétal”. Nous développons les trois pistes et, contents du résultat, on adresse un mail au directeur du design de la société comprenant l’image compilant les trois projets et l’invitant à nous recevoir afin que nous lui présentions plus en détails nos trois projets. Le mail est envoyé en octobre, une réponse enthousiaste nous parvient début décembre. Les projets sont jugés comme étant de qualité et seront présentés lors du prochain comité de sélection de projet. Cool. Pas vraiment, c’est ce que prône Blair Enns dans son (incontournable) livre “Gagner sans idée gratuite”. Jamais donner ses idées pour rien. Ce n’est ni efficace ni gratifiant pour soi, et ce même si on est un jeune créatif. Trouver d’autres moyens d’approcher les boites avec lesquelles on aimerait travailler. Cette expérience-ci le prouve encore. Début décembre, le responsable du design nous donne comme délai, maximum début janvier et ce n’est finalement que fin février (après l’avoir relancé) et par téléphone que j’apprends que nos projets n’ont pas séduits. Résultat des comptes : deux designers démotivés. Et, même si notre prospect à mis du temps à répondre à notre proposition, ce n’est pas lui le fautif. C’est nous. Bien que nous ayons tous les deux diplômés d’école renommés de design industriel, aucune d’entre-elle n’enseigne comment aborder une entreprise ou comment amorcer des projets avec des partenaires.
Sinon, décembre se passe bien, je présente mes premiers objets auto-édités au salon de l’artisanat de la CMA du Rhône et au marché de noël de Youfactory. L’accueil est bon, je vends même beaucoup plus que ce que je pensais. C’est motivant pour la suite mais je vois bien que cela va être compliqué de vivre uniquement de ça. En tout cas, pas avec ce positionnement aussi généraliste d’objets de décoration. Autre chose que j’ai apprise avec Blaire Enns, se spécialiser dans une niche. Surtout lorsqu’on travaille et entreprend seul.
Tout ça nous amène au début de l’année 2017. Ma motivation est sur la réserve. Je me rends compte que je ne m’y prends pas bien pour démarcher et trouver de nouveaux clients. Parallèlement, mes recherches me prouvent chaque jour qu’il y a des tonnes de sociétés dans la région qui produise des objets donc qui peuvent potentiellement avoir besoin des services d’un designer. L’idée que le métier de designer industriel est entrain de changer devient de plus en plus présente. Jean-Patrick Peche, lui est bien plus radical et se demande si “le design industriel existe-t-il encore?”. Bonne question à laquelle j’aimerais bien tenter de répondre dans un futur article. Bref. Peut être que ce que j’ai appris durant mes études est déjà caduque en tant que tel. A moi de m’adapter.
Premier trimestre 2017, j’ai quelques projets. Un projet aussi catastrophique qu’instructif, la conception et fabrication de trophée pour un évènement type “hackathon” ayant comme thème la refonte du code du travail. L’évènement est organisé par un organisme publique qui publie sur les réseaux sociaux un appel à projet concernant la création de ces trophées. Je me dis que ça peut être intéressant donc je postule. Quelques jours plus tard, je reçois un appel du chef de projet. L’organisme souhaite faire appel à la “jeune création contemporaine” pour leurs trophées (remis par la ministre de l’époque). Seuls hics, pas de délai (2 semaines en tout) et pas de budget (150€ conception + fabrication). J’aurais du refuser mais comme je n’avais pas beaucoup de projets à ce moment-là et pensant que cela pourrait m’amener de la visibilité, j’y vais. Bêtement. Résultat, un fiasco. Sur les deux semaines de délai, le brief de départ change se qui occasionne un dépassement de budget (de 50€) pour cause de changement de matière. Ce dépassement de budget est refusé par le chef de projet. Finalement je livre les trophées dans une atmosphère tendue. Finalement, ils ne les utilisent pas car pas assez bien finies selon eux. Je me dis que c’est moi l’idiot dans ce cas et jamais je n’aurais du accepter de travailler sur ce projet. Travailler au rabais (et en plus avec un délai super serré) c’est la pire chose à faire. La motivation est plus difficile à obtenir. Tu dénigres tes compétences en les offrant. Ton client n’est pas impliqué dans le projet car ses ressources ne sont pas impliqués à te payer non plus. Et, dernier enseignement, l‘équation “boulot gratuit MAIS communication DONC futurs projets” ne marche jamais.
Mon début d’année 2017 n’est pas uniquement fait de projets foireux. J’ai même un retour de démarchage que j’avais fait quelques mois auparavant. Une start-up basée à Toulouse broie des cornes de vaches, habituellement jetées, pour ensuite compacter la poudre obtenue sous forme de plaque. Ces plaques ont des qualités intéressantes, elles sont antistatiques, possèdent un toucher très agréable et le relief créé par le compactage de la poudre donne un motif esthétiquement intéressant. Pour eux, je teste leur matière via toutes les machines numériques présentent dans le fablab. Gravure laser, découpe laser, fraisage cnc, collage et même découpe jet d’eau.
Février 2017, je tombe aussi sur le site www.kosmoss.fr qui aiguise assez vite ma curiosité.

Kosmoss
Avec Kosmoss, c’est étonnant comme tout s’est fait très naturellement. Février dernier, je tombe sur leur site. Curieux de nature, je suis étonné par leur positionnement. Ok c’est une agence de design global mais ils se définissent comme “business developper”. Ok ils sont basés à St Etienne mais peuvent intervenir dans toute la France (et même en Suisse) grâce à leurs hubs. Ok ils n’emploient personne mais ont sous le coude toute une armée de freelance aux compétences variés. Cher Jean-Patrick Peche, je ne sais toujours pas si le design industriel existe encore ou pas mais, en tout cas, je trouve le positionnement de cette agence drôlement bien dans son époque.
Curieux, je vous l’ai dit, j’ai vite envie d’en savoir plus. Je remplis le formulaire pour devenir “maker” Kosmoss (et pas designer), intéressant. Je reçois un mail dans la foulée me proposant de venir échanger sur Slack, ce que je fais. Suite à ces premiers échanges, la team m’invite à venir prendre part au déjeuner du vendredi ouvert à tout le monde. J’accepte l’invitation, enfourche mon scooter et je me rends au 15, Rue de la Presse. La photo juste au dessus de ces quelques lignes à été prise lors de ma première venue. Elle décrit assez bien l’ambiance que j’ai ressenti la-bas. Tous les makers qui gravitent autour de Kosmoss ont une particularité ou compétences qui leur est propre ce qui ouvre à plein de discussion, débat et projet collaboratif assez riche. J’ai beaucoup aimé ce début d’après-midi passé la-bas et suis reparti avec quelques goodies et un poster dédicacé. Suite à cette rencontre on a gardé le contact dans les moins qui ont suivis jusqu’en avril dernier et le hackathon du Sido (Salon de l’Internet des Objets). J’avais déjà participer en tant que coach ou designer à quelques hackathon ou workshop et c’est pour cela que j’ai été tenté par celui proposé par le Sido sous le thème de “la voiture connectée du futur”. C’est vague mais pas dénué d’intérêt. L’automobile, comme toutes les industries me direz-vous, est en plein bouleversement avec l’avènement de l’électrique. Nouveau type de motorisation = nouveau type d’architecture. Je vais un peu loin mais je me dis que le sujet est chouette donc allons-y. J’y vais seul, trouve une équipe et on commence à travailler ensemble autour du sujet “comment rendre l’expérience utilisateur fun avec une voiture autonome”. Nos deux jours de boulots se finalisent par la présentation de notre projet “4wheels4fun” qui, contre toutes attentes, remporte le hackathon. Grosse joie. Grosse fierté que notre projet est réussi à convaincre le jury alors que beaucoup d’autres étaient de très bonnes qualités. Je retiens surtout que c’était deux jours vraiments forts, où l’on a avancé en équipe autour d’un thème commun. Mes coéquipiers venait de la technique, du commerce et du management et, sans se connaitre au préalable, on a réussi à faire un beau projet. Belle réussite et embryon de questionnement sur l’avenir de mon métier. Je me suis senti utile impliqué dans une équipe pluridisciplinaire. Juste après ça, comme un hasard, je suis pris pour une mission de facilitateur UX pour le compte d’une grosse agence parisienne qui aide les organisations publiques (majoritairement) à changer leur modes de fonctionnement. En gros, elle les aide à appliquer du design thinking dans leur process. Par design thinking, j’entends surtout faire preuve d’empathie et savoir se placer à la place de l’humain qui va utiliser vos services. Ces deux jours sont rythmés par la méthode design sprint (conçu par un employé de Google) et mon boulot est d’aider, facilité, les participants (salariés de l’entreprise) à résoudre le problème posé en jour 1. C’était la première fois que je faisais ça et très franchement, j’ai été complètement ahuri par la qualité et la pertinence de ce qu’a proposé mon équipe en rendu final (devant leur pdg) en jour 2. Je n’étais pas réellement acteur du projet, juste facilitateur, mais je me rappelle avoir éprouvé de la fierté réelle lors de leur présentation. Encore une fois, une équipe, un problème et une méthode pour une solution tangible et pertinente en très peu de temps. Intéressant.
Suite à la victoire de l’équipe 4wheels4fun et mon job de facilitateur, Kosmoss me recontacte pour les aider à faire évoluer leur offre design produit appelé MonsterBoxx. Le but est de créer une méthode qui soit aussi agile que le design sprint et adaptée au besoin du monde de l’industrie. Grâce à l’expérience des projets de design industriel de Sylvain, co-fondateur de Kosmoss et designer non-pratiquant(selon lui), et le flair commercial de Julien, co-fondateur lui aussi et entrepreneur à succès, nous avons réussi à accoucher d’une méthode qui est bien dans son époque et répond aux besoins des entre/intrapreneurs d’aujourd’hui ! Plus qu’une méthode, on a aussi fait évolué sa manière de la promouvoir en lui dédiant une page web complète qui détaille le fonctionnement, promesses, organisation et même coût d’une semaine de co-création. Les premiers retours sont très encourageants et la septembre devrait être le mois du baptême de l’application de notre 1ère Monster Boxx. Et j’oubliais de vous dire que nous avons continué notre rapprochement avec Kosmoss car je suis maintenant lead designer industriel et facilitateur de la MonsterBoxx ! Les six prochains mois de l’année vont être riches en projets et en expérience. J’ai clairement hâte.
Je vous invite à retrouver mon interview réalisé lors du Kosmoss summer camp en juillet dernier :
Voila, je crois avoir fait un état des lieux surement un peu pénible à lire, de mon expérience d’entrepreneur et de designer produit au cours de cette dernière année et demie. J’en tire beaucoup d’enseignements et de rencontre constructives.
N’hésitez pas à réagir et à me dire ce que vous en pensez. Je me rends compte que j’ai ouvert mon compte Médium avec ce gros pavé chronologique (et chronophage) mais d’autres articles plus court et plus léger vont suivre !
Je vous souhaite tout le meilleur.
