Les horreurs de la veille.

C’est difficile, parfois, de se réveiller pour se rendre compte qu’on n’a pas rêvé les horreurs de la veille. Je suis là, devant mon pc, à me demander honnêtement si je rêve ou pas. Depuis plusieurs jours, semaines, mois, je lis, j’entends et je vois un tas d’horreurs. Mais plus le temps passe, plus j’ouvre les yeux, et me rend compte que ces horreurs là ont toujours été présentes. Il y a toujours eu des viols, des meurtres, des massacres. L’Histoire a toujours été un ramassis de saloperies fourrées à la saloperie, parce qu’au fond l’homme est rance et abject.

Cependant au milieu de toute cette engeance, de toute cette merde, j’aperçois toujours quelques personnes qui continuent de se battre. De se battre, vraiment. Des gens qui, bien souvent, passent pour des imbéciles ou des marginaux, des gens que moi-même je considérais il y a quelques années comme des gens naïfs. Des gens dont je fais partie maintenant. Et la manière dont on combat la haine qui nous entoure, c’est en essayant le plus possible d’exprimer l’amour qu’on veut voir autour de nous.

J’vous ai déjà fait le coup du message d’amour et de paix, vous invitant à resserrer les liens entre vous tous, à tenter de vous apporter autre chose que de la condescendance; à vous foutre éperdument de ce que pense la société de vous, de vos choix, de ce qui se passe dans vos lits, de qui vous êtes et de qui vous avez envie d’être.

Mais je ne saurais être plus insistant — ça urge, les potes. Aujourd’hui, j’ai appris l’existence de ces camps. Ça pourrait être moi, ça pourrait être ceux que j’aime, ceux que je défends chaque jour — et que vous défendez aussi sûrement. Nous sommes au courant, c’est sous nos yeux, et ça ne doit pas rester impuni. Alors faites circuler l’info et forçons les politiques à faire quelque chose contre ça.

C’est difficile, parfois, de se réveiller pour se rendre compte qu’on n’a pas rêvé les horreurs de la veille. C’est vrai. Mais c’est aussi parce qu’on ne les rêve pas qu’il faut les combattre — pour qu’on puisse évoluer dans un monde qui va dans le bon sens. Et ça commence aussi par le fait de s’accepter les uns les autres, ainsi que le fait qu’on ne peut pas toujours comprendre ce qui nous différencie.

Alors baisez qui vous voulez, mettez des robes ou des pantalons, vivez pleinement votre féminité ou votre masculinité, soyez cis, trans, gouine, pédé, queer, non binaire — ou que sais-je, on s’en tape; soyez qui vous êtes, c’est la seule chose qui compte.

Nous n’avons aucun problème; ce sont eux, le problème.

J’suis désolé, ça part dans tous les sens, mais pour être honnête je suis à la fois très en colère, mais surtout peiné et fatigué d’avoir à répéter ça trente fois par semaine, alors que ça devrait être évident pour tout le monde.

Bref. Soyez forts, restez soudés. ❤

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