Vouvoyer l’être aimé est sexy

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Note liminaire :

Ce texte est le fruit d’une soudaine et violente inspiration. Il n’est que pure fiction. Il se veut exalter la réalité. Probablement la surfaire. Je l’ai lu à haute voix, et mon chat qui était juste à côté, dans mon canapé, m’a regardée droit dans les yeux en miaulant, bredouillant que :«C’était fleur-bleu et romantique.»
La vérité sort-elle de la gueule des animaux? Rires.
Faites votre propre opinion.
Bonne lecture.

Se vouvoyer entre conjoint.e.s peut paraître étrange pour beaucoup et hilarant pour certain.e.s, pourtant il y réside une grande beauté. 
Plantons un décor. 
Birama et Hawa fêtent leur dix ans de mariage. Et pour ce faire, ils ont décidé de s’offrir une soirée en tête-à-tête dans un des restaurants les plus luxueux de Bamako.
Birama scrute son épouse vêtue d’une majestueuse robe rouge aux fabriques de bazin et de satin, robe qui sculpte le corps svelte de Hawa, qui semble avoir été complètement insensible au poids des années et des grossesses. Birama a toujours aimé les femmes au corps svelte. Il diffère de ses nombreux confrères qui ont une lubie des «bobarabas. » Entendez «femmes aux gros fessiers et hanches larges ».Celles bénies d’un hémisphère sud généreux.
 Birama préfère les femmes disquettes. Les «djalamani » Celles que vous tenez par les bras lorsque le vent souffle trop fort de peur qu’elle ne s’envolent.

Birama aime les yeux de sa femme, ses cheveux noirs de jais et légèrement ondulés, qui viennent caresser la courbe délicate de sa nuque , il aime sa manière de croiser les jambes très haut, en forte pente diagonale, il aime son rire clair en dissidence de sa voix rocailleuse. 
Hawa porte son verre de bissap lentement aux lèvres, tout en scrutant son époux du regard. Elle aspire une gorgée de bulles et le repose sur la table avec une nonchalance et élégance qui captivent Birama.

Le visage de Birama Diallo à ce moment précis, aurait provoqué des sanglots de bonheur à un sculpteur ou à un peintre tant il était pétri d’émotion.

Comment arrive t-elle encore à exercer cette suffocante attraction sur lui, après dix ans de mariage ?Songea Birama en redressant le col de sa chemise grise curieusement assortie à la nappe de la table. 
Sous l’éclair des bougies posées sur leur table, Ils se comportaient comme deux jeunes amoureux baignant encore dans le volcan de leur idylle.

Dans un silence roi, Birama vînt prononcer:
- Je vous aime. Mon amour pour vous, s’est mûri et bonifié avec le temps. Je vous aime, ma Hawa.

Dans un mouvement sensuel, elle vint ranger sa mèche de cheveux derrière son oreille gauche et répondit tout en souriant:
- Et moi donc… Je vous aime aussi. Je vous aime très fort Monsieur, mon époux. Joyeuse fête à nous.
Dans la prononciation des dernières syllabes, elle alla déposer un baiser sur la tempe de son époux.

Birama, rendit le baiser inopiné de Hawa, par un lent et paresseux baise-main.

Il y a une vraie sensualité dans le « vous », une sorte de respect, une certaine préciosité qui se prolonge alors même que la complicité avec l’autre est profonde.
 Il donne à certaines déclarations, une mystérieuse profondeur.

Bref, le vouvoiement entre amoureux est sexy et anormalement beau surtout quand il s’accompagne de littérarité, et de poésie.

Halimatou Soucko

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