Qu’est-ce qui est vrai ?
Mathieu Raj SANDANA
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Bonjour Raj,

article intéressant! Je me permets de faire quelques remarques (qui n’ont rien d’offensif je te rassure).

Concernant l’intensité de la vérité, je considère plutôt que la vérité est quelque chose de binaire.

Prenons l’exemple de l’aliment, il est difficile de déterminer de manière générale quand cet aliment sera dangereux car c’est un propos qui est très relatif

ex: il sera dangereux pour Jean, il le sera moins pour Jeanne

Il n’empêche que la vérité reste binaire vis à vis de Jean et Jeanne: Ce sera dangereux pour Jean, et pas pour Jeanne (Si tant est que l’on est capable de déterminer ce qu’est la dangerosité ou la nocivité de manière acceptable..). L’impression que l’on a d’une variation d’intensité s’explique à mon sens par la pluralité des cas particuliers qui forment une réalité (et non une vérité) générale.

Ex: On ne considérera pas la salade comme un aliment dangereux si ça ne porte atteinte qu’à une dizaine de personnes en France. La globalité (c’est à dire la réalité) tendra à nous faire dire que la salade c’est pas très dangereux (notion d’intensité). Or si l’on considère les cas particuliers de toute la France, la salade soit c’est dangereux, soit ça ne l’est pas, il n’y a aucune demi-mesure, c’est tout l’un ou tout l’autre.

On pourrait toutefois voir les choses autrement et d’une manière intéressante grâce à certains des arguments de ton exposé:

le croisement d’information laisse supposer que la salade est saine pour la plupart des gens, cette cohérence énorme pourrait nous laisser penser que la salade est “en vérité” un aliment sain et bienfaiteur, donc il est possible que la dizaine de personnes atteintes soit anormalement faible, résultat: le petit groupe d’allergiques=faux vis à vis de leur vérité d’être humain (ils devraient être capable de résister) et la salade=vraie (on se permet de l’utiliser comme référence pour le vrai en vertu du taux extrême de bienfaits qu’elle apporte). L’idée c’est que si la salade est très peu nocive, c’est qu’elle est très probablement un aliment sain dans sa vérité (dans le sens le plus binaire possible), et la cohérence nous permet de le déterminer. De plus la cohérence extrême des arguments en faveur de la salade permet de déterminer que les faiblesses à l’égard de celle-ci dénotent une “fausseté”, à savoir que les gens devraient être capable de résister et qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas bien (pas dans le vrai) dans l’organisme de ces personnes.

J’apprécie beaucoup ton idée sur la manière d’appréhender un débat, effectivement si les gens cherchaient la vérité (parce que c’est ce que tu dis au fond) plutôt que chercher à avoir raison, les choses se passeraient autrement. C’est même la clé de la quête de la vérité, tout débat au sens du “je veux te convaincre” est stérile par avance. Je te ferai d’ailleurs remarquer que dans le premier cas on considère que la vérité est plus grande que soi (donc on désire être”dans” le vrai) alors que dans l’autre on prétend détenir la vérité (on désire “avoir” raison).

J’aimerais te faire partager une remarque sur la réalité, je pense que réalité et vérité sont deux choses différentes.

La vérité ne varie jamais, elle est toujours elle même (c’est à dire vraie). La réalité, c’est à mon sens l’actualisation du monde vis à vis de la vérité.

Ex: Touche pas à mon poste est une émission très fausse, c’est une réalité, chaque chroniqueur joue un rôle. Mais ce n’est pas une émission vraie, car chacun des chroniqueur joue un personnage faux vis à vis de sa vraie identité.

La réalité peut s’actualiser et se rapprocher de la vérité si les chroniqueurs vont beaucoup d’efforts pour se rapprocher de leur vérités respectives (leur vraie identité) traduction: si demain les mecs deviennent sincères, ils se rapprocheront de la vérité, la réalité aura donc été modifiée

La réalité n’est donc pas la vérité, ce n’est pas parce qu’une chose est réelle qu’elle est vraie. La réalité change, la vérité ne change pas. Ex: Si tu es un ***nard c’est une réalité, mais ce n’est pas une vérité puisque tu peux devenir sympa. Par contre quand tu te transformes c’est par rapport à un modèle qui ne bouge jamais: la vérité. Chaque moment ou tu obtiens une certitude inébranlable (qui ne bouge pas) sur ton identité est un triomphe de la vérité sur un aspect de ta vie, Ex: Maintenant c’est sur, je sais que j’ai un talent de pédagogue, et j’adore expliquer des choses, je ne me mentirai plus. Plus on se rapproche de la vérité par le biais de ces triomphes épisodiques (qui sont totalement tout l’un ou tout l’autre), plus la réalité s’actualise pour se rapprocher de la vérité. Ex: Dans le réel, je suis à 30% faux et 70% vrai (si c’était si facile à voir lol). Du point de vue de ma vérité complète, c’est à dire le modèle qui me détermine entièrement, je suis encore faux, mais du point de vue des aspects de ma vie pris séparément, notamment avec ma vocation je suis vrai: j’ai un talent de pédagogue, ça ne bougera pas (la qualité ne bouge jamais, elle est immuable, c’est mon point de vue, mais c’est trop long à expliquer, je pourrais le faire plus tard si tu veux)

C’est pour cette raison que j’ai un problème avec certains aspects du raisonnement scientifique, rien ne garantit que la réalité fonctionne telle qu’elle devrait fonctionner en vérité, donc chercher un appui dans les faits, c’est chercher la réalité, non la vérité. Bien que je te l’accorde, les expériences basées sur la nature ne doivent pas être très éloignées de la vérité, car la nature ne semble pas beaucoup mentir…..

Voila ma réflexion! N’hésite pas à rebondir si quelque chose te parle (et si tu as le temps, parce que je t’ai pondu un pavé mdr). J’ai bien apprécié ton article, il m’a permis de faire naître d’autres réflexions dans mon esprit. Salut mec!

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