En Marche ! (contre-programme)

Je ne sais pas combien de temps j’ai pu passer à marcher dans Paris ces dernières années.

Mais ça se compte largement en centaines et centaines d’heures. Je pense que c’est équivalent, voir plus important que le temps que j’ai pu passer à boire des coups avec les copains. Et pourtant dans le genre on a un petit level de compét…

C’est comme une sorte d’addiction. Une échappatoire. Quand je suis ailleurs qu’à Paris je marche aussi ; mais moins. C’est cette ville qui m’en donne l’envie. Je m’épuise le corps et je me nourris le cerveau.

J’ai une caboche qui ne s’arrête presque jamais alors il faut que je trouve un moyen physique de m’épuiser…

Je tape, un peu…

Je danse, beaucoup….

Je marche, à la folie….

Arrivée à bon port, je m’écroule et je me sens beaucoup mieux. Pas seulement parce que j’ai épuisé mon quota énergie du jour mais aussi et surtout parce que j’ai renouvelé mon quota rêve du jour.

Dans les moments galères, j’ai passé beaucoup de temps (trop de temps) à être dans l’envie et la jalousie de la jeunesse parisienne que j’observais pendant des heures.

Toutes ces personnes me donnaient l’impression de réussir, d’être épanouies.

Mon cœur se pinçait quand je voyais telle ou telle jeune fille qui avait l’allure de ce que je voulais être….

Pourtant je n’ai pas été élevée et je ne me suis jamais construite dans la jalousie vis-à-vis des autres femmes. Bien au contraire.

En temps normal, chaque personne qui me touche est une source d’inspiration et me donne l’envie de me réaliser encore plus.

Mais voilà, quand on est paumé on accorde une attention surdimensionnée aux apparences et aux images.

Et puis un jour, je ne sais plus où, j’ai lu un truc du genre :

Croire que les autres vont tous très bien, sont extrêmement épanouis et /où sont mieux que vous, c’est le signe d’un gros mal-être. Ce n’est pas comme ça que c’était formulé mais le sens y est.

Ça m’a mis une claque.

Alors j’ai changé les pensées de ma dé-marche.

Je marche, je m’imagine et je m’inspire. J’essaye de capter les énergies de ce qui m’attire, des uns et des autres. Je me visualise.

Le pouvoir du rêve et de la rêvasserie c’est un truc de malade. C’est ma drogue. Pas besoin de MD ou autre. Je me shoote à la marche et aux rêves.

Je sais que comme toute addiction, c’est dangereux, on peut très vite ne plus vivre dans le réel et se réveiller un matin en se rendant compte qu’on s’est complètement trompé.

C’est vrai.

Mais ma réalité, tout ce que je mets en œuvre pour me réaliser, ça a longtemps été de l’ordre de la descente.

Alors comme je ne veux plus descendre mais uniquement monter, je continue de me shooter. Cercle vertueux.

Marcher pendant des heures en rêvant ça m’a donné la force de réaliser beaucoup de changements en moi.

Je le sens dans le regard des gens que je croise.

Et comme c’est BON de n’être de temps en temps qu’une image ! Qui attire un regard sympathique, bienveillant ou séducteur.

Peu importe ce que les gens mettent derrière.

On s’en fiche.

Ce qui compte c’est de tirer l’énergie de ces regards, de se vivre ensemble dans cette ville qui est si dure pour beaucoup.

Donc…

Marchons, un peu….

Relevons la tête, beaucoup….

Et inspirons-nous, A LA FOLIE !!!!