De plans et de stratégies, du numérique à l’économique. Déception et espoir.
Sylvain Carle
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C’est excellent, les mots justes, le recul… Un peu triste, mais certainement prévisible… Comment faire du nouveau avec de vieux outils, de vielles idées et les mêmes personnes, toujours les mêmes? Je suis en désaccord sur un point avec toi Syvain, le Québec est un “pays” fait “aussi” de ressources naturelles et de Nord. Il faut cesser d’opposer et de comparer ce grand secteur de l’économie avec celui du numérique, comme l’a également fait récemment sur Twitter Michelle Blanc, celui que préfigure cette économie du XXIème siècle que l’on commence à peine à cerner pour la comprendre. L’innovation sur laquelle le Québec peut -doit- se recomposer est certainement située quelque part dans un mariage raisonné entre son ancrage dans un territoire singulier et ses “expertises numériques” (excuse l’expression malheureuse, je n’ai rien trouvé d’autre). Le positionnent du Québec dans cette nouvelle économie du XXIème siècle peut se faire là à l’intersection du nord, de la forêt, des réseaux, de l’Internet des Objets, des données massives… Des projets comme Sentinelle Nord lancé par l’Université Laval dans le cadre du programme Apogée qui vise à monitorer en développement des technologies de captages innovantes les interactions entre les populations nordiques et leurs milieux sous contraintes de changement climatique ; de forêt intelligente permettant d’outiller et de renseigner le nouveau régime forestier lequel s’appuie en particulier sur des plans d’aménagement durable à l’échelle des paysages, non plus des peuplements ; de lutte aux changements climatiques par une conception et intégration systémique de bâtiments écoresponsables en matériaux biosourcés ; des scieries du future pour repenser, par des approches plus en synergie, plus en réseaux, des pratiques, et technologies d’avant-garde, la valorisation économique durable de nombreux produits forestiers non ligneux qui jusqu’alors étaient considérés comme des déchets sans valeur ; l’exploitation de la biomasse forestière, les enjeux du carbones, etc. qui ne pourront se résoudre que par l’innovation et le recours à de nouvelles formes d’économie… Il y a dans ce que tu qualifies d’économie du XXème siècle plus d’innovations que la fausse image qui perdure encore donne à voir. Je l’ai découvert récemment et le constate un peu plus chaque jour… J’aimerais que nos deux mondes (ces deux mondes qui font la force du Québec, sa singularité) se rencontrent, se parlent, que ce grand débat que Doninique Anglade devrait appeler demain offre la possibilité au Québec de retricoter plus serrés ses liens, son histoire et son future…

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