#Feed4 : Ubérisation de l’économie

Dans cet article, nous reprenons les informations clés dont notre chatbot a discuté avec vous via Messenger. Voici la structure de l’article :
① Les origines et la définition de l’ubérisation: quelles sont ses forces?
② Ubérisation ou économie collaborative, quels liens?
⓷ Les limites de ce modèle à travers l’exemple de Airbnb.
Pour commencer, d’où vient le terme ‘ubérisation’?
Le terme ubérisation est un néologisme inspiré de la startup Uber, qui est parvenue à totalement redéfinir le secteur des taxis et VTC (pourtant très réglementé) en seulement 6 ans.
Une définition simple pour ce modèle économique?
Le concept ‘ubérisation’ est généralement utilisé pour désigner le phénomène par lequel une startup ou un nouveau modèle économique lié aux nouvelles technologies peut menacer et remettre en cause rapidement un vieux modèle de l’économie ‘traditionnelle’.
Dit plus simplement, l’ubérisation représente pour chacun d’entre nous la possibilité de fournir un service en court-circuitant tous les intermédiaires qu’il y a traditionnellement entre l’offre et la demande.
Des exemples :
- Dans le secteur du logement, tu dois connaîre Airbnb, la fameuse plateforme mondiale de location et de réservation de logement chez les particuliers, en concurrence direct avec l’hôtellerie classique, secteur qu’Airbnb ‘ubérise’!
- Amazon Publishing est une branche du géant Amazon, qui a créé une plateforme d’auto-édition et de commercialisation de livres numériques, qui s’affranchit du circuit traditionnel (éditeurs, diffuseurs, distributeurs, libraires) et “l’ubérise” ainsi 👀
- Les secteurs ubérisés sont désormais très nombreux, y compris en France. Par exemple, une entreprise française ubérise le secteur de la location de véhicule entre particulier : il s’agit de Drivy 🇫🇷 🚙 Cette startup française disrupte le secteur traditionnel de la location de véhicule (Europcar, Hertz, etc) en permettant à des particuliers de louer leur voiture personnelle directement à d’autres particuliers.
Un schéma pour voir l’étendue des secteurs ubérisés :

Ce sont ces trois phénomènes conjoints : essor du numérique, généralisation des smartphones et des plateformes web/applications mobiles qui ont favorisé l’ubérisation de l’économie.
Qu’est-ce qui fait la force de ce type de modèle?
Il y a 2 grandes forces qui rendent l’ubérisation redoutable:
- Tout d’abord, une nouvelle garantie pour un client: celle de trouver à n’importe quel moment un prestataire de service (chauffeur, locataire d’appartement, etc).
- L’avantage financier : les entreprises telles que Uber ou Airbnb se rémunèrent grâce à une commission, ce qui permet de proposer des services de qualité similaire (voire meilleure) que les acteurs traditionnels (chauffeurs de taxi, hôtels, etc) en étant en moyenne 40% moins chers que ces mêmes acteurs…
En temps de crise, cet argument peut peser dans la balance… 💰
Conclusion ➡️ Il faut retenir que la force de l’ubérisation de l’économie est d’abord possible grâce à la généralisation de la technologie couplée à celle de la communauté. Ce système permet d’éviter des intermédiaires qui sont souvent synonymes de coûts supplémentaires.
L’ubérisation, c’est l’économie de réseau qui prend le dessus sur l’économie traditionnelle de marché!

Ubérisation ou économie collaborative? Ne confondez plus!
Le vrai point de rencontre est l’émergence de ces 2 tendances grâce aux nouvelles technologies, mais l’ubérisation et l’économie collaborative n’ont pas du tout les mêmes conséquences sur l’économie! ⚠️
Petit topos sur l’économie collaborative:
Selon Grégoire Leclercq, co-fondateur de l’Observatoire de l’Ubérisation, “l’économie collaborative repose sur des pratiques basées sur un système de confiance et sur des communautés qui transforment la façon dont nous vivons, travaillons et créons de la valeur.”
Concrètement, l’économie collaborative regroupe la consommation de biens et de service (Le Bon Coin, BlablaCar), le financement (KickStarter, HelloMerci), l’éducation (Livementor), la production de contenu (Wikipedia, Youtube), la gouvernance (Holacracy) et bien d’autres encore!
Ce sont les communautés créées par l’économie de partage qui la renforce: le sentiment d’appartenance à un groupe partageant des valeurs, biens, services, expériences ou avis font toute la force de ces entreprises qui rassemblent l’offre et la demande.
Un exemple qui illustre la force des communautés de l’économie de partage: Startup française valorisée à plus de 1 milliard d’euros 🦄 , la communauté créée par BlaBlaCar est une des plus puissantes. Le covoiturage dépasse sa fonction de transport pour regrouper des gens partageant des valeurs communes et un mode de vie sur tous les continents, dans 22 pays actuellement!
Pour revenir sur l’économie collaborative, tout comme l’ubérisation, elle a largement bénéficiée des difficultés financières de la population, stagnation ou baisse du pouvoir d’achat moyen: la recherche des biens ou services les moins chers est donc favorisée par nécessité! De plus, l’effet échange de “pair à pair”, autrement dit directement de particulier à particulier renforce le sentiment de confiance, notamment grâce au scoring qui est un élément central des plateformes collaboratives! 🎯
C’est quoi le scoring ?
Le scoring, c’est la notation des utilisateurs après la prestation de service. 💯
L’impératif de la bonne note incite les chauffeurs, locataires etc à fournir un service de très bonne qualité pour recevoir une note optimale et continuer à avoir des particuliers faisant appel à leur service.

L’ubérisation se situe à l’intersection entre l’économie collaborative, l’innovation numérique et la “gig economy”.
La “Gig economy” signifie “économie à la tache”, une réalité économique dans laquelle de multiples travailleurs indépendants et sous-traitants sont payés à la tâche (et non au mois, aucun salaire fixe) avec un employeur unique.
Un exemple pour illustrer : on pense à Uber, évidemment, avec ses chauffeurs dépendants de la commission prélevée sur chaque course par la plateforme, sans salaire fixe.
Mais ce type d’entreprise s’étend à tous les domaines: par exemple aux USA, Task Rabbit est une startup de la “gig economy” qui permet de demander à quelqu’un de venir faire le ménage chez soi, réparer une fuite d’eau ou presque n’importe quelle autre tache ménagère. 🐰
Conclusion ➡️ L’ubérisation, c’est un objectif de rentabilité à tout prix pour toutes les parties prenantes: le prestataire espère gagner sa vie grâce au service qu’il rend au consommateur, le consommateur veut payer le moins cher possible tout en ayant la meilleure expérience possible (jugée par son scoring), et le paiement passe toujours par une plateforme où l’entreprise prélève sa commission.
Gagnant, gagnant et gagnant 💰

Les limites de ce modèle à travers l’exemple de Airbnb
Un exemple pour comprendre la première limite:
Prenons le groupe Accor Hotel, un géant mondial de l’hôtellerie. 🏨 Ils possèdent 500 000 chambres dans le monde entier! Alors que sur sa plateforme de particulier à particulier, Airbnb référencie pas moins de 1million de chambres 😮
Pourquoi les groupes hôtelliers se révoltent-ils?
- Les impôts ➡️ Accor Hotel est un groupe hôtelier qui possède énormément d’hôtels, et doit payer les impôts ou taxes liés à ses multiples propriétés..
Contrairement à Airbnb qui ne possède pas les logements sur sa plateforme… Le double de chambres pour Airbnb, qui échappe pourtant à tous ces frais 💰 - La loi ➡️ Les groupes hoteliers sont soumis à de nombreuses lois et règles de conformité: les normes d’hygiène y sont régulièrement inspectées, les normes de sécurité également, etc 👮🏾♀️Tout cela a un coût financier, ce n’est pas le cas pour Airbnb!
Les tensions sont de même nature entre les chauffeurs de taxis (qui ont des coûts importants pour acheter leur licence et avoir le droit d’exercer) et Uber, où les chauffeurs n’ont besoin d’aucune licence pour exercer…
Pour reprendre notre exemple, chaque chambre louée sur Airbnb lui coûte en moyenne 40% de moins que ce qu’une chambre louée sur Accor va coûter à ce dernier!
La polémique vient aussi des utilisateurs de Airbnb, qui ne déclarent quasiment jamais leur gains financiers grâce aux locations alors que c’est obligatoire!
En plus, depuis 2015 en France 🇫🇷, la loi Alur oblige le propriétaire d’un logement secondaire à demander une autorisation à la mairie pour pouvoir le louer. Cette loi est valable pour les villes de plus de 200 000 habitants.
Conclusion ➡️ L’ubérisation: concurrence déloyale ou pas? Chacun son avis sur la question! Mais ce qui inquiète, c’est qu’aux USA🇺🇸, plus de 50 millions de personnes travaillent déjà en tant qu’indépendants, dont une grande partie pour des entreprises qui ubérisent des secteurs économiques.
Autrement dit, en plus de ne pas avoir de salaire minimum ni d’assurance maladie, ces indépendants n’auront pas de retraite. 😨

Sources :
