Pourquoi Lens est le club préféré des présidents de la République

Aucun autre club de football en France ne peut se targuer d’avoir reçu de quatre présidents de la Ve République un petit voire un gros coup de pouce

Suggestion de présentation à l’attention du prochain président

Printemps 2017 : une élue Bassin minier du Pas-de-Calais, qu’on n’a jamais vue dans aucun stade de foot sauf à Bollaert, prétend aux fonctions suprêmes. Dans son fief proclamé, on guette le scrutin autant que la fin de saison de Ligue 2, où les Sang et Or bataillent pour la montée. Marine Le Pen, première présidente lensoise ? En fait non. Avant elle, d’autres chefs de l’État ont manifesté un petit faible pour le Racing club de Lens.

De Gaulle et Pompidou, l’indifférence

Ce n’est pas le rôle d’un président de s’immiscer dans les affaires de la D1, et ces deux-là l’ont bien compris.

Pour Charles de Gaulle, rien d’étonnant s’il est insensible aux Sang et Or : il est Lillois [1]. La fin de sa présidence est une période noire pour le RC Lens, à l’heure où le bassin minier entre dans une phase de « récession » programmée. Les Houillères, entreprise publique propriétaire du club, le laissent péricliter. Lens descend en D2 en 1968, après dix-neuf saisons dans l’élite, et déposera même le bilan au printemps 1969, juste après la démission du Général.

Dégagement rapide à la main façon Charles Itandje

Georges Pompidou semble avoir été imperméable au ballon rond. Lens, dans sa carrière, fut surtout la capitale de la contestation lors de la grève des mineurs de 1963, qui empoisonna ses débuts comme Premier ministre. À cette profession déclassée, Pompidou ne fera guère de cadeau une fois à l’Élysée. La région s’enfonce dans une crise à laquelle le pouvoir central réagit peu et tardivement. C’est contre toute attente, et grâce aux efforts du maire socialiste André Delelis, que le RC Lens se relève lors du mandat de l’Auvergnat, pour retrouver la D1 dès 1973.

Un kop hostile à Pompidou et à l’UNR

Giscard, émissaire à Varsovie

Parmi les six Coupes de France remises par Valéry Giscard d’Estaing [2], celle de 1975 laisse une image inédite : le président de la République entre le capitaine des vainqueurs et celui des vaincus, tenant tous deux le trophée. Et tout laisse penser que ce fut la volonté du chef de l’État d’honorer autant Jean-Michel Larqué, qui venait de l’emporter 2 à 0 avec Saint-Étienne, que Jacques Marie, défait avec Lens. On voit Larqué brandir la Coupe, serrer la main de son adversaire, puis se retourner vers Giscard qui lui souffle quelques mots pour, semble-t-il, organiser un cliché resté dans la mémoire collective à Lens.

Comment s’associer à peu de frais à deux sagas populaires quand on est un grand bourgeois de Chamalières

Une autre histoire, moins connue mais plus importante, ponctue cette finale. Dans la tribune officielle, André Delelis parle à Giscard d’un transfert que les Lensois n’arrivent pas à conclure, celui de l’attaquant polonais Joachim Marx. Or le président s’apprête à aller en Pologne dans la semaine qui suit. L’édile a bien préparé son coup : il a sur lui une lettre à l’attention des dirigeants polonais pour les convaincre qu’on laisse venir le joueur du Ruch Chorzów. Impressionnés par l’implication du chef de l’État, ils donneront leur accord. Et Marx de réussir le coup du chapeau lors de son premier match en France [3].

Le marxisme a laissé son empreinte en Pologne comme dans le Nord-Pas-de-Calais

Mitterrand, le tournant de la rigueur

François Mitterrand laisse le souvenir d’un président plus sensible que ses prédécesseurs de droite aux problèmes du bassin minier, territoire qui élisait des députés socialistes depuis un siècle. À Lens en 1983, le chef de l’État prévient qu’il ne va pas faire l’impossible, à savoir relancer le charbon, mais il veut réindustrialiser et combler une sous-administration flagrante. Quand il revient en 1994, à Liévin, le bilan paraît mitigé. Si la politique de « reconversion » a offert à Lens une gare TGV, un pôle universitaire et un habitat minier rénové, les problèmes socio-économiques structuraux demeurent, voire ont empiré.

Hommage aux mineurs de Liévin

Côté RC Lens, on retiendra l’importante contribution de l’État à la rénovation, réussie, de Bollaert pour accueillir l’Euro 1984. Pour deux matches seulement. C’est donc surtout le club qui en profite. Mais le football pro devient cher dans les « années fric », trop cher pour une ville qui dit adieu aux mines. Descendu en D2 en 1968 et 2008, Lens aurait pu le faire en 1988 à cause d’une politique salariale trop rigoureuse, se sauve miraculeusement, puis connaît une saison en enfer (27 défaites en 38 journées). Sous les septennats de Mitterrand la tendance est à la privatisation du football de haut niveau. Elle réussira bien à Lens. Un jeune repreneur, Gervais Martel, va se montrer un gestionnaire avisé, qui a compris le foot business de la même manière que Jacques Delors a compris les attaques contre le franc.

Chirac, l’homme du Louvre

Entre le club et l’homme politique, la concordance des temps est parfaite. Le sommet de la vie de Jacques Chirac, ses douze années à l’Élysée, coïncide exactement avec celui du RC Lens. En mai 1995, le mois où il est élu, les Artésiens décrochent une qualification pour la Coupe de l’UEFA qui annonce des lendemains glorieux. 1997, l’année où Chirac perd les législatives, est un point bas, avec une 13e place en championnat. En 1998, Chirac regagne en popularité, et Lens est champion. 2000, année européenne : la France préside l’UE, Lens réalise son plus beau parcours (demi-finale de l’UEFA). En 2002, Chirac est réélu, au prix toutefois d’un second tour contre Jean-Marie Le Pen ; Lens se qualifie pour la Ligue des champions, bien qu’il laisse le titre à l’OL. En 2007, fin de l’âge d’or : Chirac quitte l’Élysée et sa santé va décliner, tandis que Lens échoue dans la course à la C1, un an avant une relégation.

Quand je vois du sang et or, ça met un peu de chaleur au fond de mon cœur

Ce club aux finances saines, qui inscrit enfin quelques lignes à son palmarès, et doté d’un stade prestigieux qui fut une étape sur la voie du titre mondial des Bleus en 1998 (France-Paraguay), n’avait aucun besoin d’aide venue du sommet de la puissance publique. La région de Lens, si. Sinistrée, elle connaît sur cette période son lot de plans sociaux spectaculaires, tels ceux de Levi’s en 1998 ou Metaleurop en 2003. C’est dans ce contexte qu’en 2004, l’exécutif UMP doit choisir entre plusieurs villes du Nord-Pas-de-Calais et de Picardie le site d’une antenne du musée du Louvre. Plutôt que Valenciennes, autre cité ouvrière, ancrée à droite depuis le triomphe de Jean-Louis Borloo aux municipales de 1989, ou Amiens, qui ne se remettait pas d’avoir manqué le TGV, le gouvernement de Jacques Chirac privilégie Lens, à la surprise même de ses habitants [4].

On demandé son accord à Delacroix ?

Le Louvre-Lens jouera à fond la carte football. Son nom s’affiche en grand sur les murs du stade Bollaert. Gervais Martel et les couleurs sang et or sont on ne peut plus en vue à l’inauguration en 2012. En 2014, les photos officielles de l’effectif lensois sont réalisées au milieu des œuvres. Et en 2016, le musée national perd tout sens de la neutralité en montant une exposition à la gloire des Sang et Or, RC Louvre. Retombées pour le club? Très indirectes économiquement, le surplus d’activité économique étant difficile à capter pour le RC Lens en tant qu’entreprise. Mais en matière d’image, de communication, il y gagne beaucoup. Grâce à Chirac, il ne sera enfin plus seul à devoir valoriser une cité qui souffre. Un poids de moins sur des épaules qui, avec les déboires sportifs et financiers, deviendront moins solides.

Sarkozy et la banderole

Que font le président Gervais Martel et l’entraîneur Jean-Pierre Papin le 1er avril 2008? On pourrait les croire affairés à sauver une équipe qui pointe à la 17e place du classement. Non, ils se rendent à l’Élysée, rien que ça. Nicolas Sarkozy veut y évoquer la triste affaire de la « banderole anti-Chtis » déployée lors de la finale de la Coupe de la Ligue.

— Merci M. le président. — C’est moi qui vous remercie M. le président.

Le président Sarkozy est pourtant un fidèle du PSG, le vainqueur de cette rencontre. On peut soupçonner que chez les auteurs de la banderole, son positionnement politique plaît [5]. Le Pas-de-Calais a préféré Ségolène Royal au second tour en 2007. Mais l’homme politique s’identifie à la France qui se lève tôt (pour prendre un car qui l’emmène vers un parcage visiteurs à l’autre bout du pays). Et surtout, l’ancien ministre de l’Intérieur ne laisse jamais passer une occasion d’écouter les victimes et dénoncer les voyous. Il promet de suivre avec « une particulière attention » une enquête ouverte « à sa demande », dit l’Élysée. Ces délinquants, la police consacrera des moyens importants à leur identification. Le tribunal correctionnel de Bobigny les condamnera à des amendes se chiffrant… en centaines d’euros. Le RC Lens, qui s’était porté partie civile, sera débouté.

Sarkozy n’y a pas spécialement gagné en popularité dans la région, si l’on en croit ses piètres résultats en 2012 et aux primaires de 2016. Comme le disait un ancien de Metaleurop, « chaque fois qu’il y a une élection, Sarkozy vient pleurer avec nous. […] Il nous mène en bateau ». Il gardera tout de même un œil sur le club, cherchant à convaincre Gervais Martel d’être sur la liste UMP aux régionales de 2010, et glissant en 2015: « Lens a connu la crise de la sidérurgie, la crise du textile et du charbon. Nous avons décidé de faire le Louvre. Lens, c’est bien sûr les Sang et Or et j’espère qu’ils s’en sortiront » [7].

Hollande, supporter de l’ombre

François Hollande a des racines en Artois. Son grand-père est né à Plouvain, à quinze kilomètres de Lens. Quand Gervais Martel offre à François Hollande un maillot sang et or à l’inauguration du Louvre, on tient l’image qui illustre une évidence: le président, supporter du FC Rouen où il évolua en minimes, et plus étonnamment de l’AS Monaco, apprécie aussi le RC Lens en secret. Quant à déterminer ce qu’il a fait pour lui, c’est plus trouble.

10, comme le nombre d’années qu’il espérait passer à l’Élysée

Ce que l’on sait avec certitude, c’est qu’en mai 2014, le président français emmène le président lensois en Azerbaïdjan, au moment où le club a un besoin pressant de liquidités que ne peut ou ne veut lui apporter son propriétaire, Hafiz Mammadov. Elles arriveront rapidement, versées par on ne sait qui. En mars 2015, Martel salue le rôle joué par le chef de l’État: « Il m’a emmené une fois à Bakou, il m’a aidé à récupérer le solde de l’année dernière de Mammadov, il a été exceptionnel dans ce dossier-là », dit-il au Parisien. Toutefois, quand le quotidien demande si le RC Lens bénéficie « discrètement » d’un appui élyséen en France aussi (sous-entendu: auprès de du CNOSF, l’instance qui a validé une montée controversée en L1), la réponse fuse : « C’est faux ».

Elle dément les déclarations troublantes du député socialiste Nicolas Bays dans But! six mois auparavant: « J’ai personnellement alerté la ministre de la Jeunesse et des Sports, Najat Vallaud-Belkacem et le secrétaire d’Etat aux Sports, Thierry Braillard. […] J’ai aussi contacté le président de la République, François Hollande, et le Premier ministre, Manuel Valls, pour les alerter sur les conséquences que pouvait avoir la non-montée du RCL en Ligue 1. Je leur ai envoyé des SMS. Je sais que les deux sont attachés au RC Lens […] [Hollande] m’a répondu trente secondes après l’envoi de mon message et m’a dit : “Je m’en occupe en ce moment même” ». Aucun de ces responsables politiques n’a démenti.

Proposition de loi : les clubs aux meilleures affluences jouent en Ligue 1

Le président Hollande, s’il s’est effectivement impliqué dans ce dossier tranché par le Comité national olympique et sportif français, n’a pas eu à le regretter. Lens a connu la faillite sur le terrain lors de sa saison de L1 en 2014–2015, mais a tenu économiquement. La logique sportive a prévalu. La cour d’appel administrative de Nancy, saisie par le FC Sochaux, tiendra plus tard un autre raisonnement : d’un point de vue strictement juridique, Lens n’aurait jamais dû monter.

Autre dossier chaud du quinquennat : l’Euro 2016. À un certain moment, peu après la présidentielle, il y avait de sérieuses raisons de douter que Lens accueillerait la compétition, tant il était compliqué de voir grâce à quel financement Bollaert serait rénové. Un montage a été trouvé, et il était baroque [8]. L’État l’a consolidé en apportant 12 millions d’euros sur les 70 nécessaires, moins que dans d’autres stades dans l’absolu, mais plus en proportion (17% à Lens, contre 15% à Bordeaux, 14% à Toulouse, 12% à Saint-Étienne, 10% à Marseille, et moins dans les autres). Quand on aime on ne compte pas.

2017: le RC Lens, objet politique?

Dans une ville et un bassin marqués par une mono-industrie aujourd’hui disparue, le RC Lens a toujours été un enjeu politique déterminant. L’historienne Marion Fontaine y a consacré sa thèse de doctorat [9], montrant les luttes de pouvoir et les tentatives d’appropriation des symboles et des succès, entre l’élite bourgeoise, l’État-patron, les hommes politiques de gauche et l’électorat populaire. Mais l’histoire qu’elle retrace s’arrête au titre de 1998. Depuis, la problématique a évolué.

Pour les élus socialistes de ce vieux bastion de gauche devenu territoire de conquête du Front national, la question fut ces dernières années d’éviter la catastrophe que serait une faillite du RC Lens, vue comme source d’anomie. La croyance populaire veut par exemple que les jours de match, la délinquance baisse, tout le monde étant trop occupé à se préparer pour aller à Bollaert, ou soucieux de ne pas passer la soirée en cellule. La conviction aussi, c’est probablement que quand Lens gagne, la population locale devient moins critique envers ses élus, et la presse consacre son énergie aux affaires sportives.

L’élection présidentielle de 2017 compte parmi ses candidats une élue régionale, Marine Le Pen, dont l’attachement à ce territoire reste ambigu. Beaucoup d’électeurs du Pas-de-Calais ont du mal à se reconnaître dans les racines franciliennes de la présidente du Front national, et les circonstances qui l’ont amenée dans le bassin minier n’ont jamais été claires [10]. Critique vis-à-vis du football pro, elle ne s’est hasardée que tardivement à Bollaert, durant la campagne des régionales de 2015.

Grâce à un but de Wylan Cyprien

Une banderole l’interpellera deux matches plus tard.

Un autre candidat venu des Hauts-de-France, le Picard Emmanuel Macron, s’est signalé par une déclaration diversement appréciée durant sa campagne : « Dans ce bassin minier, les soins se sont moins bien faits, il y a beaucoup de tabagisme et d’alcoolisme, l’espérance de vie s’est réduite, elle est de plusieurs années inférieure à la moyenne nationale ». Ce qui est vrai, mais que certains disent insupportable d’entendre. Ainsi Jean-Luc Mélenchon: « Il n’en rate pas une, il ne peut pas s’en empêcher. Il arrive dans le Pas-de-Calais et il leur dit : ah bah oui, il y a le tabagisme et l’alcoolisme. Il ne manque plus que l’inceste et comme ça le tableau serait complet ! » Ou Steeve Briois, lieutenant de Marine Le Pen: « Emmanuel Macron humilie encore une fois les classes populaires et les habitants de notre région, en relayant des clichés dignes de l’ignoble banderole déployée il y a une dizaine d’années ».

Des terres qui ne voteront pas pour ce candidat-là

Lens ne semble pas avoir besoin de l’Élysée comme il y a peu. Ses finances se sont nettement assainies avec l’arrivée en 2016 de nouveaux investisseurs individuels, qui ont fait fortune dans la finance, et de l’Atlético Madrid. Les liens avec l’Azerbaïdjan, problématiques, ont été coupés [11]. Le stade est rénové, le centre de formation ne cesse de sortir de bons jeunes, le public est fidèle. La L1 est en ligne de mire. L’enjeu politique paraît s’être apaisé. Au moins jusqu’aux prochaines échéances électorales locales, ou jusqu’à la prochaine crise sportive ou financière.


[1] Malgré son intérêt pour le football, auquel il a joué dans sa jeunesse, le général n’a jamais avoué d’attachement particulier ni pour le LOSC ni pour aucun autre club.

[2] En 1977, il délègue la tâche à son Premier ministre Raymond Barre.

[3] L’anecdote est racontée par Marx lui-même à Old School Panini en 2011. Giscard n’a pas besoin d’expliquer à son homologue ce qu’est le RC Lens : le président polonais s’appelle Edward Gierek, mineur de fond dans la région de Lens de 1926 à 1934, date à laquelle la France l’expulse pour participation à une grève.

[4] « Les Lensois surpris et contents d’accueillir le Louvre II », AFP, 29 novembre 2004. Un commerçant déclare: « Ici la seule culture, c’est la culture footballistique ».

[5] Cette idée mériterait cependant d’être affinée en posant la question aux intéressés. Les positions fermes du président de la République sur l’identité nationale ou la lutte contre l’immigration illégale laissent imaginer une certaine popularité au sein de la tribune Boulogne à l’époque. Mais les affrontements des ultras parisiens avec les policiers, ainsi que leur opposition à une gestion sécuritaire de l’ordre public, sont des signes évidents de tension.

[6] Libélille, 22 février 2008.

[7] Cité par Lensois.com. Les fins connaisseurs de l’économie régionale noteront que seul le charbon était une industrie proprement lensoise. Le textile était concentré à Roubaix-Tourcoing, mais M. Sarkozy a raison de le citer dans la mesure où il employait une importante main-d’oeuvre féminine importée quotidiennement du bassin minier. Quant à la sidérurgie, elle était implantée plus à l’est, dans le département du Nord, notamment à Denain, où on trouve nombre de supporters lensois.

[8] Le conseil régional, qui y a mis le plus d’argent, a emprunté à taux préférentiel au Crédit agricole… propriétaire du club à ce moment-là. Le stade étant plus moderne, le loyer versé par le RC Lens a augmenté. Et comme la municipalité, propriétaire du stade, n’a rien payé, elle a accepté de reverser à la Région le produit de cette augmentation.

[9] Les « Gueules Noires » et leur club : sport, sociabilités et politique à « Lens les Mines » (1934–1956), soutenue en 2006 à l’EHESS. Elle est remaniée et amplifiée dans Le Racing Club de Lens et les « Gueules Noires ». Essai d’histoire sociale, éd. les Indes savantes, 2010.

[10] Aux régionales de 1998, la jeune avocate, peu connue, est parachutée dans le département voisin, le Nord, où on la verra très peu. Aux législatives de 2002, elle est envoyée, semble-t-il par son père, à Lens où elle mène une campagne mieux médiatisée, faite d’allers-retours quotidiens avec Montretout, épuisants de son propre aveu. Après les régionales en Île-de-France en 2004, elle choisit Hénin-Beaumont en 2007 ; mais loin d’elle l’idée d’y résider.

[11] L’ironie, si on se souvient de l’ambition de Mammadov de promouvoir l’image de l’Azerbaïdjan, veut que l’homme qui a le mis le plus de billes dans cette reprise du RC Lens est d’origine arménienne: Joseph Oughourlian. Il est resté dans l’ombre et son nom a été révélé par France 3 Nord-Pas-de-Calais.