Le programme économique du Front National est une imposture

Les candidats à l’élection présidentielle débattent ce soir sur BFMTV et CBNews. Avec les économistes Jean-Marc DANIEL (professeur associé à l’ESCP et directeur de la revue Sociétal), Emmanuel COMBE (professeur à Paris I et à l’ESCP) et Jean-Louis MUCCHIELLI (professeur des universités et agrégé es sciences économiques), GenerationLibre a consacré un cycle de trois rapports pour analyser les conséquences de la doctrine économique du FN.

Le « protectionnisme intelligent » : une imposture

Le retour au protectionnisme prôné par le Front National séduit de plus en plus d’électeurs. Mais ce protectionnisme dit « intelligent » repose sur un constat erroné — les pays à bas coût ne sont PAS la première cause de notre déficit commercial — et feint d’ignorer que le protectionnisme aura un coût exorbitant et des effets négatifs :

  • Sur le pouvoir d’achat : « Passer à du Made in France conduirait à un surcoût annuel par ménage compris entre 1270 et 3620 euros, soit 6 à 18% du revenu médian des ménages français » précisent les auteurs du rapport.
  • Sur l’emploi : Les emplois sauvés dans une industrie sont détruits ailleurs. Ex : en 2000, les Etats-Unis ont limité l’importation d’acier pour sauver 3 500 emplois chez les producteurs. Conséquence : entre 12 000 et 40 000 emplois ont été détruits chez les entreprises utilisatrices d’acier à cause de la hausse du prix de l’acier (cf référence à l’étude du Peterson Institute).
  • Sur la balance commerciale : nos partenaires ne resteront pas immobiles. Rappelons-nous la procédure « anti-dumping » lancée par la Chine en 2013 à l’encontre des vins européens après l’instauration d’une taxe de 47% sur les panneaux solaires chinois importés. Le commerce marche dans les deux sens !

Les propositions monétaires : inflation et appauvrissement

Si le FN préfère désormais parler d’un « rétablissement de la monnaie nationale » plutôt que d’une « sortie de l’euro », les conséquences n’en demeurent pas moins les mêmes.
 
 A travers sa politique monétaire, le FN fait clairement le choix de l’économie administrée et du retour mal assumé à l’inflation. « L’histoire nous a suffisamment enseigné les ravages sociaux et politiques qu’une telle idéologie pouvait générer » déplore Jean-Marc DANIEL, auteur de la note.

Cette note analyse, d’un point de vue strictement économique, les effets des choix monétaires du FN sur :

• le degré d’inflation et les pertes de pouvoir d’achat correspondantes ;
 • les règles de financement de l’Etat ;
 • le financement global de l’économie.

Les propositions sur le pouvoir d’achat : la grande illusion

Depuis la parution de cette note, le FN a fait évolué son programme : il n’est désormais plus question de généraliser les prix réglementés, ni d’augmenter autoritairement les salaires. « Le FN aurait-il été convaincu par nos arguments sur l’absurdité de la réglementation du prix du pain ? Force est de constater que le programme présidentiel n’en parle plus » se réjouit Emmanuel COMBE, auteur de la note.
 
 Néanmoins, la logique générale du FN demeure inchangée en prétendant augmenter le pouvoir d’achat de manière administrative plutôt que par la libre concurrence (i.e. Proposition N°59 : prime de pouvoir d’achat pour les bas revenus financée par une taxe sur les importations).
 
 « Ce que le FN donne d’une main, en augmentant les bas revenus, il le reprend de l’autre, en taxant les importations, ce qui fera monter les prix en France et réduira … le pouvoir d’achat des ménages » déplore notre expert.
 
 « Le pouvoir d’achat ne se décrète pas. Il se construit par la croissance et la concurrence. La France a besoin de réformes pro-concurrentielles et non de corporatisme » conclut Emmanuel COMBE.

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