Pour la liberté d’expression sur Internet
Nicolas Colin
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Globalement, je suis d’accord avec cet article, même s’il fait l’impasse sur l’idée critique du filter bubble telle qu’elle est expliquée par exemple ici avec un bon schéma.

Nous vivons une période de transition, et c’est douloureux. Enfin, les malheurs de la presse aux mains de quelques capitalistes, souvent grands bénéficiaires des marchés publics et autres liaisons dangereuses avec la politique, vont tout de même avoir aussi quelques difficultés à me tirer des larmes… Un discours qui oublie au passage Médiapart qui produit un journalisme d’opinion enviable dans une économie non subventionnée !

Pour revenir au fond, au thème du filter bubble, l’ouverture relationnelle d’internet favorise beaucoup le lien affinitaire, c’est vrai et on mesure mal encore aujourd’hui l’impact social relatif de nos réseaux personnels à l’échelle du réseau des réseaux. A mon sens, il y a un sujet de dialectique entre liberté et de proximité. Rappelons-nous ce qu’étaient nos villages autrefois : beaucoup de solidarité, mais une morale rigide, un contrôle social étouffant sans échappatoire, toute la même coiffe, juste deux rubans différents dans le canton d’à côté, une liberté d’expression très restreinte et une réputation personnelle liée aux antécédents familiaux qui marquait à vie… Quitter le village pour la ville anonyme, dans l’histoire de l’exode rural, cela a été à la fois un arrachement et une liberté. Pour se faire une idée plus approfondie sur le sujet, on peut lire le décalage avec les articles sur l’amour de Laurène Castor qui sont une remarquable illustration de cette problématique. 
Peut-être devrions-nous considérer la nécessité de la revitalisation de la coopération locale, circuits courts et contrainte écologique, comme la juste contrepartie d’un accès affinitaire débridé par le virtuel. Sans doute la démocratie doit revenir vers le local, et c’est possible si l’on admet plus de tolérance dans son voisinage. Ce qui confirme ce sentiment de transition désordonnée, c’est que Trump comme notre MLP nationale sont surtout remarquables par l’intolérance sociale qui constitue leur fonds de commerce dit “populiste”, mais qui répondent parfaitement à la définition traditionnelle du terme réactionnaire : une attitude opposée et crispée face à un changement de modèle déjà bien engagé.

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