A la découverte de KMR.

J’ai choisi de vous parler d’une créatrice, elle est jeune, elle est belle, elle sent bon le sable du nord c’est KMR, elle est surtout pleine de talent et c’est d’ailleurs parce qu’elle a beaucoup de choses à partager que vous pouvez la retrouver dans la sélection nouvelle vague de Good Morning Design.


Qui es-tu ?

  • Alors c’est moi, Camille Meire j’ai 25 ans, je viens de Dunkerque, dans le Nord. Après un Bac L normal, j’ai commencé une licence d’histoire à la fac mais il fallait que je fasse quelque chose avec mes mains et mes idées, alors je suis entrée à l’école Boulle, où j’ai passé un diplôme des métiers d’art en marqueterie, ce qui m’a donné les bases pour réaliser mes projets.

Comment as-tu créé KMR?

  • J’ai créé KMR peu de temps après ma sortie de l’école. D’abord je suis allée travailler en Angleterre pendant 3 mois dans une entreprise de marqueterie au laser, mais comme je voulais voir autre chose et que je voulais réaliser mes projets, je suis revenue en France en me disant que si je ne faisais pas maintenant ce que je voulais, je ne le ferai jamais. C’est comme ça que j’ai lancé KMR en 2014, c’est comme une fabrique de recherche en design d’objets avec une inspiration métiers d’art. C’est en fait un studio de création où j’imagine et prototype des objets.

Où as-tu trouvé les financements? les machines, l’atelier ?

  • Avec l’argent que j’avais économisé en Angleterre, j’ai pu me louer un atelier dans une pépinière d’entreprises spécialisées dans les métiers d’art dans le Pas-De-Calais. Et comme j’avais déjà ma scie à chantournée (la seule machine que j’ai et que j’utilise pour tout faire)… il y avait plus qu’à!
Camille qui fait semblant de travailler pour la photo

Qu’est ce qui t’a fait sauter le pas, qu’est ce qui t’a poussé à passer d’amateur de design à designer?

  • A la base, j’aime les objets, j’aime voir comment ils ont été pensés, pour qui, pour quoi… C’est fascinant de regarder la façon dont ils sont construits, imaginés et fabriqués. Ensuite, comme c’est venu plutôt naturellement pour moi et que j’ai une formation en métiers d’art, à mon tour, j’ai commencé à fabriquer les objets que j’imaginais.

Je suppose que le fait de pouvoir les fabriquer toi même, ça doit aider ?

  • C’est sur que d’avoir une formation dans les métiers du bois et de savoir se débrouiller soi même pour faire les prototypes et fabriquer, ça aide. Puisque du coup, je n’ai pas de limites dans la fabrication, à part les lacunes que je peux avoir, mais ça, on apprend encore tous les jours et on trouve toujours des astuces de fabrication en faisant.
La suspension Kasper.

Ta création chouchoute ?

  • Ce doit être la suspension Kasper. Une lampe jouant sur la finesse et la solidité du bois, avec la transparence de celui-ci.

Et quelle est ta première création ?

  • Ma vraie première création c’est une petite boite à musique en bois, mais je ne savais même pas encore fabriquer une boîte, alors elle est un peu spéciale!

Qu’est-ce qui t’inspire?

  • Je ne crois pas qu’il y ait vraiment un truc en particulier qui m’inspire. En fait, je vois plein de choses, rencontre du monde, entends des trucs et tout ça, ça doit faire un mélange qui donne ce que je fais.

Quel est ton processus créatif ?

  • Mon processus créatif, c’est je pense comme tout le monde, il y a un projet qui arrive plus ou moins de nul part dans ma tête, une idée qui vient, ensuite, c’est à développer, puis dessiner, puis chercher, etc… Et après prototypage et encore recherche etc., et à la fin ça donne un objet plus ou moins fini ! Tout le monde aimerait être une mouche pour voir comment on travaille… même si c’est long…
Exemple de croquis de recherches de formes
Atelier de Camille (trop top canon)

A quoi ressemble une journée de recherche et de fabrique?

Une journée recherche, ça commence côté bureau par une idée que je développe avec des croquis de formes, d’idées, d’intentions, puis des dessins de recherches techniques pour la fabrication. Ensuite, une fois que j’arrive au bout de ça, je continue côté atelier, je lance la recherche de matières : quel bois, à quel endroit et pourquoi. Puis je teste avec des échantillons, des maquettes, et finalement je fais un premier prototype. Après je le mets à l’épreuve en le testant et le montrant à mon entourage. Lorsque l’idée est validée je recommence le même processus pour l’améliorer avec de nouvelles idées, et en re mélangeant le tout, ainsi de suite, jusqu’à ce que je me dise que c’est bon (ce pourrait être un cercle sans fin) !
 J’ai pas vraiment de journée type à l’atelier. Ça varie tout le temps, suivant ce qu’il y a à faire, si c’est des journée de recherches et de dessins, ou des journées de découpes et de prototypes, ça dépend toujours des projets. Mais en général les journées fabrication sont plus productives, une fois le modèle mis en place, il n’y a plus qu’a le suivre et produire.

Comment ton travail a-t-il changé au fil du temps?

  • Au départ, comme j’ai un diplôme en marqueterie, j’utilisais encore beaucoup cette technique, maintenant, ça devient plus rare. Je l’utilise encore pour des pièces uniques ou petites séries, mais j’ai beaucoup épuré mes dessins et mes objets, ils sont devenus plus simples et lisibles qu’au départ. J’essaye d’éviter trop de superflu, Je cherche maintenant beaucoup plus à tout justifier.

Que préfères-tu dans ton métier?

  • Ce que je préfère dans mon métier, c’est forcément la liberté, mais aussi, d’avoir des objets qui m’arrivent dans la tête et quelque temps après je peux les avoir entre les mains.
Photo de famille de la série des lampes Kasperwood.

Comment as-tu connu GMD?

  • J’ai connu Good Morning Design à sa création, en faisant des recherches sur internet, alors comme j’étais curieuse et que je voulais en savoir plus je les ai contactés.
    Ce qui m’a plu, c’est le côté dynamique et motivé. C’est toujours bien de voir de nouveaux projets et de nouvelles initiatives pour faire bouger les choses et promouvoir le design, mais aussi les designers émergents !
    C’est aussi bien de savoir s’entraider.

Qu’est ce qui te faciliterait ta vie professionnelle ? Comment GMD pourrait t’aider ?

  • Good Morning design en fait déjà beaucoup, c’est déjà top…
Petit stand/présentoir que Camille a fabriqué pour Now ! le off

Depuis KMR, quel a été ton plus gros défi ?

  • Peut-être la participation au Now! le Off, la première fois où je suis vraiment sortie présenter mes objets, et il fallait tout créer et tout penser : le stand, la communication, comment j’allais tout présenter, etc… Et puis on sait jamais comment ça va se passer, ni si le public va être réceptif, etc.

Quel est ton designer emblématique ou Quel jeune créateur qui mériterait qu’on parle plus de lui ?

  • Le jeune créateur qui mériterait qu’on parle plus de lui, c’est Clément Diaz, pas seulement parce que c’est un copain, mais surtout parce que c’est un designer qui arrive à créer et mettre en place des objets et du mobilier très juste.
    C’est très difficile d’avoir une ligne et s’y tenir, et d’arriver à chaque fois à sortir un objet simple mais tellement intelligent.
Clément Diaz et la série de déclinaisons de la chaise Gaby.

L’objet qui représente le plus la notion de design ?

  • C’est le « Belvédère » de Pierre Emmanuel Vandeputte que j’ai rencontré au Now ! le off de Paris en septembre dernier
    C’est une chaise haute, en chêne, qui peut être posée astucieusement contre un mur comme une échelle et sur lequel on grimpe pour prendre de la hauteur, de la distance sur les choses.
    C’est l’objet le plus design pour moi parce qu’il arrive à conjuguer le fonctionnel, l’esthétique, le sensoriel et les sentiments, en fait, c’est de la poésie.
le « Belvédère » de Pierre Emmanuel Vandeputte

As-tu une devise ?

  • Si on ne fait rien, il ne se passera rien et puis on n’a rien à perdre

Où est ce qu’on a le plus de chance de te croiser toi et tes créations?

  • En ce moment, je suis à l’atelier, occupée à travailler sur de nouveaux objets, donc… On verra !

C’est quoi ton rêve professionnel ?

  • Hé ! elle est vachement dure là ta dernière question, je ne saurai pas répondre à ça!

Imaginons que tu as tous les contacts du monde de la créa et un budget illimité?

  • Bha en fait, j’essaye même pas d’y penser, parce que le retour à la réalité serait trop dur, j’avance petit à petit, et c’est déjà très bien. Je ne pensais déjà pas en arrivée là aujourd’hui ,alors chaque chose en son temps!
les lampes KasperWood, les réveils Klok et Camille.
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